Auteur/autrice : Redazione

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Crucifix de Saint-Damien

Crucifix de Saint-Damien

Le crucifix de Saint-Damien est celui devant lequel saint François avait l’intention de prier lorsque, en 1205, il reçut du Seigneur l’appel à travailler à la rénovation de son église. Le Saint d’Assise a d’abord cru que le Très-Haut se référait à l’église Saint-Damien, où il se trouvait à ce moment, et qui avait besoin de travaux de restauration, mais il s’est rendu compte plus tard que Sa demande incluait toute l’Église, en proie à la décadence, à la corruption et aux luttes internes. « Allez réparer ma maison qui, comme vous le voyez, est en ruines » étaient les mots que le crucifix adressait au jeune saint.

Aujourd’hui, le crucifix de Saint-Damien est une image mondialement connue, le but d’un pèlerinage constant de milliers de fidèles qui se rendent à Assise chaque année. Situé à l’origine dans l’église Saint-Damien, il est aujourd’hui exposé au monastère Sainte-Claire, où il a été transféré en 1275.

Qu’est-ce qui rend cette image sacrée si spéciale ? Certes, une grande partie de sa célébrité vient de saint François d’Assise et de son expérience mystique liée au crucifix de Saint-Damien, mais cette représentation particulière du Christ triomphant sur la croix a existé bien avant que le pauvre d’Assise ne pose ses yeux sur lui. En fait, ce type de croix, qui rappelle fortement les icônes byzantines, est né avec l’Église orientale et a atteint l’Italie et l’Ombrie à travers un long et aventureux voyage.

Mais allons-y étape par étape.

Qui était Saint-Damien ?

Damianus, ou Damien, était un jeune médecin d’origine arabe, né dans la ville d’Aigai en Cilicie (aujourd’hui, connue comme Ayas des Arméniens, Turquie), qui a vécu au IIIe siècle après J.-C. dans la région qui était alors connue sous le nom de Syrie romaine. Il appartenait à une famille composée de cinq frères : Côme (selon les érudits modernes, le jumeau de Damien), Antime, Léonce et Euprépius. L’identité du père est inconnue, même s’il semble que c’était un chrétien qui a souffert le martyre quand il était encore très jeune. La mère, Toedora, ou Théodote, plus tard sanctifiée à son tour, éleva seule ses cinq fils. Puisqu’elle appartenait à une famille riche, elle a pu leur garantir une bonne éducation, à tel point que tous les cinq ont commencé une carrière médicale, mais surtout, étant une femme profondément religieuse et pieuse, elle les a éduqués dans l’amour de Dieu. Damien et ses frères ont étudié en Syrie et probablement à Alexandrie, dans les écoles de Théophraste et de Galène. Leur condition de chrétiens a irrémédiablement marqué leur destin : ils ont tous été martyrisés, probablement lors d’une des persécutions lancées par l’empereur Dioclétien (284 – 305). La légende raconte que, arrêtés par le préfet de Cilicie, Damien et Côme ont d’abord été lapidés, puis fouettés, crucifiés et criblés de flèches. Mais les pierres rebondissaient sur eux, frappant les soldats, et les pointes des flèches et des lances ne les égratignaient pas. Ils ont alors été jetés à la mer attachés à de lourds rochers, mais les cordes qui les tenaient se sont détachées, et ils ont été sauvés. Ensuite, ils ont été enchaînés et enfermés dans un fourneau, mais le feu ne les a pas léchés.

Saint-Damien statue
Saint Damien avec mortier
25 cm bois peint Valgardena

Finalement, les cinq frères ont été décapités dans la ville de Cirrhe, près d’Antioche en Syrie. Une légende moins imaginative parle d’arrestation, de torture et de mort par décapitation sous Dioclétien.

Leur culte a commencé immédiatement après leur mort. Des églises et des sanctuaires qui leur sont dédiés ont été érigés dans tout l’Orient et leur culte a rapidement atteint l’Occident et Rome. Dès le XVIe siècle, le chanoine de la Messe, après ceux des Apôtres, rappelle les noms de douze martyrs, dont Côme et Damien.

En plus de leur martyre, c’est aussi leur vie vertueuse qui a destiné ces frères hors commun à la sainteté.

Ils soignaient les nécessiteux sans rien demander en retour, selon le précepte de l’Évangile : « Gratis accepistis, gratis date », soit « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8).  Cela leur avait valu le surnom d’anàrgiri, ou Anargyroi (du grec Ανάργυροι, « sans argent »).

Une seule fois, Damien a accepté trois œufs d’une femme qu’il avait guérie, et ce geste offensa son jumeau Côme au point de lui faire demander qu’une fois mort, sa dépouille soit déposée loin de celle de son frère.

L’activité médicale a permis à Damien et ses frères d’entrer en contact avec beaucoup d’hommes et de femmes, et de leur prêcher la parole de Dieu. Nombreuses sont les conversions effectuées par les cinq frères, et c’est aussi ce qui a déclenché la persécution par l’Empereur.

Nous parlions du culte de Damien et de ses frères, en particulier Côme, connus sous le nom de « saints docteurs », vénérés par toutes les professions chrétiennes, considérés comme les protecteurs des médecins, chirurgiens, pharmaciens et coiffeurs.

Finalement, Côme et Damien ont été enterrés ensemble, après qu’un chameau ait obtenu le don de la parole seulement pour défendre les bonnes intentions et la bonne foi de Damien dans l’affaire des trois œufs.  Les deux frères aînés ont immédiatement commencé à être adorés comme guérisseurs et thaumaturge, et leurs reliques, considérées comme miraculeuses, ont commencé à voyager entre l’Orient et l’Occident, à travers le monde connu, accueillis par des cathédrales et des basiliques à Constantinople, Rome, Jérusalem, Madrid, Munich et en Égypte. L’iconographie traditionnelle les représente toujours ensemble, avec leurs instruments médicaux, leurs pommades et remèdes pharmaceutiques, et la palme du martyre. L’Église catholique célèbre leur mémoire le 26 septembre avec un culte facultatif, l’Église orthodoxe, le 1er juillet, le 17 octobre ou le 1er novembre.

Crucifix de Saint-Damien

Venons-en maintenant au crucifix de Saint-Damien, devant lequel François d’Assise s’est réuni en prière ce jour-là qui a changé sa vie pour toujours.

Comme nous l’avons déjà écrit, il s’agit d’une icône en forme de croix de style byzantin, probablement peinte au XIIe siècle par un moine syrien. Jésus, bien qu’il soit sur la croix, ne semble pas souffrir, mais triomphant, comme un roi sur le trône, selon l’iconographie typiquement médiévale de Christus triumphans. Comme toujours quand on parle de l’art byzantin, la beauté de l’œuvre ne réside pas tant dans sa qualité esthétique, qui offre une certaine disproportion anatomique et une dimension des figures que quelqu’un a défini comme caricaturée, ou caricaturale. La beauté de ce crucifix, qui fait probablement partie d’une série peinte à cette époque par un artiste inconnu, exprime une spiritualité puissante, une solennité qui ne peut être saisie d’un regard superficiel. Tout est méticuleusement structuré dans une naïveté apparente, tout occupe l’espace qui lui appartient, dans un tableau dans lequel vous respirez l’inspiration du Triomphe divin.

Jésus est blessé et mourant, mais il n’est jamais apparu aussi fort. Il triomphe de la mort, il l’affronte la tête haute, les yeux ouverts, grands, immenses par rapport aux autres personnages qui peuplent l’arrière-plan. Il est représenté avec une sorte de périzonium doré  autour des hanches, d’origine égyptienne probablement, qui symbolise Son être, à la fois grand prêtre et victime sacrificielle. Sur sa tête, ’auréole ressemble à une couronne dorée, ses cheveux sont nets, son visage exprime la noblesse, la beauté, la sérénité. Il est vrai que ses yeux tournés vers le ciel peuvent sembler trop grands, disproportionné par rapport à son visage, mais le sens qu’ils veulent exprimer est clair : il est celui qui peut voir plus que quiconque, qui regarde vers le ciel et vers le Père pour nous tous. Sur sa tête, il y a l’inscription Ihs Nazare Rex Iudeorum, soit « Jésus de Nazareth roi des juifs ». Plus haut, un médaillon montre Jésus montant au ciel, entouré d’anges en gloire, et au-dessus de lui la main de bénédiction de Dieu le Père.

Pour revenir au crucifix, sur le front de Jésus, il y a une colombe qui descend les ailes tendues, symbole de l’Esprit Saint.

L’image de Jésus est enfermée dans un cadre fait de coquilles, qui suivent les contours de la croix et symbolisent la beauté et l’éternité.

Il est impossible d’identifier les personnages à la base de la croix : selon certains savants, il pourrait s’agir des patrons de l’Ombrie, ou de saint Damien, patron de l’église qui abritait la croix, de saint Rufin, patron d’Assise, de saint Michel, saint Jean-Baptiste, saint Pierre et saint Paul, tous patrons d’églises dans la région d’Assise. Comme tous les autres personnages représentés dans l’œuvre, ils sont beaucoup plus petits que la figure de Jésus.

Certains chercheurs parlent de messages subliminaux cachés dans la peinture, détails que l’œil ne saisit pas à première vue superficielle : sur la poitrine de Jésus on peut apercevoir la tête d’un personnage, peut-être Dieu tout-puissant, tracée avec un filigrane, et une autre figure non mieux définie.

Les mains de Jésus versent du sang sur deux paires d’anges symétriques situés sous ses bras. Les anges à droite et à gauche sont les anges Messagers de Dieu, qui regardent les stigmates avec sérénité et intérêt, discutant entre eux du Mystère qui se déploie.

Un troisième et un quatrième personnage, qui ferment chaque bras de la Croix avec leur propre corps, sont peut-être deux évangélistes, ou deux apôtres, ou peut-être le peuple juif et les païens.

Sous le bras droit de Jésus, en plus grand, il y a Marie et l’Apôtre Jean. Les deux personnages se regardent, se sourient l’un à l’autre, désignant Jésus, eux qui par sa volonté sont devenus mère et fils : « Femme, voici ton fils… » (Jean 19:26). La main gauche de Marie repose sur sa joue, tandis que sa main droite indique Jean. Elle est vêtue de blanc, symbole de pureté, de rouge intense, couleur de l’amour et de violet, avec une référence aux tissus dont serait tapissée l’Arche d’Alliance. Ses vêtements sont ornés de pierres précieuses, qui symbolisent les vertus. Jean est vêtu de rose, couleur de la sagesse éternelle, et de blanc, signe de pureté.

Sous le bras gauche de Jésus se trouvent trois autres figures : Marie Madeleine, Marie mère de Jacques et le Centurion. Comme pour Marie et Jean, le noms de ces figures est écrit en bas, sous leurs pieds.

Marie Madeleine porte une robe de couleur rouge, couleur de l’amour. Elle et Marie mère de Jacques se touchent le front comme si elles chuchotaient quelque chose.

La dernière figure à gauche, celle d’un homme barbu vêtu de blanc et de rouge, représenterait le Centurion dont le fils Jésus a guéri, ce qui a conduit à la conversion de toute la famille.

Deux personnages plus petits sont situés symétriquement devant Marie et Centurion : celui de gauche est un soldat romain, Longin, qui a percé le côté de Notre Seigneur en laissant couler l’eau et le sang ; l’autre est placé dans la même position, mais ne ressemble pas à un soldat romain, mais plutôt à un juif. Il pourrait aussi être Stéphane, le soldat romain qui a fait boire du vinaigre avec une éponge à Jésus, mais il est plus probable que les deux figures symbolisent les deux peuples qui ont condamné Jésus à mort, les Romains et les juifs.

A côté de la jambe gauche de Jésus se trouve un coq, symbole du soleil qui naît, c’est-à-dire Jésus lui-même qui ressuscite de la mort.

Le crucifix de Saint-Damien est resté pendant quarante ans dans l’église du même nom reconstruite par François et était gardé par sainte Claire et ses consœurs. Quelques années après la mort de la sainte, les nonnes ont transféré le monastère à l’intérieur des murs de la ville, où la basilique Sainte-Claire a été érigée. Elles ont emporté avec elles le crucifix de Saint-Damien, qui est toujours là, dans une chapelle. Une copie du crucifix est restée dans l’église Saint-Damien.

Nos crucifix de Saint-Damien

Dans notre magasin, vous trouverez une large gamme de reproductions du crucifix de Saint-Damien à poser, à suspendre ou à porter autour du cou. La plupart d’entre eux sont fabriqués à la main en bois imprimé et sont disponibles en différentes tailles.
Il existe également une belle version tapisserie au design exclusif, avec un tissage Jacquard raffiné et une doublure en satin. Une poche spéciale pour l’insertion de la tige permet de l’accrocher et de l’exposer. Nous proposons des crucifix de Saint-Damien suspendus, en bois d’olivier d’Assise, argentés ou colorés. Une alternative aux pendentifs en bois sont les pendentifs en métal argenté avec gravure au dos. Le crucifix de Saint-Damien peut aussi être le cœur d’un chapelet à grains en bois ovale marron clair et ligature de soie marron foncé, composé de nombreux nœuds,  léger et simple. Ci-dessous nous vous présentons les produits décrits disponibles sur notre site !

tapisserie crucifix san damiano
Tapisserie inspirée du Crucifix de Saint-Damien, avec un design exclusif et un tissage Jacquard raffiné. Agrémenté de fils lurex d’or et doublé. Produit fabriqué en Italie, avec poche pour l’insertion de la tige pour l’accrocher.
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chaplet dix croix saint damien
Chapelet en corde et bois d'olivier et petits naoeds. Image de la crois de S.Damien
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Croix pendentif St Damien en métal argenté 4.2 cm. Inscription sur le derrière Assisi et phrase.
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crucifix san damiano imprimé sur bois
Crucifix de St Damien imprimé sur bois. Crucifix mural réalisé de manière artisanale en Italie.
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pendentif pendentif olivier San Damiano
Croix de S. Damien réalisée en bois d'olivier de Assisi. Le pendentif représente le crucifix célèbre du monastère Protomonastero des Clarisse de S. Chiara de Assisi.
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Tout ce qu’il faut savoir sur les hosties

L’hostie est un morceau de pain sans levain, produit avec de la farine de froment, d’habitude coupée en forme circulaire.

Le terme « hostie » dérive du latin hostia, « victime sacrificielle », mot avec lequel on indiquait de manière générale un sacrifice fait à une divinité.

Dans l’antiquité et jusqu’à la découverte du levain, le pain azyme fut le seul type de pain consommé par les hommes. Il était produit en pétrissant de l’eau et de la farine et ensuite cuit sur des pierres brûlantes ou dans des cendres.

Déjà pour les juifs le pain azyme revêtait une signification historique, sociale et religieuse qui dépassait l’utilisation qu’on en faisait en tant qu’aliment. Il était en effet consommé pour rappeler l’ancienne Fête des Primeurs, à l’occasion de laquelle on jetait le vieux levain pour en créer du nouveau qui aurait servi pour le pain produit avec les farines de la nouvelle récolte. Suite à la Fuite en Égypte, le pain azyme devint un moyen pour garder mémoire de ce terrible voyage pendant lequel les juifs n’eurent pas le temps pour faire lever leur pain et furent contraints à le consommé non levé.

Les chrétiens reprirent la tradition du pain azyme, en y attribuant une signification et une valeur qui posèrent les fondations de la religion même.

En effet, à l’occasion de la Cène, Jésus-Christ bénit un morceau de pain azyme et l’offrit aux disciples en le présentant comme étant son propre corps.

« Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. » (Luc 22, 19)

À la fin du souper, il prit un calice de vin et l’offrit comme son sang.

« Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. » (Luc 22, 20)

Icône dernière cène 50x70 cm Roumanie
Icône dernière cène 50×70 cm Roumanie

C’est ce que les chrétiens définissent la Transsubstantiation, i.e. la Consécration qui transforme réellement le pain en Corps de Christ et le vin en Son Sang. Ce miracle se renouvelle à chaque messe, quand le prêtre présente l’Eucharistie, en soulevant l’hostie (Élévation) devant les fidèles et en consacrant le pain et le vin. Ce dogme fait en sorte que, à chaque messe, chaque fois que nous recevons la communion, se répète le miracle de la Cène, la promesse de salut faite par Jésus à tous les hommes avec l’offre de sa personne.

À la même occasion, Jésus conféra à ses disciples le pouvoir d’en faire autant, c’est-à-dire de consacrer le pain et le vin pour qu’ils deviennent Sa Chair et Son Sang, de façon à ce que tous les hommes puissent s’en nourrir et être ainsi délivrés du péché. Commença ainsi la diffusion de cette pratique, devenue dans une certaine mesure le pivot de la célébration chrétienne. Le Pain et le Vin consacrés ne sont plus du simple pain ou du simple vin. Ils assument le nom de Très Sainte Eucharistie et ils sont sacrés, tant que toute utilisation impropre ou blasphème est considérée comme un péché mortel. Même le simple fait de les casser ou de les laisser tomber nécessite de précautions particulières indispensables qu’on examinera ensuite.

Avec le temps, se diffusa l’usage d’offrir aux fidèles uniquement le pain, sous forme d’hostie, tandis que le vin est bu uniquement par le prêtre. C’est pour cette raison aussi que le pain en particulier a recouvert une valeur toujours plus profonde et solennelle, tant il devient objet d’adoration même en dehors de la célébration eucharistique. Une fois consacrée, l’hostie devient le Très Saint Sacrement et est conservée dans le Tabernacle, la « demeure » de Dieu dans chaque église.

C’est ce qui rend miraculeux l’acte de la communion, la Sainte Eucharistie : un petit bout de pain azyme, préparé avec de l’eau et de la farine, pas fort différente de l’hostie utilisée en cuisine pour préparer des gâteaux ou du nougat ou avec des images vivaces imprimées en couleurs pour décorer les gâteaux d’anniversaire des enfants, devient grâce à la Consécration, le Véritable Corps de Christ. L’hostie cesse d’être une hostie, cesse d’être du simple pain et devient le Miracle de tous les miracles, le symbole tangible du plus grand sacrifice d’amour de tous les temps.

Mais comment est produite une hostie ? Que contient-elle ? Les hosties sont toutes pareilles ou ils en existent différents types ? Ils existent des hosties pour cœliaques ?

La différence entre hostie pour prêtre et pour fidèles

Il existe une légère différente entre l’Hostie Sacerdotale, i.e. l’hostie consacrée par le Prêtre et soulevée devant l’assemblée réunie, et les plus petites offertes aux fidèles pendant la célébration eucharistique.

Hosties 500 pièces
Hosties 500 pièces

L’hostie est, comme nous l’avons déjà dit, un morceau de pain azyme coupé en forme circulaire. La grande et les moyennes sont consacrées en même temps par le prêtre et l’hostie sacerdotale est consommée, comme le dit le nom, uniquement par le prêtre. Les plus petites hosties sont par contre offertes aux fidèles qui se présentent à l’autel pour recevoir la communion. Elles sont aussi consacrées et ont en tout et pour tout la valeur du Corps de Christ. C’est pour cette raison que, peu importe leur dimension, elles doivent toutes être manipulées avec soin et respect.

Après la Première Communion, qui prévoit que le prêtre pose l’hostie directement sur la langue des enfants, les fidèles peuvent choisir si continuer ainsi ou si se faire déposer l’hostie sur la main gauche pour ensuite l’amener à la bouche de la main droite. En effet, en 1989, la Conférence épiscopale a autorisé cette méthode, considéré auparavant comme blasphème et inadéquats par de nombreux chrétiens.

Toujours dans l’optique de préserver le Corps de Christ et éviter d’éventuels chutes et profanations, il est recommandé aux célébrants l’usage d’une assiette à poser en-dessous du menton du fidèle, ou de la nappe, au cas où elle tombe à terre et soit piétiné ou profané. Si cela arrivait en tout cas, l’hostie tombée par terre doit être ramassée avec respect et révérence par le prêtre et le point où elle est tombée doit être lavé avec l’eau du Purificatoire. Ensuite le prêtre pourra nettoyer l’hostie et la mettre en bouche.

Si l’hostie est endommagée ou salie de manière irrécupérable, elle devra être ramassée, posée dans l’eau de l’ampoule de l’ablution et laissée se dissoudre. Ensuite l’eau sera versée dans le sanctuaire de l’église.

Pendant les dernières années, s’est diffusée la production d’hosties au bord aplati, plus difficiles à émietter et à laisser tomber exactement pour éviter ce genre de situations désagréables au cours de la messe.

Les ingrédients d’une hostie

Comme déjà écrit précédemment, les ingrédients qui composent l’hostie sont simplement de l’eau et de la farine de froment, les mêmes que le pain azyme. L’ajout d’autres substances rendrait l’hostie « de la matière invalide pour l’Eucharistie », comme le prescrit la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le choix de lui donner une forme circulaire a été dicté par la praticité, même s’il est démontré que depuis l’antiquité le pain utilisé pour les célébrations religieuses était plat et de forme arrondie.

Les hosties peuvent être facilement achetées dans des entreprises ou des magasins qui vendent des produits pour pâtisserie, dans les pharmacie (elles sont parfois utilisées pour consommer des médicaments), dans des magasins installés près ou à l’intérieur d’églises et sanctuaires. Elles sont aujourd’hui disponibles dans une vaste gamme de modèles même sur des sites de vente en ligne.

Hosties pour cœliaques

L’importante augmentation des cas de maladie cœliaque et d’intolérance au gluten a rendu nécessaire la production d’hosties pour cœliaques, réalisées à partir de farine avec un pourcentage

Hosties sans gluten
Hosties sans gluten

de gluten infime ou inexistant. Cela permet aux chrétiens affectés par cette pathologie de recevoir l’Eucharistie sans soucis. Il s’agit en pratique d’hosties sans gluten ou à faible teneur en gluten, mais qui contiennent quand même la quantité minimale de froment nécessaire pour être considérées valables par les dispositions existantes concernant l’Eucharistie. Les normes établies par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prévoient en effet que les hosties contiennent de l’amidon de froment, même si en partie minime : « Sont […] matière valide, les hosties partiellement privées de gluten et celles qui contiennent la quantité de gluten suffisante pour obtenir la panification, sans que l’on y ajoute des matières étrangères et qui n’ont pas été confectionnées selon des procédés susceptibles de dénaturer la substance du pain » ( lettre du 19 juin 1995 à tous les Présidents des Conférences épiscopales).

Les hosties jugées adéquates pour le fidèle cœliaque doivent donc être sans gluten (avec un contenu maximale de 20 mg/kg de gluten) ou avec très peu de gluten (maximum 100 mg/kg). Ces hosties sont aussi facilement disponibles sur beaucoup de sites de vente en ligne. Naturellement il peut y avoir des cas particulièrement graves d’hypersensibilité où sont nécessaires le conseil et l’opinion d’un médecin. Bien évidemment c’est le fidèle même qui doit prévenir les prêtres de la diocèse qu’il fréquente à propos de sa pathologie, afin qu’ils puissent s’assurer que ces hosties « spéciales » ne rentrent jamais en contact avec les hosties normales.

Dans beaucoup de Pays, par contre, l’utilisation d’hosties à faible contenu de gluten n’est pas encore reconnu comme convenable. Pour cette raison, l’Association des Cœliaques a envoyé deux lettres à Pape François en le priant de garantir à tous les fidèles cœliaques du monde entier de pouvoir participer à la communion avec des hosties adaptées à leurs exigences ou, en alternative, de faire utiliser des hosties sans gluten pour tout le monde, du moins pour la Première Communion et la Confirmation.

Les types d’hostie sacerdotale

Les hosties sacerdotales sont celles utilisées par les prêtres pour la Consécration. Elles sont, comme déjà mentionné, plus grandes que les autres, même s’ils en existent des types différents, qui varient de diamètre si elles servent pour la messe traditionnelle à l’église ou pour des célébrations plus grandes et solennelles, peut-être sur des grandes places ou en plein air. Dans ce deuxième cas de figure, il faut une hostie plus grande pour qu’elle soit visible pour tous.

En général, les hosties pour l’élévation se différencient donc surtout par le diamètre.

Cependant, il existe aussi des hosties différentes par la consistance et par la croustillance, ou par leur épaisseur (plus ou moins épaisse). On réalise également des hosties de pain, plus foncées et avec une saveur qui rappelle davantage celle du vrai pain.

Beaucoup d’entreprises offrent également, en plus des hosties de tailles standards, des hosties de tailles personnalisables.

Hostie concélebration 27 cm 5 pcs
Hostie concélebration 27 cm 5 pcs

Toutes les hosties doivent être produites selon les normes liturgiques en vigueur avec la garantie de pureté et de longue conservation.

Les types d’hostie pour fidèles

Les hosties pour les fidèles sont, elles aussi, disponibles en version plus ou moins croustillante, plus ou moins épaisse.

Elles peuvent être normales, ultrafines, blanches ou avec la couleur et la saveur du pain.

En particulier, les hosties à bord aplati, d’origine polonaise, sont conçues exprès pour ne pas s’émietter et pour en faciliter la réception en bouche par le fidèle. Il est en effet fondamental que le Corps de Christ ne tombe jamais par terre, que ce soit en partie ou en entier.

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Quand on pense à une église, la première image qui se forme dans notre esprit est probablement celle d’un édifice religieux connu, avec un clocher, la cathédrale de notre ville, ou peut-être un lieu de culte qui nous est particulièrement cher pour des raisons sentimentales qui n’appartiennent qu’à nous. La deuxième image, presque certainement, sera celle d’une nef plongée dans la pénombre, éclairée par la lumière de fenêtres polychromes maintenues par des plombs et, invariablement, par la lueur dorée d’innombrables bougies allumées.

Il y a, dans l’enfance de chaque chrétien, le souvenir de cette lumière dorée semblable à l’or dissous, de l’odeur de cire, de sa consistance entre les doigts quand, sans tenir compte des conseils des parents et des grands-parents, on ne pouvait résister à la tentation de toucher les tiges blanches et lisses des bougies, en se brûlant les doigts au contact de ces tiges chaudes et transparentes.

C’était un moment de grande sacralité lorsque, avec la pièce de monnaie qui nous avait été donnée et que nous tenions dans notre main comme un trésor inestimable, on nous a donné la bougies à cirepermission d’allumer une bougie devant l’autel de Notre-Dame ou d’un saint particulièrement cher. Le seul geste d’insérer l’offre dans la fente, d’entendre son tintement sur le fond de la boîte, avait en soi le rituel d’un sacrifice.

Ensuite, il fallait faire le choix parmi les nombreuses bougies qui faisaient saillie du récipient placé à côté de la grille incrustée de vieille cire. Elles étaient apparemment toutes les mêmes, belles, intactes et parfumés, mais dans notre désir enfantin de faire le bien, de plaire à Jésus avec notre don, nous devions être sûrs de choisir la bonne, la meilleure possible.

Allumage de la bougie dans l’église

Après une longue réflexion, une fois que nous avons fait notre choix, venait le moment le plus excitant : il était nécessaire de l’allumer en touchant une bougie déjà allumée, puis de choisir la position dans laquelle la mettre sur le support et trouver une pince encore libre, dont la position et l’angle satisfaisaient nos attentes. Parce qu’il était important que cette bougie, notre bougie, choisie avec soin et après réflexion, payée avec l’offrande que nous avions nous-mêmes insérée dans la cassette, soit positionnée correctement, et brûle en consommant sa propre cire afin d’offrir la lumière la plus chaude et la plus belle. Alors seulement Jésus, ou Notre-Dame, écouterait nos prières silencieuses, et accomplirait nos vœux : protéger maman et papa, protéger grand-mère, protéger mes amis, mon chien, mon hamster ; avoir de bons résultats à l’école et être gentil avec mes compagnons ; rester avec moi la nuit quand j’ai peur dans l’obscurité.

Cela étant fait, nous pouvions nous en aller mais, inévitablement, au fur et à mesure que nous traversions la nef en tenant la main de maman, nos yeux continuaient à courir vers la bougie, notre bougie, vers sa lumière vacillante et faible, unique parmi toutes les autres, notre don personnel à Dieu.

Allumer une bougie de cire et la placer devant un autel, une statue ou dans une chapelle est un rituel complexe d’une grande profondeur spirituelle, et pas seulement pour les enfants. Dans ce geste apparemment banal se concentrent toutes les attentes et les espoirs des fidèles pour eux-mêmes et pour ceux qu’ils aiment. Il y a un sens profond à entrer dans une église, prendre du temps sur la vie quotidienne et la hâte qui domine nos journées, consacrer un moment à ce geste, choisir la bonne bougie comme lorsque nous étions enfants et l’allumer, les pensées tournées vers Dieu, et peut-être même vers notre enfant qui doit faire une tâche en classe, ou vers quelqu’un que nous aimons et qui vit une période difficile ou a des problèmes de santé. Allumer une bougie dans une église est déjà en soi une prière, qui ne nécessite ni paroles, ni formulation. C’est une façon de dire : je suis ici, juste pour faire cela, je suis sorti de ma vie pour entrer dans cette église, pour offrir mon temps et toute ma pensée à ce geste unique. L’allumage d’une bougie dans l’église devant une statue, un autel, une image sacrée ou le Saint Sacrement est une manifestation de foi qui laisse un signe tangible et visible. C’est comme si, en sortant de l’église, nous voulions laisser une partie de nous-mêmes à l’intérieur, prier, « brûler » avec foi, avec amour, comme la flamme d’une bougie. L’offre que nous faisons est toujours accompagnée d’une demande, d’une protection, d’une bénédiction, d’une petite grâce pour nous ou pour ceux que nous aimons.

Les choses ont un peu changé aujourd’hui.

Les chandeliers électroniques et les nouvelles solutions adoptées

Dans la plupart des églises modernes, mais aussi dans les églises historiques, les chandeliers en fer forgé ont été remplacés par des chandeliers électroniques de différents types. Dans certains cas, leur apparence rappelle celle des vieux chandeliers, avec des décorations en fer forgé mais, beaucoup plus souvent, le style est plus moderne et essentiel, linéaire et propre. Tout dans les chandeliers électroniques exprime l’efficacité, la sécurité et la propreté. Pendant ce temps, le sacristain ou quelqu’un d’autres à sa place n’aura plus à se soucier de remplir le récipient avec des bougies, ou de nettoyer les pinces de la cire dissoute et ensuite solidifiée. Au contraire, de nombreux chandeliers électroniques sont munis d’un couvercle en verre, ce qui empêche toute personne de toucher les fausses bougies et la poussière de se déposer entre elles. Tout est donc plus propre, mais surtout il n’y a pas de fumée ou de suie. La technologie des bougies à LED garantit le respect de l’environnement et une faible consommation d’énergie. De plus, ces chandeliers sont très faciles à utiliser pour les personnes âgées et sécuritaires pour les enfants : il suffit d’insérer une pièce de monnaie dans la fente et une bougie électrique s’allume. Il est également vrai que les chandeliers électroniques découragent le vol, car ils sont équipés de serrures de sécurité qui ferment les boîtes à offrandes, ainsi que de petits et grands actes de vandalisme. Sûrement plus personne ne pourra voler des bougies juste pour jouer, même si un dommage apporté à un chandelier électronique sera sans doute plus coûteux que celui fait à un support en fer forgé. Mais les propositions ne s’arrêtent pas là : si vous pensez que la flamme d’une bougie traditionnelle a son charme, de nouvelles solutions de la technologie LED présentent également des des bougies avec flamme vacillante. Ce sont des bougies à LED rechargeables, adaptées à tout environnement intérieur, faciles et sûres à utiliser.

Bougies à LED : avantages et solutions

Il y a aussi des modèles plus modernes et plus avancés, dans lesquels la boîte à offrandes a été remplacée par un écran tactile et un poste équipé d’un écran sur lequel vous pouvez glisser votre carte de crédit. C’est exactement ça : il n’y a plus de fente pour les pièces de monnaie, mais un système pratique et fonctionnel entièrement informatique, où l’offre n’est pas libre et où, au lieu de Bougies à LEDvous concentrer sur la raison pour laquelle vous êtes allé à l’église pour allumer une bougie, vous pouvez lire sur l’écran toute une série d’informations sur les services offerts dans le sanctuaire, des prix de masse aux collecteurs de fonds.

À ce point, nous voulons nous arrêter un moment.

Il est insensé de s’opposer au progrès et de rejeter les avantages incontestables qu’il nous apporte dans tous les domaines et dans tous les aspects de notre existence. Mais peut-être vaudrait-il la peine de s’arrêter un moment pour réfléchir. Il n’y a aucun doute que les bougies électriques offrent une alternative propre et écologique aux vieilles bougies en cire, rendant le travail des agents de nettoyage plus facile et offrant une image plus ordonnée à ceux qui entrent dans l’église.

Il est également vrai qu’il existe d’excellentes bougies de cire depuis des années, qui ont été spécialement conçues pour éviter les salissures. C’est vrai : même si elles sont inclinées, elles ne s’égouttent pas, évitant la perte de cire liquide, l’incrustation et la saleté, mais en gardant tout l’effet des flammes vivantes et réelles avec leur chaleur vibrante, expression palpitante de leur vie. Une telle solution peut être une voie du milieu raisonnable. Ces bougies anti-gouttes sont également parfaites pour les processions : elles peuvent être tenues à la main, déplacées ou inclinées sans laisser tomber la cire sur la peau ou sur le sol de l’église.

Une autre alternative sont les  bougies à cire liquide,  alimentées par des cartouches rechargeables, également propres, sûres et belles à voir.

Mais ce qui est vraiment important dans l’allumage d’une bougie, qu’elle soit en cire ou électronique, payée avec les pièces de la tirelire ou avec la carte de crédit, c’est le sens du geste lui-même, et il ne fait aucun doute que les solutions modernes, bien que fonctionnelles et non polluantes, manquent quelque peu d’esthétisme et de symbolique. Il est vrai qu’une offrande est faite, au nom d’une bénédiction ou d’une grâce, et il est vrai qu’une lumière est allumée, même si à LED et automatique. Le geste est différent, l’effet est différent, et c’est peut-être seulement cette partie de nous qui se souvient de l’odeur de cire, cette sensation de toucher des bougies lisses et intactes avec les doigts, qui nous fait regretter les vieux supports en fer forgé avec des boucles poussiéreuses noircies par la suie décorés de formidables sculptures de cire dissoute puis retravaillée, que nous nous amusions à détacher et à ramener chez nous.

Il est probable que le sort des bougies dans l’église est inévitablement celui de changer, de suivre le progrès technologique et d’offrir des niveaux plus élevés de confort, de sécurité et d’efficacité. Mais beaucoup d’entre nous, inévitablement, en entrant dans une église, chercheront encore les vieux supports, avec leur charge d’espoirs et de promesses, leur forêt de lumières dansantes et de bougies inégales, dont chacune est unique et irremplaçable, comme l’est chaque prière, chaque homme, femme ou enfant qui se tourne vers Dieu.

Arbres et plantes dans la tradition chrétienne

Arbres et plantes dans la tradition chrétienne

Dans l’Antiquité, la relation entre l’homme et la nature était beaucoup plus étroite qu’elle ne l’est aujourd’hui. La vie quotidienne était inextricablement liée aux changements de saisons, aux précipitations atmosphériques, à la chaleur excessive ou au grand froid. Nos ancêtres n’avaient certainement pas une existence…

L’heure de la Miséricorde

L’heure de la Miséricorde

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Les différentes significations des vêtements liturgiques

Les différentes significations des vêtements liturgiques

Le terme vêtements liturgiques, ou parements, désigne généralement les vêtements utilisés par les prêtres de différents niveaux dans le contexte des cérémonies et célébrations religieuses.

Ces robes diffèrent dans diverses caractéristiques et, en particulier, varient en couleur selon la période de l’année et les célébrations ou les jours fériés.

Cependant, les robes liturgiques sont beaucoup plus que de simples vêtements, plus ou moins ornés, portés par les serviteurs d’autel. Le simple fait de les porter a déjà une valeur symbolique très forte, à la fois pour le prêtre et pour ceux qui, le voyant ainsi habillé, l’identifieront comme le représentant du divin sur terre.

Pour cette raison, les vêtements liturgiques doivent être uniques, différents de tout autre type de vêtement que le prêtre porte en dehors de la célébration. Ces vêtements, en particulier, appartiennent à la sphère du sacré, ni plus ni moins que les prières, les gestes qui composent la liturgie, les nombreux rites qui caractérisent les cérémonies religieuses depuis des temps immémoriaux.

Les vêtements liturgiques doivent être beaux, de bonne facture, ostentatoires. Ils proviennent des vêtements des dignitaires grecs et romains, qui appartenaient aux classes supérieures et le démontraient également avec leurs vêtements. L’excellence des premiers prêtres chrétiens était, bien sûr, entièrement spirituelle, mais leurs vêtements devaient néanmoins exprimer cette grandeur, pour rendre leur rôle immédiatement compréhensible aux fidèles.

Certains vêtements ecclésiastiques sont également utilisés en dehors des célébrations liturgiques. Pensons à la soutane et la calotte, le ferraiolo, un manteau de soie léger utilisé par les diplomates du Vatican, le saturne, un chapeau dont la forme ressemble à celle de la planète Saturne.

En général, la fonction des habitudes liturgiques devient fondamentale précisément dans le contexte des célébrations religieuses, dans lesquelles elles symbolisent d’une part le détachement de la vie quotidienne, de l’ordinaire, et d’autre part la transcendance du prêtre, qui, portant ces vêtements particuliers, cesse d’être un homme ordinaire et, dans un certain sens, assume les fonctions et l’identité du Christ. La forme même des vêtements sacerdotaux, souvent larges, fluides, souligne leur fonction de rendre le porteur sans forme, éthéré, privant le corps de substance, le rapprochant de l’esprit.

Diverses robes liturgiques

Amict : tissu rectangulaire ou carré, qui s’attache autour du cou et de la taille avec des rubans de tissu. Il est généralement fait de lin et est toujours blanc, devant être porté sous l’habit du prêtre. Il est soutenu sur ses épaules et noué à la taille.

Aube : tunique blanche à manches longues qui couvre tout le corps, jusqu’aux chevilles. C’est le vêtement de base de tous les officiants, non seulement du prêtre célébrant, mais de tous ceux qui participent à la liturgie. Elle est portée sur l’amict et fixée aux hanches avec une chenille.

Chenille : Ceinture en tissu serrant l’aube. Sa couleur, habituellement blanche, peut varier selon la couleur liturgique du jour.

Chasuble ou planète : la robe portée par le célébrant sur l’aube. Elle peut être de différentes formes et couleurs liturgiques selon la période et l’occasion.robes liturgiques

Surplis : vêtement blanc à manches courtes et larges et au col carré qui se porte sur la soutane. Contrairement à l’aube qui recouvre tout le corps, le surplis n’arrive qu’aux genoux. Il est souvent orné de broderie.

Rochet : vêtement blanc, similaire à l’aube, mais avec des broderies plus élaborées et souvent ornées de dentelle. Il est porté par les prélats. Fabriqué en lin, il a les manches longues et étroites au poignet et doublées à l’intérieur de rouge ou de blanc. Il se ferme au cou avec un crochet ou un ruban.

Dalmatique : tunique richement décorée utilisée à l’époque romaine, lorsqu’elle était brodée d’or et ornée de perles, d’émail et de filigrane précieux. Elle exprime toute la solennité du rôle du célébrant et est le vêtement le plus visible et le plus riche qu’il porte. C’est une tunique longue, à manches larges, longue jusqu’aux genoux. La couleur change en fonction de l’occasion et du jour.

Mitre : couvre-chef réservé aux évêques, dans le passé souvent ornée de pierres précieuses et d’or, de forme vaguement pentagonale, avec deux bandes de tissu qui tombent sur les épaules.

Barrette :  coiffe de forme carrée avec trois cornes rigides et une houppe à son sommet.>.

Chape ou pluvial : manteau large avec un soupçon de capuchon, long jusqu’au sol, porté à la place de la chasuble ou planète pour des actions liturgiques en dehors de la masse. Ouvert, il a la forme d’un demi-cercle. Il est fabriqué dans différentes couleurs liturgiques et porté après l’étole sur le surplis ou l’aube.

Tunique : similaire à la dalmatique, elle est portée par le diacre ou le sous-diacre, selon que l’occasion est plus ou moins solennelle. Elle est faite de tissu précieux, décorée de broderie, et peut être de différentes couleurs liturgiques.

Pallium : bande de tissu de laine blanche enroulée autour des épaules. Sa forme et sa couleur sont destinées à représenter les moutons portés autour du cou par le berger. Il est réservé au pape et à certains évêques et archevêques.

Stole : écharpe de tissu de 200 à 250 centimètres de long, décorée de trois croix, symbolisant le joug doux de Jésus. Portée surtout par les évêques, elle prend des couleurs différentes selon le calendrier liturgique.

Voile humérale : morceau de tissu rectangulaire doté de deux rubans au centre pour le fixer, rappelle les broderies et les couleurs liturgiques de la chape.

Les couleurs des vêtements liturgiques

Or : le plus solennel des couleurs, utilisé tout au long de l’année, également à la place d’autres couleurs liturgiques.

Blanc : symbolise la lumière et la vie, et pour cette raison, il est utilisé à l’occasion de baptêmes, à Noël, à Pâques.

Noir : utilisé principalement pour la commémoration des morts et pour les funérailles.

Rose : utilisé pour le quatrième dimanche de Carême et le troisième dimanche de l’Avent.

Rouge : rappelle la couleur du sang des martyrs et le Saint-Esprit. Utilisé le Vendredi Saint, le Dimanche des Rameaux, la Pentecôte et les fêtes des Saints Martyrs.

Vert : couleur du renouvellement et de la vie, récurrente en temps ordinaire.

Violet : symbolise l’espoir et l’attente. Utilisé pendant l’Avent, le Carême et dans la liturgie des morts.

Les prières qui accompagnent l’habillage

Lorsque le prêtre met l’habit liturgique, il accomplit un véritable rite qui contribue au processus de « dépersonnalisation », de sorte que le célébrant lui-même, en tant qu’homme ordinaire, devient, pour le temps de la liturgie, une sorte d’émanation du Christ.

Les textes de ces prières particulières se trouvent souvent dans la sacristie, bien que la plupart d’entre elles ne soient plus obligatoires.

La cérémonie d’habillage commence toujours par l’ablution des mains, qui annonce le détachement de tout ce qui est ordinaire et profane, pour aborder une dimension plus spirituelle et sacrée. La prière qui accompagne l’ablution des mains dit :

Da, Domine, virtutem manibus meis ad abstergendam omnem maculam; ut sine pollutione mentis et corporis valeam tibi servire. (Donne, Seigneur, dans mes mains la vertu qui efface toute tache : que je puisse vous servir sans tache d’âme et de corps)

Comme nous l’avons déjà mentionné à propos de la liste des vêtements liturgiques, l’habillage se fait pas à pas, en superposant les différents vêtements selon des règles codifiées au cours des siècles.

On commence par mettre l’amict, le tissu de lin blanc dont la fonction est de couvrir le cou du prêtre si le manteau n’est pas suffisant. C’est une sorte de protection contre le mal et la tentation, un casque symbolique. La prière prévue pour mettre l’amict dit : Impone, Domine, capiti meo galeam salutis, ad expugnandos diabolicos incursus. (Mets, Seigneur, sur ma tête le casque du salut, pour vaincre les assauts diaboliques).

Par la suite, le prêtre met l’aube, symbole de pureté et de sainteté,  laissez-passer pour monter à la grâce divine. Lorsqu’il porte l’aube, le prêtre doit réciter : Dealba me, Domine, et munda cor meum; ut, in sanguine Agni dealbatus, gaudiis perfruar sempiternis. (Purifie-moi, Seigneur, et purifie mon cœur, car purifié dans le Sang de l’Agneau, je jouirai des éternelles réjouissances).

L’aube est serrée à la taille par la chenille, qui peut être de différentes couleurs, selon le temps liturgique. La chenille symbolise la vertu de la domination de soi, et le prêtre le rappelle en citant saint Paul : Praecinge me, Domine, cingulo puritatis, et exstingue in lumbis meis humorem libidinis; ut maneat in me virtus continentiae et castitatis. (Moi seul, Seigneur, avec la ceinture de pureté et drainant dans mon corps la sève de la débauche, afin que la vertu de continence et de chasteté reste en moi).

L’étole sacerdotale distingue le célébrant plus que tout autre vêtement liturgique. En la portant, le prêtre récite : Redde mihi, Domine, stolam immortalitatis, quam perdidi in praevaricatione primi parentis; et, quamvis indignus accedo ad tuum sacrum mysterium, merear tamen gaudium sempiternum. (Rends-moi, Seigneur, l’étole de l’immortalité, que j’ai perdue à cause du péché du premier père ; et tant que j’accède, indigne, à ton mystère sacré, que j’atteigne aussi une joie sans fin).

Enfin, le prêtre sur le point de célébrer la Sainte Messe porte la chasuble ou la planète. La prière en question reprend les paroles de Jésus : Domine, qui dixisti: Iugum meum suave est, et onus meum leve: fac, ut istud portare sic valeam, quod consequar tuam gratiam. Amen. (Ô Seigneur, tu as dit : Mon jeu est doux et ma charge est légère : laisse-moi porter ce vêtement pour obtenir ta grâce. Amen).