Auteur/autrice : Redazione

La consécration du Sacré Cœur de Jésus

La consécration du Sacré Cœur de Jésus

L’adoration du Sacré Cœur de Jésus a pour les chrétiens une double signification : d’une part elle honore le cœur de Jésus en tant que symbole de son humanité, de son devenir d’homme et de son sacrifice pour nous tous ; d’autre part elle y reconnaît…

Le jour où le Très Saint Sacrement arriva dans l’espace

Le jour où le Très Saint Sacrement arriva dans l’espace

Percevoir la présence de Dieu lors qu’on est immergé dans un contexte naturel particulièrement majestueux et beau est quelque chose qui unit pratiquement tous les croyants, depuis toujours. En effet, comment pourrions-nous rester insensibles en contemplant la magnificence du ciel parcouru de vaisseaux vaporeux faits…

Curiosités sur le mariage : comment fête-on le mariage dans le monde

Curiosités sur le mariage : comment fête-on le mariage dans le monde

Il vous est déjà arrivé de vous demander comment fête-t-on le mariage dans le reste du monde ? Certes, dans notre pays il y a des coutumes qui trouvent leurs racines dans les siècles passés, mais il serait tout de même intéressant de découvrir les traditions originales présentes dans le monde, les jours porte-bonheurs pour se marier, qu’est-ce que la mariée doit porter ou encore d’autres curiosités.

Dans notre pays, le mariage catholique, célébré à l’église, est encore la forme d’union la plus répandue entre un homme et une femme. Il ne s’agit pas d’une occasion comme les autres. Le mariage est un des sept sacrements, accomplissement d’une vie pour de nombreux fidèles. Au-delà du choix de partager son existence avec une autre personne, le mariage catholique implique la naissance d’un lien consacré par Christ et, en tant que tel, sacré et inviolable. Gare à prendre ce pas à la légère ! Surtout aujourd’hui, où l’affirmation d’un style de vie plus dynamique et plus ouvert aux changements nous donne parfois l’impression que rien n’est destiné à durer dans le temps, il faut arriver à une profonde prise de conscience avant de prendre une décision si importante.

Pour cette raison, pour ceux qui souhaitent se marier à l’église, il existe l’obligation de participer à des cours prénuptiaux, qui aident les futures couples à comprendre s’ils sont véritablement prêts à franchir le pas. Mais le cours prénuptial n’est qu’une des obligations imposées par l’église à ceux qui veulent célébrer un mariage religieux. Il faut que les deux mariés répondent à certains prérequis indispensables et qu’ils rassemblent les documents prouvant la véridicité de leur statut.

Tout d’abord, tous les deux doivent avoir été baptisés et avoir reçu le sacrement de la confirmation. Sans avoir reçu l’un de ces deux sacrements, ils ne pourraient en effet même pas prétendre appartenir à l’Église. Ils pourront demander les documents du baptême et de la confirmation auprès de la paroisse qu’ils ont fréquenté à l’époque. En outre, ils ne doivent pas être divorcés, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas s’être déjà mariés à l’église avec quelqu’un avec qui ils ont ensuite divorcé. Pour les divorcés, il n’y a pas la possibilité d’un deuxième mariage catholique, ils ne peuvent que demander une cérémonie civile, à moins qu’ils n’obtiennent de la Sainte Rote l’annulation de leurs noces. Suite à un veuvage, par contre, on peut se remarier à l’église.

Il faut également de nombreux documents, à rassembler dans le temps. En plus des certificats de baptême et de confirmation déjà nommés ci-dessus, il est nécessaire d’avoir aussi tous les documents demandés également pour une union civile : certificats de naissance, certificats de résidence, certificats de citoyenneté. En outre, pour le mariage religieux, il faudra présenter le certificat d’État libre ecclésiastique, qui certifie que le demandeur n’a pas contracté un mariage religieux en précédence ; l’attestation de Participation au cours prénuptial ; l’autorisation ecclésiastique nécessaire uniquement dans le cas où les futurs mariés veulent se marier dans une paroisse différente de la leur ou en dehors de leur Commune de résidence.

Soyons bien clair : se marier à l’église ne se limite surement pas à une ennuyeuse collecte de paperasse et à l’exaucement des prérequis indiqués ci-dessus. Le mariage religieux est le couronnement d’un parcours commun d’amour et de développement humain, le prélude à la naissance d’une nouvelle famille et, en tant que telle, raison d’une joie profonde pour les mariés et pour tous ceux qui les aiment. Une occasion à fêter, à célébrer avec ceux qu’on aime, en mangeant, en trinquant et en dansant.

Il y a de nombreuses coutumes italiennes liées au jour des noces, à partir de qui doit en supporter les frais, plus ou moins symboliques. S’il est d’usage que ce soit au marié à acheter le bouquet, en guise de dernier cadeau en tant que fiancé, et de le faire livrer chez la future mariée le matin des noces, il est par contre du devoir de la mariée de le lancer à la fin de la cérémonie, afin que ses amies jeunes filles puissent tenter de l’attraper et, selon la légende, être ainsi les prochaines à se marier. Une tradition plus récente veut que ce soit la belle-mère qui achète le bouquet, ainsi que le voile de la marié, et que ce soit toujours à elle de faire en sorte d’adapter ce dernier à la coiffure de sa future belle-fille. Et puisqu’on parle du voile, celui-ci devrait mesurer un mètre pour chaque année de fiançailles !

La robe de mariée, par contre, tout comme son trousseau, sont à charge de la famille de la mariée. De nombreuses superstitions sont nées au cours du temps concernant ce aspect du mariage en Italie. Le marié ne doit absolument pas voir la robe avant le jour des noces, mais la mariée non plus ne devrait pas se regarder dans un miroir en la portant avant ce jour-là, à moins de s’enlever une chaussure, une boucle d’oreille ou un gant. La couleur traditionnelle de la robe de mariée est le blanc, même si dans les dernières années d’autres couleurs s’affirment de plus en plus, même les plus insolites. Mais il faut faire attention, car il y a des couleurs qui portent malheur ! La couleur ivoire est présage de désordre dans la vie de couple, le rose de gros problèmes économiques et le rouge annoncerait même la mort ! Le bleu, par contre, est synonyme de sincérité, le vert de timidité, le noir de repentit… même si un mariage est célébré à l’ombre de quelque chose dont on doit se repentir ne nous semble pas présager un bon début pour une union ! Les invités de leur côté devrait éviter de s’habiller en blanc ou en noir. Mais ce n’est pas tout. Si la robe de la mariée doit être blanche, elle devra également porter un accessoire bleu, symbole de sincérité comme on l’a déjà dit, mais également de pureté, quelque chose de vieux pour symboliser la vie de jeune fille qu’elle laisse derrière elle, quelque chose de nouveau pour sa nouvelle vie, quelque chose d’offert pour symboliser l’amour des êtres chers, et enfin quelque chose de prêté, pour rappeler le lien avec la famille d’origine

Donc qui achète quoi : selon la tradition, c’est la famille du marié qui se charge de payer la maison, le mobilier (sauf la chambre à coucher), le costume du marié, les alliances et le voyage de noces. Tout le reste, c’est-à-dire le trousseau, la réception, les fleurs, les participations et ainsi de suite, sont à charge de la famille de la mariée. Naturellement cette « règle », très rigide dans le passé, laisse aujourd’hui la place à une incalculable gamme de nuances. Les temps ont changé et souvent ce sont les mariés qui paient leur propres noces, ou en tout cas les frais sont partagés en fonction des moyens des familles.

faveur d'ange
Cadeaux et souvenirs pour les occasions spéciales

Les bonbonnières pour le mariage ne peuvent pas manquer. Nées comme des boîtes à gâteaux et très à la mode parmi les nobles dames françaises à la fin du XVII siècle, elles tendent à faire partie des traditions matrimoniales italiennes à partir du XVIII siècle, quand Victor Emmanuel, prince de Naples, et Hélène du Monténégro les offrirent comme don de remerciement à tous ceux qui avaient pris part aux festivités de leur noces. Elles doivent être les mêmes pour tous les invités et, d’habitude, elles sont réalisées en cristal, en argent ou en porcelaine, même si aujourd’hui il y a d’autres matériaux très à la mode, comme ceux issus du commerce équitable. La bonbonnière devra contenir des dragées en nombre impair et pas moins de 5. Pourquoi ce chiffre ? Afin de garantir aux mariés santé, fertilité, longue vie, bonheur et richesse.

En ce qui concerne les jours porte-bonheurs pour se marier, il faut se référer à la sagesse populaire. Selon un dicton italien, « di Venere e di Marte non ci si sposa né si parte! né si dà principio all’arte !  » (i.e. « de Venus et de Mars ne te marie pas ni pars ! Ni débute ton art ! »), ce qui signifie qu’il vaut mieux ne jamais rien faire le Mardi ou le Vendredi car on risque de ne jamais le terminer. Les jours considérés comme propices sont le Lundi, dédié à la lune et donc aux mariées, et le Mercredi, considéré comme un jour très chanceux. Aujourd’hui les jeunes mariés ont tendance à ne pas donner trop de crédit à certaines superstitions, mais plutôt aux exigences de travail des invités, ce qui implique que la plupart des mariages est célébrée le Samedi ou le Dimanche, mais attention : selon la superstition, le Samedi est considéré en absolu comme le jour le plus malchanceux pour se marier ! En ce qui concerne le mois, en Italie Janvier garantit affection, gentillesse et fidélité ; Février amène au triomphe de l’amour ; Mars est présage de joie, mais aussi de peines ; Avril ne promet que de belles choses ; Mai porte malheur ; Juin place les mariés sous les auspices de Junon, déesse des noces ; Juillet amène des problèmes économiques ; Août annonce une vie instable, remplie de changements ; Septembre est porteur de prospérité et joie ; Octobre garantit beaucoup d’amour, mais pas beaucoup d’argent ; Novembre joie et bonheur, tandis que Décembre consacre un amour sûr et éternel.

De nombreux usages et superstitions liés au mariage ont des origines anciennes et curieuses. Par exemple, la présence des demoiselles d’honneur autour de la mariée aurait des origines égyptiennes. En effet, dans l’Égypte antique, les amies de la mariée l’entourent afin de la protéger des mauvais esprits. Toujours pour chasser les mauvais esprits est née la coutume d’accompagner le cortège nuptial avec des bruits forts comme les trombes et les clacksons, tandis que le lancer du riz à la sortie du couple de l’église amène fertilité et richesse. La tradition du riz aurait des origines chinoises : un esprit gentil, ayant pitié des souffrances de certains agriculteurs pendant une cariste, s’arracha les dents et les jeta dans une palude, où elles se transformèrent en semailles et donnèrent vie à des plantes dont les fruits étaient blancs comme des dents. Depuis lors, le riz est symbole d’abondance.

Et les alliances ? Elles doivent être achetées par le marié et doivent être portées à l’annulaire gauche, où, selon les anciens égyptiens, passe une veine directement liée au cœur et donc voie privilégiée des sentiments. Si malencontreusement une alliance devait tomber pendant le rite, au risque d’une immense malchance pour les mariés, seul le célébrant peut se pencher et la ramasser !

Une autre curiosité : la cravate du marié et la jarretière de la mariée. Couper en morceau la cravate du marié et en distribuer les chutes aux hommes invités exige en échange une offre en argent. La jarretière, par contre, se réfère à l’ancien usage selon lequel les amis du marié encore célibataires devaient voler la jarretière de l’épouse de leur ami et la porter sur leur chapeau. Aujourd’hui c’est le marié qui lance la jarretière de la mariée ou sa chaussure droite.

Mais voyons aussi ce qui se passe dans le reste du monde.

Chaque pays et chaque culture se différencient des autres sous de multiples aspects. En ce qui concerne la célébration du mariage aussi, il y a différentes coutumes dans le monde, certaines vraiment bizarres et presque inconcevables pour nous et d’autres qui, tout compte fait, ne s’éloignent pas trop de notre conception de cette cérémonie. Prenons-en en considération quelques-unes.

En Inde, par exemple, on suit le rite hindou. Ou plus précisément « les » rites hindous, puisqu’on compte au moins 11 types de rituels de mariage différents, selon la région. Mais ils ont tous un élément en commun : la couleur de la robe de la mariée qui doit être rouge. En effet, pour les indiens, le rouge symbolise la fertilité et la richesse. La mariée est habillée de manière luxueuse et, en plus de bijoux et accessoires, ses mains sont ornées d’élégantes arabesques tracées avec du henné. Ces dessins cachent une énigme : en effet, parmi ces lignes et ces formes se cache l’initiale du prénom du marié. Si ce dernier est suffisamment doué pour la trouver, il démontrera être un bon chef de famille ! Les mariés indiens sont accompagnés à l’autel assis sur un trône, sous une pluie de fleurs jaunes. Les mariages se célèbrent surtout au mois d’octobre, mois considéré comme propice puisque les forces du bien gagnent sur celles du mal.

En Iran aussi les mariés s’assoient sur un trône. Sur leur tête on tend un voile en soie, au-dessus duquel une femme émiette deux cônes en sucre. Après la cérémonie, les mariés doivent prononcer la promesse nuptiale en regardant leur reflet dans un grand miroir qui garantira lumière et luminosité à leur futur.

bougie de mariage
Bougies, cierges, chandelles

Lors d’un mariage juif, les invités amènent sur leurs épaules le marié et la mariée, qui devront essayer de s’embrasser pendant que les autres dansent et chantent. S’ils y arrivent, leur union sera prospère et heureuse et ils sauront affronter et vaincre ensemble toute sorte d’obstacle !La famille de la mariée accompagne cette dernière à la maison de son futur époux et ensuite à la chuppah, le baldaquin nuptial, d’habitude en portant des bougies allumées. Le rabbin dit son sermon et bénit le vin dans un calice qu’il offre aux deux époux, qui boivent et s’échangent leurs alliances. Après la lecture du contrat de mariage, le rabbin énonce les sept bénédictions qui protégeront le mariage. Cette opération est accomplie au-dessus d’un deuxième calice qui, à la fin, est mis par terre par le marié et cassé d’un coup de pied. Ce geste apparemment curieux veut rappeler la destruction du Temple de Jérusalem et l’expulsion des juifs de la Terre Sainte.

Au Maroc, les mariés s’échangent une datte, symbole de fécondité et d’abondance, et la mariée est immergée dans un bain de lait avec ses amies afin d’être purifiée, tandis qu’en Grèce on met dans le gant de la mariée un sucre afin qu’elle garde sa douceur. Toujours en Grèce, les futurs mariés entrent dans l’église en portant des bougies blanche et unissent leurs mains une fois arrivés devant l’autel afin de symboliser l’union de leurs âmes.

En Russie aussi les futurs mariés doivent ramener à l’autel des bougies et les garder en main et allumées tout au long de la cérémonie. Jusqu’à il n’y a pas longtemps, la mariée devait être habillée en bleu.

Dans les pays scandinaves, il y a beaucoup de coutumes curieuses. En Suède, le marié ne peut pas aller aux toilettes pendant la réception ou il risque que les autres invités embrassent son épouse ! La mariée, quant à elle, porte une monnaie d’or, cadeau de sa mère, dans la chaussure droite, et une monnaie d’argent, cadeau de son père, dans la chaussure gauche, pour se garantir richesse et bonheur. En Finlande, la mariée va chercher en personne les cadeaux de mariage chez ses invités, accompagnée par un homme âgé. Elle peut décider de se marier dans une église faite de glace et y arriver sur un traîneau tiré par des rennes. Au Danemark, marié et mariée s’échangent les vêtements afin de confondre les esprits malveillants. Ici aussi le marié doit faire attention (et la mariée également) : pendant le repas, en effet, à chaque fois que la mariée quitte la salle, toutes les femmes se dépêchent pour aller embrasser le marié et les hommes font de même quand c’est le marié qui s’absente !

Et en Orient, que se passe-t-il ? En Chine, la mariée est promenée sur une chaise à porteurs et reste en silence tout au long du jour de son mariage. Puisque le blanc pour les chinois est la couleur du deuil, aucune mariée ne portera jamais rien de cette couleur le jour le plus heureux de sa vie, tout comme elle ne portera pas d’habits bleus ou gris, d’autres couleurs associées avec la tristesse. Le rouge, par contre, exprime chance et abondance et est donc la plus utilisée. Le mariage chinois culmine avec la cérémonie du thé. Une curiosité un peu macabre concerne les mariages entre défunts : puisqu’en Chine on croit qu’un homme mort jeune, sans se marier, est destiné à rester seul pour l’éternité, les parents organisent parfois des mariages entre défunts. Au Japon, les mariés portent des kimonos colorés et la mariée porte un tissu blanc sur la tête qui représente sa volonté de ne jamais être jalouse. Pendant la cérémonie, le couple doit boire trois petites gorgées de saké de trois tasses de dimensions différentes. En Thaïlande, dans le passé, le jour avant les noces, certains moines purifiaient les mariés en leur faisant prendre un bain dans de l’eau sacrée. De nos jours, il est suffisant de faire laver leurs mains et leurs têtes dans une bassine d’eau. La même eau est réutilisée le jour après : les invités devront en verser un peu dans les mains des mariés afin de sanctionner leur union.

Hosties pour cœliaques : un peu de clarté

Hosties pour cœliaques : un peu de clarté

Le monde moderne a la capacité de tout mettre en discussion. Des traditions séculaires, des gestes répétés pedant des millénaires, par d’innombrables générations d’hommes, même des rituels codifiés dans le temps et restés invariés depuis toujours demandent à être modifiés, ajustés aux nécessités des hommes…

Les saints et les saintes qui ont changé le monde

Les saints et les saintes qui ont changé le monde

L’Histoire de l’Europe et de l’Occident comme nous le connaissons passe à travers une série continue de subversions politiques, de profonds changements sociaux, de révolutions économiques et idéologiques. L’étude de tous ces phénomènes est à la base de la compréhension historique et devrait également être…

Padre Pio et l’ordre des Frères Mineurs Capucins

Padre Pio et l’ordre des Frères Mineurs Capucins

Qu’est-ce qui rend Padre Pio, connu aujourd’hui comme Saint Pio de Pietrelcina, un personnage si vénéré et célébré déjà pendant son existence et, pourtant, également si controversé ? La vénération populaire dont il fait l’objet depuis les années de sa jeunesse est probablement due à sa réputation de guérisseur, aux événements miraculeux dont il aurait été le protagoniste, les mêmes qui lui ont valu tant de critiques dans le monde ecclésiastique.

L’aventure humaine et spirituelle de cette homme, qui est né et a vécu à cheval entre deux siècles, qui a traversé le XX siècle avec les deux Guerres mondiales et tous les bouleversements qui ont changé le visage de l’Europe et du monde, sans perdre pour autant son esprit ardent et, en même temps, imprégné d’une humanité qui ne dédaignait pas la plaisanterie et la blague, mérite surement d’être rappelée. Tout comme, il faut surement rappeler tout ce qu’il a fait pour de nombreuses personnes, très nombreuses même, qui se sont adressées à lui directement ou indirectement à la recherche d’aide et de réconfort. Son impact humain et religieux a véritablement marqué un siècle et son souvenir continue de susciter des émotions contrastées et une dévotion si forte qu’elle rend vraiment impossible l’ignorer.

L’histoire de sa vie est suffisamment connue.

Né à Pietrelcina , dans la province de Bénévent, en 1887, il était fils d’humbles agriculteurs. Il fut baptisé avec le nom de Francesco Forgione. Sa mère était une femme pieuse, entièrement dévouée à Saint François d’Assise et c’est à cet amour pour le petit pauvre d’Assise que Francesco devait son prénom.

Il démontra dès son jeune âge le souhait d’embrasser la vie religieuse. Il entra donc au couvent quand il avait à peine quatorze ans et entra tôt dans les ordres en tant que frère capucin avec le nom de Fra’ Pio. Dans les années qui suivirent, il vécut et étudia entre le couvent de Serracapriola et Pietrelcina, souvent contraint au repos à cause d’une santé fragile qui le persécuta toute sa vie et, déjà pendant cette première période de sa vie, il manifesta une série d’expérience spirituelles hors du commun, parmi lesquelles les stigmates « provisoires », des blessures qui apparurent et disparurent de ses mains pendant des années, et des dialogues fréquents avec Dieu. Il fut ordonné prêtre à 23 ans à peine, en 1910. En 1916, il se rendit pour la première fois au couvent de San Giovanni Rotondo, où il s’arrêta, suivant également un « conseil » de Jésus, qui lui aurait assuré que cet endroit aurait profité à sa santé.

C’est à San Giovanni Rotondo que Padre Pio reçoit, suite à des visions, les stigmates « définitives », qui ne le laissèrent plus et, dans la même période, on dit qu’il commença à dégager un suave parfum de fleurs, perceptible à quiconque l’approche. D’autres signes miraculeux, qui se manifestèrent à partir de ce moment-là et qui portèrent ensuite à sa béatification, sont le don de la bilocation, la prophétie, la lecture de l’esprit et du cœur de ses fidèles. Le couvent qui l’accueillait devint bientôt un lieu de pèlerinage depuis le monde entier. Cela amena inévitablement aussi à toute une série de réactions hostiles, d’enquêtes sur le religieux et sur l’homme, qui amenèrent l’opinion publique et la même église à se partager en deux à propos de ce frère, auquel on empêcha pendant un certain temps de dire la messe et d’exercer la confession. Mais cela ne découragea pas ses dévots et ne fit pas cesser les pèlerinages à San Giovanni Rotondo qui, au contraire, s’intensifièrent de plus en plus. Même certains souverains d’Europe lui rendirent visite et naquit, autour de Padre Pio, « saint vivant », un véritable culte qui se développa de manière irréversible, surtout après la Deuxième Guerre Mondiale.

Quand il mourut, le 23 septembre 1968, plus de cent mille personnes participèrent à ses funérailles. Déclaré Bienheureux en 1999, il fut proclamé Saint en 2002 par Jean-Paul II avec le nom de Saint Pio de Pietrelcina. Depuis lors, il est fêté le 23 septembre et il est considéré comme le saint patron des bénévoles de la protection civile et des adolescents catholiques.

Parmi les nombreux miracles qui lui sont attribués, celui qui lui valut la sainteté fut la guérison de Matteo Pio Colella, un enfant de sept ans touché par une méningite bactérienne foudroyante et considéré sans espoir par les médecins. Ses parents, dévots à Padre Pio, et beaucoup d’autres fidèles s’activèrent et prièrent pour lui, en adressant leurs supplications au Frère de Pietrelcina, qui à l’époque était déjà mort depuis longtemps. Tant la mère de Matteo que l’enfant lui-même, une fois sorti du coma, déclarèrent avoir eu une vision de Padre Pio. Le petit se rétablit, sortit de l’hôpital et se remit complètement, contre toute attente.

Beaucoup furent aussi les prophéties qu’on lui attribue, dont la plus connue fut probablement celle qui impliqua Karol Wojtyla, futur Pape Jean-Paul II. En 1947, Padre Pio le rencontra et prédit son ascension au Siège pontifical, mais aussi le terrible attentat dont il aurait été victime. Il n’y a pas toutefois des preuves qui attestent que le Pape recueillit cette prédiction.

Cinquante ans après sa mort, Padre Pio de Pietrelcina fait toujours l’objet d’une dévotion populaire surprenante, mais aussi de doutes et de critiques, qui ne jettent toutefois aucune ombre sur l’amour inconditionnelle de ceux qui croient et confient en lui et sur les nombreuses questions liées à son expérience extraordinaire d’homme et de prêtre.

L’ordre des Capucins

Il est impossible de parler de Padre Pio sans mentionner, ne serait-ce que brièvement, les frères mineurs capucins, l’ordre religieux auquel il appartenait. Il s’agit d’un des soi-disant Ordres mendiants, né suite à l’expérience et au modèle offert par Saint François. Suivant l’exemple de Saint François, les Capucins prêchaient en particulier le retour à la pauvreté absolue de l’église, une valeur qui, à la date de la fondation de l’ordre, autour de 1520, avait été un peu perdue. Ce fut Matthieu de Baschi, un franciscain, qui recueilli autour de lui quelques confrères qui partageaient sa pensée et son aspiration à revenir à une vie humble, simple, faite de prière, d’ermitage et de service aux pauvres et aux nécessiteux.

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Statue Saint François en fibre de verre 170 cm

De Baschi et les siens n’étaient toutefois pas des subversifs. Ils voulaient uniquement pouvoir conduire leur existence humaine et spirituelle selon les principes de la pauvreté. Pour cela faire, ils cherchèrent au début l’hospitalité des moines Camaldules, desquels ils tiennent leur robe à la capuche typique dont ils tireront ensuite leur nom. Ensuite, ils obtinrent la permission de vivre comme ermites, dans la pauvreté et en prêchant aux pauvres, et purent se désigner comme Frères mineurs ermites, grâce à la note d’approbation  « Religionis Zelus » qui leur fut accordé par Pape Clément VII en 1528. L’ordre continua de s’agrandir entre 1600 et 1700 avec la naissance de nombreux couvents, surtout en France, mais aussi dans les missions. Les Capucins se révélèrent en effet de grands prêcheurs et, en vertu de ce talent, furent envoyés comme missionnaires un peu partout, en faisant beaucoup de prosélytes.

Aujourd’hui, les Capucins appartiennent aux trois ordres masculins qui font partie de la Famille Franciscaine : les Frères Mineurs, les Frères Mineurs Conventuels et, justement, les Frères Mineurs Capucins. La Famille Franciscaine est la famille spirituelle la plus nombreuse et la plus variée de l’Église. Elle regroupe frères, sœurs et séculiers unis par le charisme de Saint François d’Assise et par la volonté de vivre selon ses préceptes de pauvreté, obéissance et chasteté. En latin, l’Ordre des Capucins est appelé Ordo fratrum minorum capuccinorum, dont l’acronyme O.F.M.Cap. est encore utilisé aujourd’hui dans certains contextes. En plus de la robe et de la capuche, les Capucins ont « hérité » des Camaldules la tradition de porter la barbe. Encore aujourd’hui, les Capucins se caractérisent par une barbe longue et sauvage, par le typique habit marron clair avec une grande capuche sur les épaules et par un cordon en guise de ceinture.

Les raisons qui ont fait en sorte que les frères Capucins aient obtenu une telle fortune et bienveillance du peuple, mais aussi, avec le temps, des hiérarchies ecclésiastiques, sont le choix de conduire une vie simple et pauvre, vouée à la contemplation et à la prière ; leur habilité de prêcheurs en vertu d’une profonde empathie, qui leur permettait de se mettre en contact direct avec les personnes, même les plus simples et les plus ignorantes, en conduisant le dialogue spirituelle sur un plan compréhensible et accessible à tous, lié aussi aux questions immanentes, aux problèmes, aux besoins ; la volonté d’être proches des personnes, de les aider même dans les difficultés matérielles, d’être des « frères du peuple », frères du monde.

Encore aujourd’hui, le point fort de cet Ordre, outre l’austérité et la sainteté de leur vie, est leur capacité à s’insérer entre les mailles du tissu locale avec une série d’initiative vouées au bien-être de la communauté. Leur service n’est pas seulement de l’apostolat religieux, mais également social, avec des réalités tournées vers le soin et le bien-être des fidèles, aux œuvres de charité et ainsi de suite. Une prière donc solitaire ou partagée avec les frères et les fidèles, mais aussi la prédication, les confessions (Padre Pio en est un exemple, vu le nombre impressionnant de confessions qu’on dit qu’il ait recueilli pendant sa vie – on parle d’environ six cent milles), les groupes de prière, l’écoute et la guidance spirituelle, souvent liés aussi aux paroisses et aux églises locales, l’aide aux malades et aux détenus, aux toxicomanes, aux pauvres, mais aussi aux jeunes. Très nombreuses sont les associations et les confréries liées aux Frères Capucins et dédiées à des activités bénévoles et d’assistance partout dans le monde. L’activité des missionnaires à l’étranger n’a pas cessé non plus, que ce soit en tant que support pratique (nourriture, médicaments, soins), qu’en tant qu’apostolat spirituelle en Afrique, en Asie et en Amérique.

Padre Pio et sa prière préférée

Padre Pio et sa prière préférée

Padre Pio est une figure qui a été très controversée et longuement discutée dans l’Église catholique. Même après sa canonisation, qui eut lieu le 16 juin 2002 par Pape Jean-Paul II, son nom a continué de partager l’opinion publique entre ceux qui reconnaissent sa sainteté…

Prêtre, frère et moine : trois termes que l’on confond souvent

Prêtre, frère et moine : trois termes que l’on confond souvent

Nous avons souvent tendance à confondre entre eux les termes prêtre, moine et frère. Une confusion légitime, puisque ces trois figures de religieux ont beaucoup de choses en commun et que souvent les différences qui les distinguent sont incertaines. Sans compter qu’un moine ou un…

La Neuvaine à Saint Benoît

La Neuvaine à Saint Benoît

Le 11 juillet c’est la fête de Saint Benoît de Nursie.

En réalité, cette date n’est qu’une parmi plusieurs jours dédiés au Saint ombrien, fondateur de l’ordre des Bénédictins et créateur de ladite Règle, qui influença la vie et l’expérience spirituelle de toutes les communautés monastiques qui viendront après lui.

Le 11 juillet est le jour où l’Église catholique fête Saint Benoît en tant que Saint Patron d’Europe. Un autre jour dédié au Saint et célébré en particulier par les congrégations religieuses qui lui sont liées est le 21 mars, anniversaire de sa mort.

Saint Benoît vécut pendant la deuxième moitié du V siècle. Il s’approcha très tôt à la vie religieuse. À 12 ans à peine, il fut envoyé de Nursie, sa ville natale, à Rome afin qu’il puisse y accomplir ses études et il resta tellement dégouté par la décadence des coutumes, de la vie dissolue qui animait la ville, qu’il préféra refuser les études et l’héritage paternel pour se retirer vivre avec sa gouvernante dans la vallée de l’Aniene. C’est dans la maison de sa gouvernante qu’il accomplit, encore jeune garçon, son premier miracle en réparant un plateau cassé en mille morceaux par la servante. Ensuite, en se rendant à Subiaco, il tomba sur Romano, un moine qui vivait en solitude, et qui l’initia à la vie érémitique. Mais même si Saint Benoît appréciait l’isolement et la vie contemplative, il sentait que cela n’était pas la manière dont il voulait servir Dieu. En effet sa Règle se détachera de manière révolutionnaire du style de vie isolé et ascétique commun à la plupart des religieux de l’époque.

Saint Benoît voulut associer à la prière solitaire celle communautaire, partagée avec les Frères à chaque instant de la journée, pendant les repas, pendant les célébrations, exprimée également à travers le chant (les chants grégoriens acquièrent une très grande impulsion à ce moment-là). A cette prière collective, il unit le travail, en le désignant comme une autre manière pour adorer Dieu et pour l’honorer. En particulier, Saint Benoît se référait au travail des copistes, qui copiaient et transcrivaient les textes sacrés, mais sa Règle incluait chaque type de travail utile à la communauté.

Plus de mortification de la chair, de jeûnes, de privations, d’années d’isolement donc, mais un nouveau moyen d’être au service de Dieu et de la communauté religieuse, fait de prière et de travail dans un équilibre physique et mental apte à apporter la paix et la complète réalisation de son équilibre intérieur. Ce n’est pas un hasard si Saint Benoît comparait le monastère à une école qui devait enseigner à ceux qui y entraient la voie du salut. En vivant selon les règles du monastère, chacun acquérait le mérite nécessaire pour  faire partie du règne de Christ.

La Règle de Saint Benoît, donc, revendique l’importance de la prière, mais aussi de la valeur humaine, commandée par une bonne discipline, par une conduite morale irréprochable, par la pitié réciproque et par l’obéissance à l’abbé, amènent le fidèle à servir Dieu de la meilleure des manières. Il affirma qu’il souhaitait fonder une « école du service du Seigneur, dans laquelle nous ne souhaitons commander rien de dur ou de rigoureux ».

Pour Saint Benoît ce ne fut pas facile d’élaborer sa Règle et encore moins l’imposer aux moines. Sa première fonction d’abbé à Vicovaro finit avec une tentative d’empoisonnement de la main de certains moines, résistants aux règles et à la discipline. À Subiaco, l’expérience fut par contre plus concluante et il réussit à créer une première communauté religieuse de jeunes dévoués et respectueux de ses commandements. La Règle de Saint Benoît connut ensuite sa consécration à Mont-Cassin dans le monastère qu’il fonda et où il vécut jusqu’à sa mort.

Saint Patron de l’Europe

Saint Benoît
Saint Benoît coloré Val Gardena

Mais pourquoi Saint Benoît fut proclamé Saint Patron de l’Europe ? Pourquoi son modèle de vie monastique, sa Règle, contribua à offrir à l’Europe du Moyen Âge, déchirée par les invasions barbares, par la décadence inévitable de l’Empire romain, avec ses modèles et ses lois, un nouvel exemple de vie et de civilisation. Les très nombreux lieux de prière et de culture nés selon son enseignement, les monastères et les centres d’hospitalité pour les pauvres et les malades, les structures de réception pour les pèlerins offrirent aux hommes et aux femmes de cette époque sombre des véritables phares de lumière, d’oasis de paix et de rationalité, où trouver protection, sécurité et cette confiance dans le genre humain qui n’enlève rien à la foi et à la dévotion envers Dieu, mais qui au contraire enrichit l’expérience religieuse justement en investissant davantage dans le potentiel humain.

Un Humanisme chrétien, si l’on veut, et exactement pour cela encore plus fort et précieux dans sa reconnaissance de Dieu et de l’homme comme son instrument. La Parole de Dieu, lue et comprise, la prière solitaire et commune, le travail entrepris avec charité fraternelle et avec la volonté de s’entraider les uns les autres, offrent un modèle de vie non seulement pour les moines, mais pour tous ceux qui veulent conduire leur existence dans le nom de Dieu. À la moitié du XX siècle, l’Europe était réduite en cendres par les deux guerres mondiales, dévastée par la violence, par d’innombrables morts, par la chute des grandes et illusoires idéologies politiques et sociales, par l’anéantissement des valeurs et de la morale, perpétré par beaucoup, trop d’années. Les gens sentaient le besoin d’un nouveau modèle éthique et spirituel auquel se fier. Un modèle nouveau, mais qui faisait référence à la tradition, aux origines même de la civilisation Occidentale telle que nous la connaissons. La Règle de Saint Benoît sembla à beaucoup comme la solution la plus souhaitable.

Déjà Pape Pie XII en 1947 reconnut au Saint le rôle de Père de l’Europe et, ensuite, le 24 octobre 1964, pendant la consécration de la nouvelle basilique de Mont-Cassin, reconstruite après avoir été détruite par les bombardements des alliés, Pape Paul VI déclara Saint Benoît Saint Patron de l’Europe. Son modèle de vie et de parcours humain et spirituel peut encore aujourd’hui illuminer notre chemin, nous offrir une direction vers laquelle diriger nos pas, en tant qu’hommes et chrétiens, en tant que dignes membres de la communauté religieuse, mais aussi en tant que citoyens de l’Europe responsables et conscients du fait que, en travaillant ensemble, en croyant dans les mêmes valeurs et en faisant un effort chaque jour afin de les réaliser, nous pouvons arriver beaucoup plus loin.

Le culte et les symboles

La vie et l’exemple de Saint Benoît de Nursie le rendirent protagoniste de nombreuses formes de dévotion populaire, alors qu’il était encore en vie.

médaille d'or saint béni
Croix pendentif,médaille S.Benoit

Il suffit de penser à la diffusion de la Médaille de Saint Benoît, un des symboles sacrés les plus répandus et les plus aimés par les fidèles. Porter un collier avec la Médaille de Saint Benoît n’est pas uniquement un moyen de se protéger du mal sous ses formes les plus sournoises et les plus terribles, mais surtout un moyen pour revendiquer la présence de Dieu à nos côtés à chaque instant. C’est en effet Jésus qui opère à travers la médaille avec son immense pouvoir pour garantir son soutien à qui croit et confie en lui à chaque geste et à chaque instant.

Pape Benoît XIV en 1742 concéda l’indulgence à tous ceux qui portaient la médaille avec connaissance de cause. Mais pas seulement : la médaille fut considérée comme l’un des instruments d’exorcisme les plus puissants dans l’absolu. En effet, sur elle, en plus de l’effigie du Saint qui tient en main sa Règle, sont gravées aussi les initiales des mots d’une puissante prière qui a le pouvoir de chasser le diable et de le garder à distance de ceux qui portent la médaille et croient en son pouvoir de protection.

Mais, en général, l’image du Saint de Nursie est aimée et ne se trouve pas uniquement dans les lieux de culte, mais partout. Des statues de Saint Benoît décorent les églises et les monastères dans le monde entier, surtout depuis que Pape Paul VI en 1964 le proclama Patron de l’Europe. Une reconnaissance importante pour un Saint qui sut enseigner à ses frères à servir l’Église avec le corps, l’esprit et avec chaque don que Dieu avait voulu leur concéder.

La Neuvaine de Saint Benoît

Un autre moyen pour exprimer sa dévotion à Saint Benoît est de réciter sa Neuvaine.

La Neuvaine peut être récitée à chaque moment où l’on souhaite recevoir le soutien de Saint Benoît et sa protection, mais, en général, elle est prononcée entre le 12 et le 20 mars afin de commémorer sa mort advenue le 21 mars, ou bien entre le 2 et le 10 juillet pour célébrer la consécration à Saint Patron de l’Europe le 11 juillet. Elle peut être récitée seuls ou en famille et ils en existent différentes versions, élaborées au cours des siècles par les fidèles dévoués au Saint. Il suffit de choisir celle qui s’approche le plus de notre sensibilité et la plus adaptée au temps que nous pouvons lui dédier. Elle se révélera en tout cas un exercice spirituel efficace et puissant.

Dix règles à suivre quand on prie

Dix règles à suivre quand on prie

Index1 Prier est bien plus que réciter des formules, répéter des mots, entonner des litanies2 Prier est rencontrer Dieu Père3 Prier est aussi Silence4 Être pauvre devant Dieu5 Prier n’est pas imaginer Dieu, mais communiquer avec Lui6 Prier est écouter Dieu7 La prière est se…

Liturgie des heures : un bref guide pour réciter l’Office Divin

Liturgie des heures : un bref guide pour réciter l’Office Divin

  La Liturgie des Heures nait de l’exhortation de Jésus à prier toujours, tout au long de la journée, afin de sanctifier chaque instant et ne jamais arrêter de glorifier Dieu Père. C’est une façon pour le chrétien de vivre en communion avec Christ à…

Les trois paraboles de la miséricorde

Les trois paraboles de la miséricorde

L’image d’un Dieu miséricordieux revient souvent dans l’Ancien Testament.

La Miséricorde de Dieu s’adresse à toutes les créatures, même celles qui le déçoivent. La justice divine, dans sa sévérité, n’est que l’autre face d’une attente aimante, de la patience sans limites d’un Père infiniment bon qui promet châtiments et punitions, mais qui au fond attend simplement que qui a commis une erreur s’en repentisse et retourne dans ses bras.

L’évangéliste Luc reprend le thème de la Miséricorde divine dans son Évangile avec trois paraboles qui expriment l’amour immense de Dieu pour ses fils, son être toujours prêt à les accueillir, à les pardonner.

Première Parabole : La brebis perdue et retrouvée (Luc 15, 1-7)

« Quel homme d’entre vous, s’il a cent brebis, et qu’il en perde une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve? Lorsqu’il l’a retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules, et, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue. De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance. »

Cette parabole s’adresse aux détracteurs de Jésus, qui critiquaient ses paroles et son œuvre, en particulier sa propension pour les pécheurs, les impurs, auxquels il démontrait une affection et des attentions particulières. Les scribes et les Pharisiens ne comprenaient pas pourquoi Il les accueillait et Il adressait sa Parole à ceux qui étaient considérés par la Loi comme des pécheurs, condamnés par la religion sévère et rigide de l’époque.

La signification de la parabole est simple : le bon pasteur ne s’inquiète pas de son troupeau, s’il est en sécurité, mais il affrontera fatigue et dangers pour retrouver la seule brebis qui s’était perdue. De la même manière, Dieu se réjouira davantage pour un pécheur racheté et retourné dans sa grâce, que pour ceux qui ne l’ont jamais quittée. Quelqu’un pourrait objecter que le berger ne devrait pas abandonner ses quatre-vingt-dix-neuf moutons pour aller en chercher un seul.  Mais Dieu est un pasteur infiniment soucieux pour tous ses moutons et ne sera pas tranquille tant qu’il ne les saura tous sains et saufs. Quand le bon pasteur trouve la brebis égarée, il ne la bat pas, mais il la recueille avec amour sur ses épaules et rentre à la maison tout content d’annoncer la bonne nouvelle à ses amis. Tout comme Dieu se réjouit pour chaque fils perdu et retrouvé, ainsi les chefs de la communauté, les Pasteurs du peuple, doivent aller à la recherche de qui s’est égaré et se réjouir quand ils arrivent à le retrouver, à le ramener au sein de l’Église. La brebis se perd dans le désert, un lieu pavé de dangers, où le diable a l’habitude mettre les hommes à l’épreuve, les tenter, faire vaciller leurs certitudes. Le seul moyen pour affronter une menace pareille est de rester ensemble, unis. Le Pasteur         s’assure que tous les autres moutons soient ensemble, de manière à pouvoir se protéger l’un l’autre.

Au temps de Jésus, les bergers étaient considérés quasi comme des parias de la société, humbles parmi les humbles. Jésus se présente comme le Bon Pasteur, dévoué à son troupeau, aimant envers ses moutons, et pourtant courageux, fort, prêt à affronter n’importe quel risque afin de les sauver et les protéger. Dans la joie du Bon Pasteur qui retrouve sa brebis nous comprenons tout l’esprit du Christianisme, l’Amour et la Miséricorde incarnés en Jésus qui peuvent vaincre le mal, et auxquels chaque chrétien devrait aspirer comme modèle et but de vie.

Deuxième Parabole : La drachme perdue et retrouvée (Luc 15, 1-10)

« Ou quelle femme, si elle a dix drachmes, et qu’elle en perde une, n’allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu’à ce qu’elle la retrouve? Lorsqu’elle l’a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et dit: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue. De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. »

 Cette parabole aussi est adressée à qui ne comprenait pas la volonté de Jésus de dédier temps et énergies aux pécheurs, à ceux qui étaient considérés par tout le monde comme des impurs, perdus. La femme protagoniste de la parabole a d’autres monnaies, et pourtant elle n’hésite pas à se dédier corps et âme à la recherche de la seule drachme perdue, en allumant des bougies, en retournant toute la maison jusqu’à ce qu’elle la trouve. Tout le reste perd d’importance, passe en deuxième plan, car il n’y a rien de plus précieux, rien de plus important que de retrouver cette seule petite monnaie perdue. Et quand pour finir elle la retrouve, alors la fête est grande, avec les amies et les voisines.

Chaque monnaie est précieuse en soi, peu importe combien on en possède : chacune est un trésor inestimable. Pour Dieu aussi c’est la même chose : chaque homme est un bijou précieux, un trésor inestimable, et pour le sauver Il est prêt à mettre de côté tout le reste, peu importe qu’il s’agisse d’un ingrat, d’un pécheur. Au contraire, il s’appliquera d’autant plus pour le chercher et le ramener dans sa Maison, dans son Cœur !

La Miséricorde de Dieu veille sur nous tous, constamment. La perte d’un seul homme est pour Lui une défaite immense. Alors il s’active pour nous retrouver, nus, apeurés, seuls, dans les ténèbres, et quand il nous retrouve, tout ce qu’il désire c’est de faire la fête, de nous accueillir comme ses fils bien-aimés. C’est pour « retrouver » les hommes perdus que Jésus s’est immolé sur la croix. L’amour et la miséricorde de Dieu trouvent dans ce acte leur plein accomplissement et leur glorification.

Troisième Parabole : Le fils prodigue (Luc 15, 11-32)

« Il dit encore: Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les pourceaux. Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. Étant rentré en lui-même, il se dit : Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes mercenaires. Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. Le fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe, et l’en revêtez ; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds. Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous ; car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir. Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu’il revint et approcha de la maison, il entendit la musique et les danses. Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c’était. Ce serviteur lui dit : Ton frère est de retour, et, parce qu’il l’a retrouvé en bonne santé, ton père a tué le veau gras. Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d’entrer. Mais il répondit à son père : Voici, il y a tant d’années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c’est pour lui que tu as tué le veau gras! Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi ; mais il fallait bien s’égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, parce qu’il était perdu et qu’il est retrouvé. »

imprimer sur le bois le fils prodigue Rembrandt
Impression sur bois Fils Prodigue de Rembrandt

 La troisième parabole de la Miséricorde propose de nouveau le concept de Dieu qui cherche et retrouve celui qui était perdu, en l’accueillant dans sa Grâce, mais surtout exprime l’amour incommensurable et intact de Dieu pour son peuple. Malgré le fait que Dieu soit représenté dans des nombreuses pages de l’Ancien et du Nouveau Testament comme un Père Miséricordieux, cette parabole nous offre surement l’exemple le plus tangible et essentiel de sa Miséricorde. Le père protagoniste aime ses deux fils, le judicieux qui travaille et qui ne l’abandonne pas et le débauché qui prétend avoir son héritage et le dilapide en vices et divertissements.

Les deux fils, si différents l’un de l’autre, représentent les justes et les pécheurs. Aux yeux du père, dans son cœur, ils ont la même valeur. Ou mieux, le fils qui a péché, qui s’est perdu, a presque une plus grande valeur, et son retour est une fête incommensurable. Mais il n’existe pas de préférences, ni de rivalité : nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu Père, qui nous aime de la même manière, malgré nos limites, malgré nos erreurs. Le fils aîné, qui travaille chaque jour, n’est pas moins perdu que son frère cadet, car son cœur s’est endurci, sa capacité d’éprouver de l’amour s’est dépérie, tant qu’il a éprouvé du ressentiment quand il a vu son père accueillir avec joie et amour son frère.

Voici le risque que l’on court nous aussi, quand nous croyons être justes et nous nous permettons de juger les autres. Nous nous élevons au rang de juges et nous perdons la capacité de pardonner, et nous nous émerveillons si Dieu agit différemment. Vivre en respectant la loi, en se conformant aux règles est juste, mais ce n’est pas tout. Au contraire, le Diable peut nous tromper, en nous faisant croire que notre être obéissant est la bonne manière d’être chrétiens. Mais ce n’est pas ainsi. L’Amour et le Pardon doivent être les règles les plus importantes, celles au nom desquelles il est juste de transcender n’importe quelle autre règle, n’importe quelle autre loi. Jésus est mort pour nous en accomplissant le plus grand geste d’amour et le plus solennel acte de justice qui puisse être conçu. Nous devons apprendre à être miséricordieux et à pardonner. La voici la leçon la plus importante.