Auteur/autrice : Redazione

Curiosités sur le mariage : comment fête-on le mariage dans le monde

Curiosités sur le mariage : comment fête-on le mariage dans le monde

Il vous est déjà arrivé de vous demander comment fête-t-on le mariage dans le reste du monde ? Certes, dans notre pays il y a des coutumes qui trouvent leurs racines dans les siècles passés, mais il serait tout de même intéressant de découvrir les…

Hosties pour cœliaques : un peu de clarté

Hosties pour cœliaques : un peu de clarté

Le monde moderne a la capacité de tout mettre en discussion. Des traditions séculaires, des gestes répétés pedant des millénaires, par d’innombrables générations d’hommes, même des rituels codifiés dans le temps et restés invariés depuis toujours demandent à être modifiés, ajustés aux nécessités des hommes…

Les saints et les saintes qui ont changé le monde

Les saints et les saintes qui ont changé le monde

L’Histoire de l’Europe et de l’Occident comme nous le connaissons passe à travers une série continue de subversions politiques, de profonds changements sociaux, de révolutions économiques et idéologiques. L’étude de tous ces phénomènes est à la base de la compréhension historique et devrait également être le cœur et le moteur de notre conscience d’être les habitants d’une portion de monde qui s’est définie au cours des siècles, en évoluant et en se transformant en vertu de la pensée et des actions des hommes qui l’ont peuplée.

Dans cette vision historique, mais surtout dans cette prise de conscience des hommes d’aujourd’hui concernant ceux qui sont venus avant eux et qui ont défini les règles du monde dans lequel nous vivons, il ne peut surement pas manquer une réflexion sur une série de figures de saints et de saintes qui ont laissé une profonde empreinte non seulement dans les questions strictement liées à l’Église et à la foi, mais aussi dans l’histoire de la pensée, dans l’évolution de la société, dans les événements politiques, économiques et humains. Il s’agit d’hommes et de femmes avec une force spirituelle surprenante, d’une foi inébranlable, et qui, au nom de cette foi, ont sacrifié leur propre existence, en renonçant à toute autre chose, en se pliant uniquement à la volonté de Dieu, au bien des frères. Pourtant, en voulant dresser une liste de ces magnifiques personnalités, de ces modèles de comportement humain, civile et religieux, nous ne pouvons pas nous attarder uniquement sur les martyres, sur ceux qui ont dédié leur propre vie à la foi.

Nous devrions nous attarder en particulier sur les forces spirituelles et les personnalités charismatiques qui ont contribué à la christianisation de l’Europe et à la naissance de la société occidentale. Les saints et les saintes qui ont fait du Christianisme quelque chose de vivant et de concret, qui dépasse le concept abstrait de religion ou de philosophie. Au nom d’un Dieu devenu homme, ils ont pris les armes de l’Amour et de la Charité, en en faisant des instruments d’une révolution spirituelle et humaine profonde, bouleversante, comme il est typique de toute révolution. En se manifestant sous forme de création de nouvelles façons de concevoir le monachisme, ou d’entrer en relation avec la pauvreté et avec les derniers parmi les derniers, ou encore de traduire les messages du Saint Esprit, en les rendant compréhensibles et acceptables pour tous, ces révolutions ont permis à ces hommes et à ces femmes de regrouper des populations différentes, variées, déconnectées, et de les unir sous les auspices d’une seule croyance, d’une seule foi, d’une seule conception de Dieu et de la religion catholique. Leur modèle de vie et leur exemple ont relevé l’humanité de la misère que des siècles de guerres, d’invasions et de décadence avaient mis à dur épreuve. Grâce à eux, le Christianisme a assumé le rôle et l’immense valeur d’un phare resplendissant érigé pour éclairer des siècles d’obscurité et d’incertitude.

Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, plus que jamais, notre monde a besoin de sainteté dans la décadence renouvelée des coutumes et des valeurs dans laquelle se trouve tout le genre humain, dans les paradoxes incontestables désormais élevés au rang de la normalité, universellement donnés pour acquis. Dans une époque dominée par le progrès, par la philosophie du profit à tout prix, on sent le manque de figures d’hommes et de femmes capables de remettre tout en discussion, à partir de leur personne, et de bouleverser le monde avec leur capacité d’aller au-delà, de s’ériger au-dessus du marasme, du chaos, de la rapidité vertigineuse, pour nous obliger à réfléchir, à penser, à aimer, et pour montrer à tous les autres ce qui est encore possible.

Nous souhaitons rédiger une liste de saints et de saintes qui ont changé le monde et qui, pour cela , suivirent l’exemple présenté par Marina Motta, sœur et érudite, dans le livre « Europe charismatique. Comment les saints ont révolutionné l’histoire de l’Occident » (titre original : « Carismatica Europa. Come i santi hanno rivoluzionato la storia dell’Occidente », livre édité par Città Nuova). Dans ce livre, l’autrice présente une galerie de portrait d’hommes et de femmes surprenants par leur autorité morale, leur force spirituelle et par l’impact que leurs choix et leurs actions ont eu sur la naissance de l’Europe et de la civilisation occidentale. L’érudite prend ainsi en exemples Saints Cyrille et Méthode, deux frères dévots et savants, qui ont fourni un point de rencontre entre Orient et Occident, en amenant l’évangélisation aux peuples slaves ; Saint Benoît de Nursie, créateur d’une nouvelle façon de dédier sa vie à Dieu avec sa Règle ; Saint François et Sainte Claire, qui ont amené les hommes d’église parmi le peuple afin d’y pratiquer la charité. Mais il y a aussi les mystiques qui ont écrit ce que le Saint Esprit leur suggérait, comme Hildegarde de Bingen, les jésuites qui avec leur activité de missionnaires ont répandu le message évangélique dans le monde entier, et ainsi de suite. Pas seulement des hommes et des femmes en tant qu’individus donc, mais aussi des mouvements et des ordres religieux qui ont façonné la culture et la société, influencé la politique, redirigé l’histoire, forts de leur propre foi, de leur convictions et de leurs incroyable charge humaine et spirituelle.

croce san benedetto incrustation de prestige
Croix de St. Benoît

Saint Benoît (480-547)

Fondateur de l’ordre des Bénédictins et considéré comme le père du monachisme occidental, il fut l’initiateur d’une nouvelle conception de la vie monastique. Son amour pour Dieu, son désir de vivre dans Sa contemplation et à Son service se traduisirent au début par une expérience de vie érémitique, mais il fut bientôt amené à créer une communauté d’hommes partageant la même aspiration spirituelle, la charité fraternelle. De cette façon, il sut puiser dans l’héritage de la tradition monastique et érémitique orientale, en y unissant les valeurs du monde latin, qui risquaient d’être perdues à cause des invasions barbares et du déclin de l’Empire romain. De son exemple et en suivant sa Règle, naquirent de nombreux centres de prière, mais aussi de culture et d’assistance aux pauvres. Dans ces lieux, on pratiquait la prière solitaire et communautaire, à laquelle venait s’ajouter le travail pour le bien de la communauté, dans un climat de joie et d’entraide. La solitude de l’ermite se transforma ainsi dans une communion d’hommes avec leurs intentions, leur force, leur foi, qui fournirent un exemple de grand impact et force pour toute l’humanité de l’époque et des siècles à suivre.

Saints Cyrille et Méthode

Cyrille et Méthode étaient deux frères nés à Thessalonique au début du IX siècle. Par ordre du Patriarche de Constantinople, ils partirent pour évangéliser les peuples de la Pannonie et de la Moravie, en traduisant les Saintes Écritures en glagotique, un dialecte créé exprès par les deux frères afin de les rendre compréhensibles à tous les peuples slaves. De cette manière, ils offrirent la possibilité aux populations auprès desquelles ils accomplissaient leur œuvre d’évangélisation de comprendre et de s’approprier de la Parole de Dieu. Leur mission et leur sacrifice créèrent un pont entre Orient et Occident destiner à se renforcer au cours des siècles.

Saint Dominique (1170-1221)

Saint Dominique de Guzman fut un religieux espagnol, fondateur de l’Ordre des frères Prêcheurs. Il professa un style de vie voué à la prière, à l’étude, à la charité et à la pauvreté, et fit don de tous ses biens, y compris les livres auxquels il était particulièrement attaché en tant que savant, afin d’aider les pauvres qui mourraient de faim. Son zèle apostolique et son esprit de sacrifice se manifestèrent surtout dans sa façon de s’ériger contre les hérésies cathare et vaudois. Nombreux furent les hérétiques qu’il convertit.

saint francois
Saint François d’Assisi, debout Francesco Pinton 38 cm

François d’Assise (1181 ou 1182-1226)

Saint François d’Assisse sut prévoir avec une incroyable prévoyance et lucidité ce qu’aurait été l’évolution de l’Église au cours des siècles, la diffusion du message évangélique, la foi qui parcours les chemins du monde qui, à son époque, était petit, mais dont il percevait la grandeur, la variété. Son amour pour Jésus et pour l’Église l’amena à renoncer à tout, en dédiant sa vie à la prière, au travail, à la prédication. Voué à la pauvreté, il y souhaitait un retour pour l’Église entière, selon l’exemple de Christ et si d’un côté cela le rendit impopulaire aux yeux de certains de ses contemporains, de l’autre on s’aperçoit de la modernité exceptionnelle de sa pensée et de sa vision. Dans cette dimension de pauvreté et de sacrifice, il voulut suivre la voie de Jésus, qui savait reconnaître dans chaque frère souffrant et nécessiteux. Son message d’amour et de fraternité est arrivé jusqu’à nous avec une intensité et une clarté surprenantes. Nous lui devons la fondation des ordres mendiants, qui partagent le vœux de pauvreté et la pratique de la récolte des aumônes comme seule et unique forme de subsistance.

Claire d’Assise
Statue bois Sainte Claire avec ostensoir peinte

Claire d’Assise (1193-1253)

Disciple de François, elle en suivit l’exemple, en renonçant à une vie confortable et heureuse afin de se sacrifier au nom d’un idéal de pauvreté et de service aux malades et aux nécessiteux. Sa conviction en ce sens fut tellement inébranlable, malgré les nombreuses tentatives de la ramener à un style de vie plus adéquat à une jeune femme, qu’à la fin elle obtint du Pape le privilegium paupertatis, c’est-à-dire la faculté de pouvoir choisir de ne posséder aucune propriété. Sur cette imposition auto-induite Claire écrit sa Règle et elle fut la première femme à accomplir un tel exploit. Sa Règle fut également garantie à ses camarades, mais pas aux sœurs qui virent ensuite. Elle représente toutefois un précédent de remarquable impact social et philosophique.

Hildegarde de Bingen
Chapelet de dévotion de Sainte Brigitte

Hildegarde de Bingen (1098-1179)

Une autre femme qui représenta une figure de proue pour la spiritualité médiévale fut Hildegarde de Bingen, mystique et théologienne, savante et femme d’une immense connaissance. Elle transcrit ses nombreuses visions, au début sous forme de notes et ensuite de nombreux livres. Mais elle ne se limita pas à devenir un instrument du Saint Esprit, « trompette de Dieu », comme elle se définissait par elle-même. Elle nous laissa de nombreux textes de théologie, philosophie, morale, hagiographie, science, médecin, cosmologie. Elle fut aussi une poétesse délicate et une musicienne d’une grande sensibilité. De nombreuses personnalités de l’époque, culturelles, mais aussi politiques, s’adressèrent à elle pour demander conseil, et avec beaucoup d’entre eux Hildegarde entretint un dense échange épistolaire. Une femme d’une grande envergure et charisme, qui laissa une empreinte indélébile dans l’évolution de l’Église et du savoir, mais aussi dans l’histoire de son temps.

Sainte Brigitte de Suède (1303-1373)

Sainte Brigitte, religieuse et mystique suédoise, fondatrice de l’Ordre du Très Saint Sauveur, est, ensemble avec Sainte Catherine de Sienne et Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, une des saintes patronnes de l’Europe. Mystique et porte-parole de Dieu, vouée à l’ascétisme et à la vie contemplative, elle reçut de nombreuses révélations de Jésus, de la Vierge Marie et de certains saints et elle les dicta à ses pères spirituels. Elles concernaient souvent des événements historiques contemporains ou futurs, et cela lui valut une réputation remarquable. À travers ses révélations, souvent Sainte Brigitte condamnait les autorités religieuses et politiques, en promouvant avec ferveur un retour à une vie plus chrétienne. Sa prédication pour ramener à nouveau la Papauté d’Avignon à Rome, son intention de réformer l’Église en la reconduisant à une majeure intégrité et moralité, la rendirent une figure moderne, de grande force et envergure.

Sainte Catherine de Sienne
Sainte Catherine 160 cm fibre de verre colorée

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

Religieuse, théologienne, philosophe et mystique, Sainte Catherine partagea son existence entre le service aux pauvres et aux malades, un authentique moyen selon elle pour trouver Dieu, et l’activité de savante, qui se concrétisa avec une intense correspondance adressée au Pape et aux autres puissants de son temps, dans la rédaction des Oraisons et du « Dialogue, Traité de la Divine Providence », un des chefs d’œuvre de la littérature mystique médiévale. Cela résulte encore plus surprenant si l’on tient compte qu’elle n’avait aucune culture. Vouée depuis sa jeunesse à une vie ascétique, à vingt ans elle eut une vision dans laquelle elle reçut de Jésus l’alliance du mariage mystique. Attentive à tout ce qui se passait autour d’elle, aux événements historiques qui bouleversaient le monde, elle identifia dans l’Église et dans la Papauté en particulier le salut pour tous les chrétiens et tous les hommes. Ses lettres de réconfort, de conseil et d’exhortation, adressées aux souverains, aux conducteurs et aux souverains, exercèrent un effet incroyable sur de nombreux événements et controverses.

Sainte Jeanne d’Arc (1412-1431)

Jeanne revêtit un rôle fondamentale pendant la guerre de Cent ans et, en général, dans le climat de profonde crise politique causée par le Schisme d’Occident et par les contrastes entre France et Angleterre.

Elle se présenta comme défenseuse de sa terre, envoyée par Dieu, et conduisit l’armée française en bataille. Trahie par son propre roi et laissée entre les mains de l’ennemi, elle fut brûlée sur le bûcher comme hérétique. Son exemple, arrivé jusqu’à nous, témoigne que l’amour pour son propre Pays peut être considéré comme une valeur chrétienne ; qu’il faut toujours lutter pour la vérité et non pas pour le pouvoir ; que combattre est un remède extrême pour résoudre les disputes et mettre fin aux controverses.

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

Mystique et religieuse espagnole, elle fut une des protagonistes de la Réforme catholique, à laquelle elle apporta une profonde contribution grâce à ses écrits. Elle fut également la fondatrice de l’ordre des Carmes déchaux, des sœurs et des frères qui choisissaient de dédier toute leur vie à la prière, ou pour mieux dire de transformer leur propre vie en prière.

Elle fut la première femme reconnue comme Docteur de l’Église et elle a contribué à la rénovation de l’Église en soi, en offrant un nouveau modèle de charité et d’interprétation de l’Évangile, et d’un choix de vie religieuse faite d’austérité et de joie, de rigueur et de solitude, dans une union profonde entre vie mystique et vie apostolique. Son regard a toujours été attentif et orienté vers les besoins de l’Église et ainsi elle prêchait à ses Sœurs.

Sainte Catherine de Gênes (1447-1510)

Appartenant à une noble et influente famille génoise, elle quitta tout suite à une crise religieuse et voua son existence entière à Christ crucifié en tant que manifestation de l’amour de Dieu. Elle poursuivit sa vie en tant que mystique et religieuse avec son mari et est reconnue pour sa miséricorde envers les pauvres et les malades. À travers les œuvres de charité et de miséricorde adressées aux humbles, aux malheureux, aux parias, aux pestiférés, elle vécut l’expérience de l’Amour de Dieu avec un courage et une abnégation absolus.

Sainte Angèle Mérici  (1474-1540)

Fondatrice de la Compagnie de Sainte Ursule, dont les sœurs sont connues sous le nom d’Ursulines, la première congrégation laïque féminine au sein de l’Église, Sainte Angèle s’inquiéta de donner une possibilité à ces femmes qui, ne voulant ou ne pouvant pas se marier, ne sentaient pas spécialement l’envie d’entrer au monastère. Elle créa ainsi les vierges consacrées dans le monde, qui vivaient hors de la protection du couvent, en famille ou à la maison, en restant fidèles à Christ, en conduisant une vie de pénitence et en se maintenant avec leur propre travail.

Saint Camille de Lellis (1550-1614)

Fondateur des Camilliens, Ordre de Clercs Réguliers des Infirmes, consacrés au soin des malade. Après avoir conduit une existence dissolue et sans but, il rencontra Saint Philippe Néri et murit la vocation à l’assistance aux malades après un long séjour à l’Hôpital des Incurables à Rome. Saint Camille dédia le restant de sa vie à soigner et à assister les infirmes et les malades. Ses frères et lui vécurent selon les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, auxquels ils ajoutèrent un quatrième vœux, celui de « perpétuelle assistance corporelle et spirituelle aux malades, même si pestiférés ». Leur devise était : le corps avant l’âme, le corps pour l’âme, l’un et l’autre pour Dieu. Le symbole de la croix rouge qu’ils portaient sur leurs habits devint ensuite le symbole du soin et de l’assistance au prochain.

Saint Vincent de Paul (1581-1660)

Presbytre français, il fut le fondateur de congrégations religieuses vouées aux œuvres de charité et de miséricorde, comme la Congrégation de la Mission (Lazaristes), les Dames de la charité et la Compagnie des Filles de la charité.

Il identifia la vision de Christ pauvre parmi les pauvres et les derniers et il dédia sa vie et sa mission à leur rendre dignité et espoir, la possibilité de se relever de leur condition et de travailler.

Outre le service aux pauvres, Saint Vincent voua son existence à l’évangélisation des campagnes. Dans les deux cas, il faisait en sorte de s’adresser aux gens de manière simple, claire, pour qu’ils puissent comprendre et il ne manquait jamais de prêter attention à leurs exigences matérielles. Un autre de ses objectifs fut la formation de prêtres capables de tenir leur rôle tant comme ambassadeurs de l’Évangile que comme un appui réel et pratique aux nécessiteux.

Saint Alphonse Marie de Liguori (1696-1787)

Saint Alphonse fut évêque et fondateur de la Congrégation du Très Saint Rédempteur. Homme intelligent et studieux, il poursuivit une carrière d’avocat avec de brillants résultats avant de se convertir et de dédier sa vie à l’église. Il écrit des œuvres littéraires et théologiques et fut également un compositeur de mélodies devenues célèbres, comme le chant de Noël Tu scendi dalle stelle. Théologien attentif à la morale, mais aussi conscient des limites des hommes, il s’intéressa à la cause des humbles, de ceux qui avaient été abandonnés par tout le monde. À l’activité caritative, il ajouta celle de formation des prêtres et des catéchistes, en diffusant avec son éloquence simple et concrète la nécessité d’alimenter l’Église, en la renouvelant à partir de ses fondations afin de la ramener à une dimension liée davantage à Christ et davantage soumise à la volonté du Père.

Saint Jean Bosco (1815-1888)

Religieux et pédagogue, Don Bosco dédia sa vie en particulier à l’éducation et au soin des jeunes, surtout les plus défavorisés, en intervenant dans leur jeune âge afin d’en faire des adultes conscients et pieux. Pour les éduquer, il se servait de raison, religion et bonté, là où auparavant les seuls instruments pédagogiques considérés comme valables étaient la rigueur et l’autorité. Une éducation basée sur l’amour, le respect, la joie, sur un modèle de vie à fournir aux jeunes. Considéré comme un « saint sociale », il fonda les congrégations des Salésiens et des Filles de Marie-Auxiliatrice.

Charles de Foucauld
Tapisserie Charles de Foucauld 40×30 cm

Charles de Foucauld (1858-1916)

Après une existence de débauche et après avoir voyagé en tant qu’explorateur au Maroc, Charles De Foucauld découvrit sa vocation. Son message et sa mission dévinrent à partir de ce moment-là l’amour universel, un concept de fraternité et de charité qui réunissait toutes les civilisations. Il se considère comme « frère de tous » et il vivait comme tel, en dispensant miséricorde, en diffusant un message d’amour et de tolérance parmi les nomades du désert et partout où ses voyages d’évangélisation l’amenèrent.

Sainte Thérèse de Lisieux  (1873-1897)

Connue aussi avec le nom de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Thérèse Françoise Marie Martin fut une religieuse carmélite et une mystique. Sainte patronne des missionnaires et de France, elle fut la créatrice de la théologie de la « petite voie ». Thérèse proposait la recherche de la sainteté à travers des petits gestes quotidiens, accomplis dans l’amour de Dieu. Son abnégation et son abandon total à la volonté du Père furent sa façon d’être proche de Jésus. En plus de la prière, la foi et le silence, les privations, qui la conduisirent à la maladie et à la mort, ses instruments furent la solidarité et la charité envers le prochain.

Edith Stein, Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)

Sainte Patronne de l’Europe avec Catherine de Sienne, Brigitte de Suède, Benoît de Nursie et Cyrille et Méthode, Edith Stein a été une religieuse, mais aussi une philosophe disciple de Husserl et une féministe ante litteram. D’origine juive, elle fut une théologienne et mystique et, en tant que religieuse carmélite, elle dédia sa vie à Marie. Son martyr à Auschwitz en a fait un personnage emblématique, symbole d’une époque d’horreurs, mais également de profondes mutations spirituelles et philosophiques, dont elle a été protagoniste et partisane.

Padre Pio et l’ordre des Frères Mineurs Capucins

Padre Pio et l’ordre des Frères Mineurs Capucins

Qu’est-ce qui rend Padre Pio, connu aujourd’hui comme Saint Pio de Pietrelcina, un personnage si vénéré et célébré déjà pendant son existence et, pourtant, également si controversé ? La vénération populaire dont il fait l’objet depuis les années de sa jeunesse est probablement due à…

Padre Pio et sa prière préférée

Padre Pio et sa prière préférée

Padre Pio est une figure qui a été très controversée et longuement discutée dans l’Église catholique. Même après sa canonisation, qui eut lieu le 16 juin 2002 par Pape Jean-Paul II, son nom a continué de partager l’opinion publique entre ceux qui reconnaissent sa sainteté…

Prêtre, frère et moine : trois termes que l’on confond souvent

Prêtre, frère et moine : trois termes que l’on confond souvent

Nous avons souvent tendance à confondre entre eux les termes prêtre, moine et frère.

Une confusion légitime, puisque ces trois figures de religieux ont beaucoup de choses en commun et que souvent les différences qui les distinguent sont incertaines. Sans compter qu’un moine ou un frère peuvent également être aussi prêtres, puisque le rôle de prêtre est défini en effet par la possibilité ou pas d’accomplir le Mystère sacerdotal, c’est-à-dire d’être consacré pour devenir un ministre du culte et pour avoir la faculté de donner les sacrements.

Mais voyons plus dans les détails ce qui différencie ces trois figures.

Le Prêtre

Pour la religion chrétienne catholique, le Prêtre est le ministre du culte, le guide spirituel consacré pour protéger le troupeau de Jésus et le conduire au salut. Il s’agit donc de prêtres, évêques et de tous ceux qui, dans la hiérarchie cléricale, ont reçu l’appel, ont été consacré et ont choisi de mettre leurs existences au service de l’église. Le Prêtre est celui qui peut célébrer la messe et donner les saints sacrements, mais il est avant tout une personne de référence, un guide en effet, comme recommandé par Jésus à ses disciples. Le terme Sacerdoce, ancien synonyme de Prêtre, dérive du mot latin sacer, « sacré », uni à la racine indoeuropéenne *dhē- « faire ». Dans l’antiquité donc, le Sacerdoce était celui qui « fait les rites sacrés », qui offre des sacrifices aux divinités, qui devient l’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il s’agit d’un rôle déjà présent dans toutes les anciennes civilisations et dans les religions du passé avec des caractéristiques et des noms différents, comme Prêtre précisément. Toutefois, en général, il s’agissait d’un homme capable, par vocation et études, de prononcer les bons mots, les formules ou les prières correctes pour parler avec Dieu et investi par Dieu de la faculté d’offrir des sacrifices au nom du peuple.

Pour les juifs, le Grand-prêtre était le seul à pouvoir entrer dans le Temple et s’occuper de l’Arche de l’Alliance. Il devait appartenir à la tribu des Lévites, qui ne possédaient pas de terre, puisque leur demeure était le Temple. Pour les juifs le Prêtre était donc aussi l’intermédiaire entre Dieu et les hommes, comme pour toutes les autres principales religions du passé. Cela changea avec l’arrivée de Jésus. Jésus, en mourant sur la croix pour le salut de tous les hommes, est devenu l’intermédiaire entre eux et le Père, en rendant superflue la figure du Prêtre comme il était conçu avant Lui. Le Baptême rend chacun de nous un Prêtre, investi de la faculté de parler avec Dieu, de s’adresser directement à Lui. Il s’agit du sacerdoce commun, ainsi défini pour le distinguer du sacerdoce ministériel, qui est celui avec lequel sont investis prêtres, évêques et ainsi de suite. Pour l’Église catholique, on peut en effet considérer comme Prêtre (ministériel) celui qui a reçu le deuxième ou le troisième degré du sacrement de l’Ordre. Le Diacre n’est donc pas un Prêtre, tandis que le presbytre (prêtre) et l’évêque le sont en tout et pour tout.

Mais si donc nous tous sommes prêtres en vertu du Baptême, à quoi servent-ils les prêtres proprement dits, les curés, l’évêque, le Pape ? Ils ont le rôle que Jésus donna à ses disciples et à ses apôtres, de guides, de protecteurs, de bergers d’un troupeau. Le Prêtre porte la Parole de Dieu parmi les fidèles, il l’explique et il l’interprète dans ses passages les plus obscurs et, entre temps, il conseille et conforte, encourage et apaise, réprimande quand nécessaire. Son rôle se rapproche à celui de Jésus, chef de l’Église, Bon Pasteur, Frère parmi les frères.

Le Moine

La figure du Moine nait dans le premier Moyen Âge, quand la chute de l’Empire romain avait jeté le continent européen dans une époque d’incertitude et de danger constant. La furie de barbares, la pertes des valeurs et des lois qui avaient régi l’Empire le plus grand et le plus puissant jamais existé, rendaient la vie des hommes et des femmes dramatique. Dans ce contexte, beaucoup cherchèrent réconfort dans la foi, en choisissant d’embrasser un style de vie ascétique et solitaire, en abandonnant le monde pour vivre dans des grottes inhospitalières, ou dans de denses forêts, ou dans des lieux inaccessibles, où ils se dédiaient exclusivement à la prière et à la vie contemplative.

Ce choix extrême dérive de l’expérience des ascètes orientaux, qui cherchaient à s’approcher davantage de Dieu et à s’élever à la sainteté à travers l’isolement total et une existence de pauvreté et de mortification de la chair sous ses formes les plus extrêmes. Pensons par exemple aux Pères du déserts, aux ermites, aux anachorètes, aux cénobites, qui se réunissaient par petits groupes et vivaient selon une règle commune, mais qui maintenaient également l’isolement spirituel.

Le Moine du début du Moyen Âge est donc celui qui vit seul, en priant, en souffrant et en expiant de cette manière les fautes du monde entier. Le terme Moine dérive en effet de monachos, formé par monos (seul) et achos (douleur). Une vie vouée à la souffrance donc, à la pénitence comme instrument de rédemption pour soi-même, mais surtout pour les pécheurs du monde entier. Une connotation qui est restée liée au terme Moine, qui pour une bonne partie du Moyen Âge continue à indiquer des hommes vivant seuls ou regroupés dans des couvents ou des monastères, où ils se dédiaient exclusivement à la prière, à la pénitence et à la vie contemplative.

Entre le IV et le VIII siècle, toutefois, la conception du monachisme importée en Occident subira une évolution.

Saint Benoît de Nursie, fondateur de l’ordre religieux le plus ancien d’Occident,

Saint Benoît
Saint Benoît coloré Val Gardena

les bénédictins, débuta son expérience religieuse en tant qu’ermite, en vivant trois ans en solitaire et en priant dans une grotte près de Subiaco. Ensuite, il mûrit l’idée que ceux qui souhaitaient dédier leur vie à Dieu pouvaient le faire en œuvrant d’autres manières aussi. C’est à lui que nous devons la conception du monachisme occidental tel que nous le connaissons aujourd’hui, en plus de la fondation de l’ordre bénédictin et de la Basilique de Mont-Cassin, premier exemple d’abbaye « moderne » médiévale. Les monastères et les abbayes changèrent de visage. Dans ces lieux de travail et de prières, les moines ne se dédièrent plus uniquement à la contemplation et à la lecture des Saintes Écritures, mais pratiquèrent également la prière communautaire et occupèrent leur temps avec le travail manuel, pour le bien du monastère et de la communauté religieuse. Du moment que souvent ces lieux de culte étaient situés dans des zones impraticables et inaccessibles, il était nécessaire que les moines apprennent à produire tous seuls le nécessaire pour leur survie, non seulement de la nourriture et des boissons, mais aussi des médicaments et des remèdes pour le soin du corps et pour l’hygiène. Encore aujourd’hui, il y a des monastères et des abbayes dans le monde entier qui offrent des produits réalisés par les moines ou produits en tout cas selon leurs recettes, transmises de siècle en siècle. Ces produits sont fort variés, en allant des confitures aux champignons séchés, de l’huile aux gâteaux typiques, du miel, des bonbons à la crème de chocolat à tartiner, et encore les vins, les liqueurs, les digestifs et la bière, qui souvent constituait le seul « nutriment » concédé aux moines pendant les périodes de jeûne et qui est encore renommée aujourd’hui (suffit-il de penser aux célèbres bières trappistes). Outre les produits alimentaires, l’ancienne tradition des moines a ramené jusqu’à nous des remèdes de santé et de beauté, des tisanes et des toniques, des crèmes et des compresses, des huiles essentielles et thérapeutiques, qui ont su conserver dans le temps une efficacité et une fascination immortelles.

Nous devons également au travail des moines la conservation et la copie de textes anciens, que les mains habiles des copistes ont sauvés de l’usure du temps et que les artistes miniaturistes ont enrichis de splendides décorations que nous pouvons toujours admirer aujourd’hui.

Le Frère

Saint François Assise
St. François statue bois

Le terme Frère est également d’origine médiévale et est lié à la profonde transformation qui traversa la vie religieuse vers la fin du Moyen Âge, après la diffusion de la Règle de Saint Benoît, mais surtout avec la « révolution » de Saint François. Si grâce à l’exemple du Saint de Nursie les nouveaux religieux ne vivaient plus seuls et enfermés dans un endroit isolé, en se limitant à prier, mais ils se réunissaient dans des communautés actives et productives sur le plan spirituel, mais aussi sur le plan matériel, la naissance des Ordres mendiants, à partir du XIII siècle, vit les hommes de foi sortir des enceintes de leurs lieux de prière pour descendre en rue et se mélanger aux gens de la ville, aux pauvres, aux malades, en amenant leur réconfort et leur aide. La naissance de cette nouvelle façon de vivre l’expérience religieuse est probablement due à une réponse de l’Église catholique aux mouvements des cathares et des vaudois, qui rencontraient de plus en plus de consensus en Italie et en France pendant cette même période.

L’existence même du Frère est une tentative d’imiter l’expérience de Jésus, en vivant en pauvreté, chasteté et obéissance, les trois vœux que les Frères doivent embrasser, en vivant de l’aumône des autres et en offrant en échange leur aide et leur prière. La première obligation qui était imposée à ceux qui souhaitaient devenir Frère était en effet le vœux de pauvreté, la renonciation à toute propriété. Même les couvents où les frères se réunissaient ne possédaient rien, en vivant uniquement grâce à la quête, la récolte de l’aumône et les offrandes que les fidèles leur concédaient. Une vie simple donc, faite uniquement de pauvreté, prière et charité, exactement comme on pensait que la vie de Jésus et de ses disciples avait été.

Frère dérive du mot latin frater, « frère », et c’est en tant que frères que ces religieux vivaient, dans un climat de fraternité et de communion entre eux et avec les personnes qu’ils aidaient. Les Frères étaient caractérisés, entre autre chose, par un style de vie très humble et pauvre et par des vêtements modestes faits de robes simples et de sandales pour protéger leurs pieds.

La Neuvaine à Saint Benoît

La Neuvaine à Saint Benoît

Le 11 juillet c’est la fête de Saint Benoît de Nursie. En réalité, cette date n’est qu’une parmi plusieurs jours dédiés au Saint ombrien, fondateur de l’ordre des Bénédictins et créateur de ladite Règle, qui influença la vie et l’expérience spirituelle de toutes les communautés…

Dix règles à suivre quand on prie

Dix règles à suivre quand on prie

Index1 Prier est bien plus que réciter des formules, répéter des mots, entonner des litanies2 Prier est rencontrer Dieu Père3 Prier est aussi Silence4 Être pauvre devant Dieu5 Prier n’est pas imaginer Dieu, mais communiquer avec Lui6 Prier est écouter Dieu7 La prière est se…

Liturgie des heures : un bref guide pour réciter l’Office Divin

Liturgie des heures : un bref guide pour réciter l’Office Divin

 

La Liturgie des Heures nait de l’exhortation de Jésus à prier toujours, tout au long de la journée, afin de sanctifier chaque instant et ne jamais arrêter de glorifier Dieu Père. C’est une façon pour le chrétien de vivre en communion avec Christ à chaque instant de sa vie, en scandant les jours avec des moments de prière qui peuvent avoir lieu à l’Église ou simplement chez soi, ou où il vous le soit possible et  pratique.

Jésus s’est recommandé : « Il faut prier toujours, et ne point se relâcher » (Luc 18,1). L’Église obéit à ce précepte, outre qu’avec les célébrations et l’Eucharistie, avec la Liturgie des Heures, en élevant chaque jour des prières et des louages à Dieu Tout-Puissant. Cette ancienne tradition chrétienne sanctifie tout le cours de la journée et de la nuitée, en adaptant ses cycles à ceux du temps quotidien et en faisant correspondre la célébration des Heures à leur véritable temps au cours de la journée.

La Liturgie des Heures établit un moment de dialogue entre Dieu et les hommes et la conséquente sanctification de l’homme grâce à la parole salvatrice de Dieu  célébrée en elle. En effet, la Liturgie des Heures se compose fondamentalement de la lecture de la Parole de Dieu et de Psaumes différents selon les jours et l’heure.

Tous les contenus célébrés par cet Office dérive des Saintes Écritures : les lectures, les hymnes, les psaumes entonnés devant Dieu. Les prières, les oraisons et les chants aussi sont d’inspiration biblique. L’Église prie et chante, en réunissant les fidèles dans une célébration commune de foi et d’amour vers Dieu.

Outre louer et glorifier Dieu, la Liturgie de Heures est une supplication que les fidèles adressent au Père à travers le Fils, un moment dédié aux vœux, aux souhaits, aux espoirs de chacun et de la communauté réunie qui prie afin de conjurer les soucis de l’existence et pour le salut de tout le monde. Comme Christ s’immola pour l’humanité, en faisant de sa vie et de sa mort une prière vibrante à Dieu, ainsi les chrétiens prient pour eux-mêmes et pour tous leurs frères, guidés par un célébrant qui devient le porte-parole et qui les conduit par la main vers cette rencontre quotidienne avec Jésus.

Comment réciter la Liturgie des Heures

La prière publique et commune est fondamentale dans la vie de chaque chrétien et de l’Église dans son entièreté. Déjà l’Église primitive exhortait à la prière privée et commune, à des heures établies. Bientôt se diffusa la coutume de célébrer les prières communes à des horaires spécifiques, comme la dernière heure du jour, ou la première heure, au lever du soleil. Les Pères de l’Église retrouvèrent dans les Actes des Apôtres les références à de nombreux moments à dédier à la prière. Avec le temps, toutes ces prières communes, subdivisées au cours de la journée, furent mises en ordre et vinrent à former la Liturgie des Heures ou Office divin, une prière de louage et de supplication de l’Église avec Christ et à Christ, enrichie de lecture bibliques, cantiques et hymnes.

La Liturgie des Heures alla à la rencontre de l’exigence des moines médiévaux de se réunir pour prier ensemble, à différents moments de la journée. En effet, elle peut être suivie de manière privée, domestique, personnelle ou bien comme moment de prière communautaire.

La réforme de Saint Benoît décréta la règle à appliquer à cette coutume, en établissant les différentes heures de la journée où les moines devaient se retrouver pour prier ensemble et les modalités pour le faire.

La structure imposée par la réforme, et valable en réalité encore aujourd’hui pour de nombreux ordres monastiques, contemplait six moments de prière diurnes (les Laudes au lever du soleil, la Prime à 6h00, la Tierce à 9h00, la Sexte à 12h00, la None à 15h00 et les Vêpres au coucher du soleil), une prière avant de se coucher (Complies) et trois moments de prière nocturnes (les Vigiles) qui furent ensuite réunit dans les Matines.

L’usage de la Liturgie des Heures se diffusa rapidement également en dehors des monastères. Dans le Moyen Âge, commencèrent à circuler des livres appelés Bréviaires, qui contenaient les textes à réciter aux différentes Heures.

Avec la réforme du Concile Vatican II, la pratique de la Liturgie des Heures a été simplifiée : la Prime a été éliminée, les Matines sont devenus l’Office des Lectures et peut être récité à n’importe quelle heure, les Heures Tierce, Sexte et None ont été unifiées dans l’Office du milieu du jour, avec la possibilité de choisir à quelle heure le réciter.

Le Concile réduisit également la structure de la Liturgie des Heures en subdivisant les 150 psaumes en un cycle de 4 semaines, dit Psautier, au lieu d’une seule semaine, et en en éliminant certains particulièrement violents pour langage et contenus. Le schéma des Complies est par contre organisé sur une seule semaine.

Toujours le Concile Vatican II a décrété que, tandis que les presbytres et les évêques doivent pratiquer la célébration de la Liturgie des Heures dans sa forme intégrale et les évêques et les diacres doivent réciter les trois Heures majeurs, les fidèles aussi sont tenus à célébrer chaque jour au moins les Heures canoniques, i.e. les Matines au début de la journée et les Vêpres au coucher du soleil. Pour les ministres sacrés célébrer la Liturgie des Heures est une obligation personnelle, même s’ils sont seuls. Leur devoir est de maintenir vif et constant l’engagement de l’Église de prier chaque jour, incessamment. L’évêque tient lieu de Christ, en tant que prêtre suprême et pasteur pour tout le troupeau. La vie spirituelle des fidèles dépend de lui, et il doit donc être le premier dans la prière, même quand il est seul. Quand il célèbre la Liturgie des Heures pour la communauté, il le fait au nom de toute l’Église, tout comme les prêtres le font pour invoquer la protection de Dieu sur tous les fidèles qui leur ont été confiés. Cette tâche est très importante pour les prêtre, auxquels il est permis de négliger les Heures uniquement dans des cas d’empêchement graves.

Nous pouvons donc résumer schématiquement la Liturgie des Heures de cette manière, en la divisant entre Heures canoniques et Heures mineurs :

Office des Lectures (une des Heures mineurs, qui autrefois s’appelait Matines, et qui peut être célébré à n’importe quelle heure)

Louange du matin (une des Heures canoniques, célébrée au début de la journée)

Milieu du jour (une des Heures mineurs, autrefois subdivisée en Tierce à 9h00, Sexte à 12h00 et None à 15h00)

Vêpres (la deuxième des Heures canonique, à réciter au coucher du soleil ou avant le dîner)

Complies (une des Heures mineurs, les prières à réciter avant d’aller coucher).

Le Rite ambrosien et le Rite roman

Le Rite ambrosien et le Rite roman dans le temps se sont différenciés dans la célébration de la Liturgie des Heures.

Dans le Rite roman les différentes heures représentent de nombreuses prières et éléments en commun.

Que la journée commence avec l’Office des Lectures ou avec les Louages du matin, on récite un psaume invitatoire avec son antienne qui se répète à chaque entier.

Ensuite, chaque Heure tout au long de la journée s’ouvre avec le verset « Sauve-moi, ô Dieu » du psaume 69, suivi par le Gloire.

Suit un hymne et trois psaumes ou un psaume unique divisé en trois parties, chacune précédée par une antienne. Les psaumes changent selon l’Heure qu’on est en train de célébrer : dans les Louages du Matin le deuxième psaume est remplacé par un cantique de l’Ancien Testament ; dans les Vêpres le troisième psaume est un cantique du Nouveau Testament ; dans l’Office des Lectures le psaume est un seul, mais long et divisé en trois parties ; dans le Milieu du jour est prévue une section alphabétique du Psaume 118 et les psaumes de procession ; dans les Complies il n’y a qu’un seul psaume, à l’exception du samedi et du mercredi, qui en prévoient deux.

Ensuite on entonne une lecture biblique brève ou longue avec son répons.

Les Louages et les Vêpres prévoient également un cantique tiré de l’Évangile : le Benedictus ou Cantique de Zacharie pour les Louages ; le Magnificat ou Cantique de la Vierge Marie pour  les Vêpres.

Les Complies contiennent également le Nunc dimittis ou Cantique de Siméon, introduit et suivi par son antienne.

Après les Louages, on prononce les Invocations, après les Vêpres les Intercessions, suivies par un Notre Père.

Une oraison finale conclut chaque heure.

Le Rite ambrosien présente un balayage plus diversifié et prévoit différentes exceptions et célébrations particulières lors d’une festivité comme l’Avent, Noël, Carême, Pâques.

L’Office des lectures s’ouvre également avec le verset « Sauve-moi, ô Dieu », tiré du psaume 69, suivi par le Gloire, auquel suivent un hymne et le Cantique des trois enfants du Livre de Daniel ; on entonne donc une Psalmodie composée de trois psaumes du lundi au vendredi, d’un cantique et de deux psaumes le samedi et de trois cantiques le dimanche ; deux lectures sont donc prévues, une biblique et une patristique ou hagiographie ; l’Heure se conclut avec l’oraison propre au jour et avec l’acclamation : « Bénissons le Seigneur » – « Rendons grâce à Dieu », à moins que les Louages ne suivent pas tout de suite.

Les Louages du matin aussi, à moins qu’ils ne soient pas récités tout de suite après l’Office des Lectures, s’ouvrent avec le verset d’introduction ; ensuite, on entonne l’antienne pertinente et le Benedictus, suivi par la première oraison ; la Psalmodie se compose d’un cantique de l’Ancien Testament avec l’antienne respective, de deux psaumes de louage avec antienne et d’un psaume matinal récité debout ; suit la deuxième oraison et donc un hymne ; en guise de conclusion des Louages, on récite les Acclamations à Christ Seigneur, suivies par le Notre Père.

Le Milieu du jour (Tierce – sexte – none) est salué par l’habituel verset d’introduction, suivi par un hymne adapté à l’heure choisie pour la prière ; suit une psalmodie formée par trois psaumes ou parties de psaumes ; ensuite on passe à une Lecture brève et à un Répons bref ; la célébration de l’Heure se conclut avec une Oraison et une Acclamation.

Les Vêpres s’ouvrent avec le Lucernaire « Le Seigneur soit avec vous » – « Et avec votre Esprit » dans les célébrations communes, ou « Seigneur entend ma prière » – « Que mon cri parvienne jusqu’à toi » dans les célébrations privées ; on récite l’hymne, accompagné parfois d’un épisode de la vie du saint du jour ; la psalmodie prévoit deux psaumes ou parties de psaumes avec antienne pour le dimanche, les féries et les mémoires, un psaume suivi par les psaumes 133 et 116 dans les solennités et les fêtes, avec la doxologie finale (Gloire au Père) ; on récite donc la première oraison suivie par le Cantique du Magnificat, excepté le vendredi de Carême et pendant les féries de la Semaine Sainte ; on récite donc la deuxième oraison suivie par la Commémoration du Baptême, qui consiste à réciter un cantique du Nouveau Testament ; à l’occasion de fêtes particulières dédiées aux saints, on récite une antienne spécifique en l’honneur du saint ; l’Heure se conclut avec les intercessions, le Notre Père et la formule finale, qui varie en fonction si la célébration est publique ou privée.

Les Complies s’ouvrent avec le même verset d’introduction, précédé par « Convertis-nous, Dieu, notre salut » – « Et détourne ta colère de nous » ; suivent l’hymne et la psalmodie et ensuite la Lecture brève et son Répons ; on entonne donc le Cantique évangélique Nunc dimittis avec son antienne ; en conclusion, on récite une oraison et une des Antiennes à la Sainte Vierge ; après les Complies, un examen de conscience est prévu ; s’il s’agit d’une célébration communautaire, le célébrant conclura en disant : « Reposons en paix » – « Nous veillerons avec le Christ ».

Les trois paraboles de la miséricorde

Les trois paraboles de la miséricorde

L’image d’un Dieu miséricordieux revient souvent dans l’Ancien Testament. La Miséricorde de Dieu s’adresse à toutes les créatures, même celles qui le déçoivent. La justice divine, dans sa sévérité, n’est que l’autre face d’une attente aimante, de la patience sans limites d’un Père infiniment bon…

Les dix commandements

Les dix commandements

Les Dix Commandements, ou le Décalogue, comme ils sont autrement définis, sont les règles imprimées sur les Tables de la Loi que, selon la tradition biblique, Moïse reçut directement de Dieu sur le Mont Sinaï. Ils sont mentionnés dans deux différents livres de la Bible,…

Les sept sacrements de la tradition chrétienne

Les sept sacrements de la tradition chrétienne

Les Sacrements, et en particulier l’eucharistie, sont considérés comme l’origine et l’expression ultime de toute la vie chrétienne.

Ils peuvent être définis comme la manifestation visible et tangible de la Grâce divine accordée par Christ et offerte par l’Église. À travers eux, le Saint Esprit participe à la vie du fidèle, en l’élevant à une nouvelle conscience et dignité et en la sanctifiant. Tous les sacrements ont donc été institués par Jésus et par Lui confiés à l’Église, qui les considère investis d’une leur valeur intrinsèque, détachée des mérites et de la dignité de qui les célèbre. Ils ont une valeur en tant que tels, abstraction faite du mérite spirituel du prêtre qui les donne. En effet, c’est Christ qui agit à travers son ministre. Dans certains cas, c’est le fidèle lui-même qui devient ministre du Sacrement, comme dans le Baptême, grâce auquel il commence à faire partie de l’Église, ou dans le cas du Mariage.

Depuis les origines du Christianisme, les Sacrements servaient à mettre le fidèle en communion avec Jésus. Il s’agissait de rituels et de gestes sacrés, qui, avec le temps, ont atteint une définition propre et une différenciation entre les différentes confessions de foi. Le but des Sacrements est : renforcer la foi, rendre un culte vrai à Dieu, sanctifier les hommes, confirmer et manifester la communion ecclésiastique.

Clés de lecture

L’Église chrétienne catholique reconnait sept Sacrements, subdivisés en Sacrements de l’Initiation, de Guérison et du Service. Ces Sacrements, tous voulus par Jésus, ont été confirmés dans le temps dans leur raison d’être par les Saintes Écritures et répandus par les Pères de l’Église.

Après le Concile Vatican II, différentes clés de lecture des Sacrements ont été identifiées, en examinant à chaque fois des aspects multiples : Clé de lecture Classique, qui renvoie à leur première définition, i.e. signes de Grâce, institués par Jésus-Christ et confiés à l’Église pour le salut des hommes ; Clé de lecture sacramental ou symbolique, qui en analyse la portée symbolique, en comparant les différentes composantes qui les déterminent, celles humaines et celles divines, en les considérant comme des manifestations visibles de la volonté invisible de Dieu ; Clé de lecture historique-salvatrice, qui les insère dans une vision salvatrice voulue par Christ pour les hommes, signes tangibles de la Nouvelle Alliance entre Dieu et l’Homme, posés par Christ à l’intérieur de l’histoire de l’homme ; Clé de lecture verbale, qui observe surtout les aspects linguistiques et communicatifs des Sacrements, en focalisant l’attention sur le rapport entre parole et réalité, signifiant et signification, en arrivant à affirmer que le Sacrement réalise ce qu’il exprime ; Clé de lecture personnaliste, qui les voit comme un point de rencontre de la communauté des fidèles en son intérieur et avec Christ, qui dans cette interprétation est plus que jamais un intermédiaire entre les hommes et Dieu et un instrument lui-même de Salut et de Rédemption, et le fidèle communique avec Lui en communion avec l’Église, Corps mystique de Christ, dont il est partie intégrante ; Clé de lecture pneumatologique, qui reconnait dans les Sacrements la présence vivifiante du Saint Esprit, qui transcende gestes, langage et mots, toutes des ritualités liées à la sphère humaine, en faisant des signes efficaces et authentiques de la présence de Christ, en rendant aussi tous les participants des éléments indispensables à la manifestation salvatrice, partie intégrante du Sacrement en tant qu’expression de la volonté divine ; Clé de lecture libératrice, qui voit les Sacrements comme des instruments de libération, symboles de liberté, déclaration d’intention pour tous ceux qui souhaitent venir s’ajouter à Christ dans la lutte contre les injustices, au nom de la miséricorde, de l’aide réciproque, de l’agir au nom du bien commun ; Clé de lecture unitaire, qui examine tous les Sacrements d’un point de vue holistique, en unissant la dimension personnelle avec celle de la Foi, en insérant le Sacrement dans la vie quotidienne du fidèle en tant qu’élément prépondérant et inséparable.

Les sept Sacrements

Les sept sacrements sont :

Baptême, Eucharistie, Confirmation ou Chrismation (Sacrements d’Initiation), grâce auxquels le fidèle entre à faire partie de l’Église et confirme sa participation à elle et l’union avec Christ ;

Réconciliation ou Sacrement du Pardon et Onction des malades (Sacrements de Guérison), qui rendent plus fort le fidèle dans les moments de difficulté, dans toutes les situations qui testent sa foi avec des épreuves physiques et morales difficiles à surmonter ;

Ordination et Mariage (Sacrements du Service), qui rendent le fidèle un membre actif dans la création et dans la propagation de l’Église dans le monde, ou bien sous la forme de famille, ou bien en tant que communauté chrétienne.

Les sacrements dans les autres églises

L’Église orthodoxe aussi reconnait sept sacrements : chrismation, eucharistie, réconciliation, ordination, mariage, onction des malades. Les orthodoxes définissent les sacrements comme des « Mystères ». Ils représentent le point de rencontre entre la Grâce divine, invisible et intangible, et les « signes » visibles et réels préposés à la rendre accessible aux fidèles.

Les églises protestantes reconnaissent uniquement les sacrements directement institués par Jésus, c’est-à-dire le baptême et la Cène. En particulier, cette dernière ne correspond pas à l’Eucharistie catholique. Elle ne célèbre que le souvenir de la Cène de Jésus et n’implique pas la transsubstantiation du pain et du vin.