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Comment prier pour obtenir une grâce pendant le Mois Marial

Comment prier pour obtenir une grâce pendant le Mois Marial

Mai, mois de l’amour, est depuis toujours dédié à la Vierge Marie. Découvrons comme prier pour obtenir une grâce en ce mois si spécial. Mai est depuis toujours un mois strictement lié au symbolisme de la renaissance et du cycle de la vie. Cette année…

Saint Catherine de Sienne : patronne d’Italie

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Comment faire un fioretto à la Sainte Vierge

Comment faire un fioretto à la Sainte Vierge

Un fioretto à la Sainte Vierge, un petit signe de dévotion pour manifester un grand amour. Mais comment en faire un vraiment apprécié ?

Partons du principe que, comme tous les actes d’amour, un acte de dévotion à la Sainte Vierge ou à Jésus sera sûrement apprécié par qui le reçoit. Un peu comme quand, enfants, on offrait une fleur à notre maman, ou un petit bricolage fait à l’école à l’occasion de sa fête. Ce n’était peut-être pas grande chose, mais nous y avions mis tant d’amour pour le préparer, tant d’application que c’étaient cet amour et cette application qui le rendait si précieux.

C’est pareil quand nous faisons un fioretto à la Sainte Vierge, en particulier pendant certaines périodes de l’année liturgique, quand la méditation et la prière devraient occuper un peu de notre temps tous les jours. Pensons à l’Avent, au Carême, ou à certains mois en particulier, comme le mois de mai, mois dédié à la Vierge Marie, juin, dédié au Sacré-Cœur de Jésus, et octobre, mois dédié au Saint Rosaire.

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Un signe d’amour, donc, un sacrifice, une renonciation à quelque chose à laquelle nous tenons particulièrement, mais accordé avec la même légèreté avec laquelle on offre une fleur. Comme quelque chose qui ne pèse pas, quelque chose que nous pouvons soutenir avec courage et grâce.

Qu’est-ce qu’un fioretto religieux ?

Un sacrifice, nous venons de le dire. Une renonciation. Mais ce qui compte vraiment c’est l’esprit avec lequel nous choisissons de renoncer à quelque chose qui nous plait ou à laquelle nous tenons. Si, dès le début, notre pensée n’est que celle de faire un échange avec la Vierge ou Jésus, nous faisons fausse route. Le fioretto n’est pas un do ut des, un faire quelque chose en s’attendant autre chose en retour. Ce n’est pas une monnaie d’échange.

La seule chose qui doit nous mouvoir en faisant un fioretto est l’Amour.

C’est nous qui choisissons de renoncer, en cherchant dans notre cœur quelque chose à laquelle nous tenons vraiment. Il ne s’agit pas d’une renonciation infinie, généralement cet acte de dévotion a une durée, mais cela aussi c’est à nous de l’établir. Aucune imposition, aucune obligation. Juste que, une fois que nous avons décidé, nous devons être fermes, constants, autrement notre fioretto perd de sa valeur.

Un geste spontané, donc, pas mû par un autre but, autrement il s’agirait de chantage et non pas d’un geste d’amour ! Le moyen par lequel nous devons l’adresser est la prière, et de la prière le fioretto doit posséder la solennité, la pleine conscience de ce que nous sommes en train de prononcer. Comme la prière n’est pas faite que de mots mis l’un après l’autre, mais ce qui compte est le sentiment que nous y donnons, l’attitude de notre esprit.

Mais à quoi devons-nous renoncer ? À notre gâteau préféré, à Facebook, à une sortie avec les amis, à un objet auquel nous tenons beaucoup. C’est inutile d’en faire de trop. Même simplement rendre des petits services à la maison comme sortir les poubelles ou débarrasser la table, dédier du temps à quelqu’un que généralement nous donnons pour acquis, comme une personne âgée, une voisine un peu ennuyeuse, mais très seule. Ou prendre un peu de temps en plus pour prier, chaque jour, pour parler directement avec Jésus, ou avec la Vierge. Voilà des fioretti appréciés, ceux qui, mis tous ensemble, créent un parterre précieux, une espèce de jardin d’Éden en miniature. Plus le sacrifice nous coûte, plus il sera apprécié par Dieu.

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Faire un fioretto à la Sainte Vierge

En mai, nos pensées les plus belles et nos prières s’adressent en particulier à la Vierge, Mère de Jésus. Celle qui Lui a transmis chaque chose, qui l’a éduqué et l’a élevé comme la plus aimante des mamans. Ce n’est pas un hasard si en mai nous fêtons également la fête des mères. Comme l’Enfant Jésus s’est entièrement confié à sa maman, Marie, ainsi nous pouvons faire de même, en ce mois-ci plus que jamais. Nous confier à Marie veut dire accepter dans notre cœur et dans notre vie sa bonté, sa miséricorde, et surtout sa foi en la volonté de Dieu. En devenant fils de Marie nous devenons ainsi frères et sœurs de Jésus, nous nous rapprochons de Lui, nous devenons un peu plus semblables à Lui.

La maman est donc une présence fondamentale dans la vie d’un enfant. Don Bosco, célèbre prêtre et pédagogue italien, fondateur des congrégations des Salésiens et des Filles de Marie Auxiliatrice, a répété pendant toute sa vie combien sa maman, Margherita, avait été importante pour sa vocation. Mais aussi Marie, la maman céleste du bon saint, mais aussi de chacun de nous, est fondamentale. Dès son enfance, il saluait la Vierge trois fois par jour, au matin, à midi et au soir, avec la prière de l’Angelus.
Cela parce que Don Bosco considérait la Vierge comme maman à chaque instant, lors qu’il priait, lors qu’il travaillait, à tous les beaux moments et tous les mauvais moments, dans les joies comme dans les douleurs. Une dimension familiale d’amour, pas fort différente de celle éprouvée pour sa maman biologique, et à ce type d’amour envers Marie il invitera ses jeunes.

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La pratique des actes de dévotion à la Vierge aussi était très chère à Don Bosco. Ses Mémoires sont remplies de références à des fioretti.

« Au mois de mai, nous faisions tous les jours dans la chapelle de l’Oratoire quelques pratiques de pitié en son honneur ; et en particulier les samedis quelques lectures de ses gloires, ou un petit sermon. Mais c’est à partir de cette année-ci (1852) que régulièrement, tous les soirs, commença l’usage dans les dortoirs de lui offrir, au moins des fleurs matérielles, des fleurs spirituelles. Don Bosco tous les soir annonçait le fioretto et l’oraison jaculatoire pour le lendemain » (Mémoires Bibliographiques IV, p.405).

Le fioretto à la Vierge comme une fleur à offrir, donc, voilà ce que le bon Saint demandait à ses jeunes. Et il est intéressant de voir comme parfois les actes de dévotion qu’il leur demandait étaient des prières spéciales, ou écouter la messe avec une dévotion accrue, ou encore prier pour les âmes du Purgatoire, voire parfois des choses bien plus liées au quotidien. Voici un exemple :

« Que ce fioretto soit ensuite pour tous : de parler toujours italien et de nous rappeler de le faire si quelqu’un l’oublie ».

Fioretti pour enfants

Mais comment expliquer ces actes de dévotion aux enfants ? Souvent, surtout en vue de Noël ou de Pâques, on demande même aux plus petits de faire un fioretto à la Vierge, pour le bien de leur maman, de leur papa, de toute la famille. Il est fondamental, par contre, qu’ils comprennent bien de quoi il s’agit. Leur expliquer donc que faire un fioretto est comme offrir une fleur est probablement la voie la plus simple, mais aussi la plus vraie.
Si tu offres une fleur à ta maman, maman sera contente, puisqu’elle sait que tu l’aimes. De la même manière, si tu offres un fioretto à la Vierge ou à Jésus, eux aussi sauront que tu les aimes et combien tu tiens à eux. Mais les fleurs que l’on offre au Paradis ne sont pas comme celles qui fleurissent dans les champs. Elles n’ont pas de pétales, ni de feuilles, mais elles sont faites de bonnes actions.
Ainsi si tu aides à préparer et débarrasser la table, tu es en train d’offrir une fleur à la Vierge.
Si tu ne fais pas de caprices pour regarder la télévision, tu offres une fleur à Jésus. Quand tu ranges ta chambre, ou tu aides à faire quelque chose à la maison, dans le jardin du Paradis des nouvelles fleurs vont naître et c’est toi qui les fais fleurir.

Il est également important d’associer ces bonnes actions et ces petites renonciations à une prière, ainsi l’enfant comprendra que c’est là la manière correcte pour se faire écouter par Jésus.

Surtout, rendre le fioretto un acte joyeux, qui rend heureux en premier celui qui l’accomplit avant de celui qui le reçoit. C’est ainsi que cela devrait être et les enfants sont probablement portés, par leur propre nature, à le comprendre mieux que beaucoup d’adultes.

Fioretti de Saint François

Saint François d’Assise aussi était un grand partisan de la pratique des actes de dévotion, même si, dans son cas, le terme recouvre une gamme bien plus ample de gestes, mots et actes. En effet, avec l’expression Fioretti de Saint François on entend un recueil de miracles et exemples pieux pris de la vie du Saint d’Assise et de ses disciples. Il s’agit probablement d’une traduction du texte latin Actus beati Francisci et sociorum eius attribuée à frère Ugolino da Brunforte.

On ne peut pas parler de fioretti dans le sens que nous avons considéré jusqu’à maintenant. Le texte raconte plutôt l’histoire de la naissance de l’Ordre franciscain et de la vie de François et de ses confrères. Mais le ton général de l’œuvre, presque d’un conte de fées, semble fait exprès pour mettre en valeur celles qui étaient les vertus du Saint d’Assise, sa modestie, son humilité, son sens de la justice et de la charité, l’amour fraternel pour tous les hommes, mais aussi pour les animaux et toute la création.

Dans cette acception nous pouvons quasi lire dans chaque geste, dans chaque acte de la vie de Saint François un fioretto, un acte d’amour pur, sincère et désintéressé, adressé à Dieu.

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Les événements de la Passion de Jésus : de la Cène à Sa crucifixion

Les événements de la Passion de Jésus : de la Cène à Sa crucifixion

La Passion de Jésus est le moment le plus haut et le plus terrible de Sa parabole parmi les hommes. De la Cène à la mise au tombeau voyons comment se sont déroulés Ses derniers jours sur Terre

Pâques approche et nous nous préparons encore une fois à célébrer la Résurrection de Jésus, Son triomphe sur le péché et sur la mort. Mais avant cela, nous rappelons Sa Passion, dont les événements tragiques sont rappelés au cours de la Semaine Sainte qui précède Pâques.

Les Évangiles canoniques nous offrent un récit détaillé des derniers jours de Jésus (Matthieu 26-27, Marc 14-15, Luc 22-23, Jean 18-19), de Son arrivée à Jérusalem, à la Cène, à Son arrestation, jusqu’à la montée au Golgotha. Chaque évangéliste met en avant l’un ou l’autre aspect de l’histoire, selon sa propre vision et sensibilité. Si dans l’Évangile de Marc prévaut l’attention à la révélation de l’identité de Jésus en tant que Fils de Dieu, dans Matthieu on célèbre l’accomplissement des Écritures et Sa mort est le prélude à la fin des temps, voire une prophétie de ce qui viendra. Tant dans Matthieu que dans Marc, il y a la reconnaissance de Jésus en tant que Fils de Dieu de la part du Centurion qui monte la garde devant sa croix et des autres personnes présentes.

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Luc offre une image de Jésus souffrant et miséricordieux même envers qui Le torture et Le tue, tandis que Jean montre Christ Roi, revêtu des signes de la royauté, la couronne d’épines, le manteau de pourpre, et la reconnaissance de la part de Pilate de Son rôle de Roi des Juifs. Sur la Croix, insouciant de ses propres souffrances, il confie Marie à Jean, son disciple bien-aimé, et expire en silence.

La Cène

C’est le dernier moment de sérénité apparente, juste avant l’arrestation de Jésus. Ses disciples et lui viennent d’arriver à Jérusalem et de se réunir dans le cénacle afin de fêter la Pâque juive. C’est un dîner normal entre amis, mais Jésus les prévient déjà que ce sera la dernière occasion pour Lui de passer du temps avec ces hommes qu’il aime plus que quiconque au monde. La fin de Son temps parmi les hommes approche inexorablement et il sait que le calice que Dieu Père a prédisposé pour Lui est le plus amer que l’on puisse imaginer. Il sait également qu’un de Ses amis le trahira, et qu’un autre le reniera, et il le dit aux Apôtres, qui, incrédules, protestent. Ils protestent également quand Jésus lave les pieds de chacun d’entre eux, un acte de grande humilité, mais aussi d’amour immense. La mort de Christ parait encore si lointaine, et pourtant voilà qu’Il prend le pain et le vin et Se sacrifie Lui-même dans la première Eucharistie, une simple anticipation de ce qu’adviendra de là à quelques jours.

Jésus dans le Gethsémani

Après le dîner, Jésus s’apprête à prier dans le Jardin des Oliviers. En réalité il ne souhaiterait pas rester seul. Les doutes ont augmenté dans Son esprit, la peur de la souffrance qui L’attend Le fait trembler dans Sa résolution. Mais les Apôtres dorment et même Dieu ne semble pas vouloir écouter Ses prières. Pour finir, le choix est le Sien et le Sien seulement : Jésus accepte que Son destin s’accomplisse, il est prêt à mourir.

La négation de Saint Pierre

Le moment de l’arrestation de Jésus arrive. Les soldats romains conduits par Judas font irruption au pied du Mont des Oliviers. Quelques disciples essayent de réagir en sortant des armes, mais Jésus les arrête et se livre docile à ses bourreaux. Jésus est conduit devant les prêtres Anne et Caïphe et c’est à ce moment-là que se passe la triple négation de Pierre (avant la rencontre avec les prêtres selon Luc, après selon Marc et Matthieu). Dans la cour du palais, Pierre est accusé par une femme de connaître Jésus et d’être un des siens. Pierre nie, non pas une mais trois fois, exactement comme Jésus l’avait prédit pendant la Cène. Ensuite, il s’abandonne aux larmes. La négation de Saint Pierre a été immortalisée par des nombreux maîtres des arts, dont le plus remarquable est Caravaggio.

Le procès auprès de Ponce Pilate

Le procès de Jésus aussi est décrit dans tous les Évangiles canoniques. Après avoir été accusé de blasphème par les prêtres et le Sanhédrin, le tribunal juif, pour s’être comparé à Dieu, Jésus est conduit devant le gouverneur romain de la Judée, Ponce Pilate. Une accusation théologique ne suffit pas en effet pour le condamner à mort, il en faut une politique. Pilate, bien que sceptique devant la haine que tout le monde manifeste pour un homme qu’il juge au pire des cas fou, condamne Jésus pour sédition et pour lèse-majesté. La sentence est de mort par crucifixion.

La Passion et crucifixion de Jésus

Commence ainsi la séquence d’événements connue comme la Passion. Le Chemin de Croix, ou Via Dolorosa, reparcourt en quatorze stations le parcours de Jésus du tribunal, dans lequel il a été condamné, jusqu’au col de la Crucifixion, jusqu’à la descente de la Croix et la mise au tombeau. Pratique dévotionnelle de Pâques par excellence, elle est née afin de permettre même à qui ne pouvait pas se permettre un pèlerinage en Terre Sainte de suivre les moments de la Passion de Christ, en réévoquant Sa souffrance, rendue éternelle dans ces scènes sculptées dans la pierre ou peintes.

Après avoir été battu et humilié de toutes les manières possibles, Jésus est couronné avec une couronne d’épines et couvert d’un manteau de pourpre, au mépris du fait qu’il s’était proclamé Roi des Juifs. Traîné hors du tribunal, il est déshabillé, flagellé et ensuite chargé de la Croix qu’il devra porter sur ses épaules jusqu’à Sa dernière destination : le col de la crucifixion. Jésus avance entre deux ailes de foule enragée, la même foule qui quelques jours plus tôt l’avait accueilli en fête à Jérusalem en agitant des branches de palmier. Parmi eux, cachés et apeurés, les Apôtres, Sa mère Marie et les femmes qui, malgré tout, l’aiment encore et participent impuissants à Son supplice, pas après pas. Jésus chancelle sous le poids de la Croix et tombe une première fois. Son regard embrumé par la souffrance rencontre celui de Marie. Ce n’est qu’un instant, mais nous pouvons imaginer l’atroce souffrance de la Vierge qui voit Son fils unique plié et brisé de cette manière. La prophétie de Siméon s’est accomplie, une épée lui transperce l’âme (Luc 2,35) et toutefois, même à ce moment-là, la Vierge met de côté son immense douleur et essaie de ne transmette à son fils que de l’amour, de la tendresse, la dernière qu’Il recevra dans ce monde qui vient de Le condamner à mort.

Simon de Cyrène est obligé par les soldats romains à aider Jésus à porter la Croix. Ils avancent maintenant ensemble, tandis que Sainte Véronique se fraie un chemin entre les gens pour essuyer le visage de Jésus, qui tombe de nouveau dans la poussière.

Devant les pleurs des femmes de Jérusalem, Jésus les console, Lui qui est en train de souffrir une peine indicible, et les encourage à ne pas pleurer pour Lui, mais pour elles-mêmes et pour leurs fils. Puis de nouveau il tombe, pour la troisième fois, désormais épuisé.
Arrivé au sommet du Golgotha, Jésus est dépouillé de ses vêtements, fait allonger sur le bois de la Croix et cloué mains et pieds, pour ensuite être hissé entre deux autres croix, celles des deux larrons. Même à ce moment-là où Son agonie est sur le point d’atteindre son summum, Christ met de côté sa douleur et pardonne Dismas, le larron pénitent, en lui promettant le paradis.
La mort de Jésus est décrite avec des légère différences par les évangélistes, comme nous l’avons déjà mentionné. Après sa mort, le corps de Jésus est enlevé de la croix, réclamé par Joseph d’Arimathie, un de ses disciples et homme miséricordieux, et préparé pour être mis au tombeau. De ce tombeau Jésus ressuscitera trois jours après, mais à ce moment-là nous sommes au-delà de la Passion et en plein dans Sa Gloire.

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Les rites de la Semaine Sainte

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Pâques est la fête la plus importante de l’année pour les chrétiens et est célébrée dans le monde entier. Les rites qui la caractérisent sont répartis tout au long de la Semaine Sainte. Voyons jour par jour ce qui se passe.

La Semaine Sainte est cette période de sept jours qui va du Dimanche des Rameaux, jour où l’on célèbre l’arrivée de Jésus à Jérusalem, au Samedi Saint et aux Dimanche de Pâques, qui fêtent la résurrection de Jésus-Christ. Il parait tout de suite évident comment et pourquoi ces sept jours sont si importants pour chaque chrétien. La mort et la Résurrection de Jésus sont l’apogée de l’année liturgique, le moment le plus fort et le plus significatif sur le plan spirituel et pour le parcours de foi de chaque croyant. C’est dans sa mort, mais surtout dans sa Résurrection que Jésus démontre sa divinité et indique, par le biais de sa souffrance, le chemin vers l’espoir du salut et de la vie éternelle. Il n’est pas étonnant donc que les célébrations liées à cet événement soient si articulées et étalées dans le temps, et qu’elles prennent des formes différentes, mais tout aussi solennelles et significatives, dans toutes les professions de la foi chrétienne.

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Pas plus étonnant que, pour arriver à ce moment de solennité et d’élévation spirituelle, il soit nécessaire de se soumettre à une longue période de pénitence et de privation, c’est-à-dire les quarante jours de Carême, qui débutent avec le Mercredi des Cendres et se concluent justement avec le Jeudi de la Semaine Sainte.

Ce n’est pas facile de recueillir tous les rites solennels célébrés dans le monde chrétien en ces jours spéciaux. Nous essayerons de reparcourir les différents passages de ce parcours de foi et d’espérance, de passion et d’expiation.

Pâques est une fête mobile et pourtant il n’est pas possible de définir une date exacte de début et de fin. Elle suit le cycle lunaire et chaque année est célébrée le dimanche suivant la première pleine lune de printemps.

La semaine sainte

Dimanche des rameaux

Le Dimanche des Rameaux précède Pâques et marque le début de la Semaine Sainte. Il rappelle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, quand il fut accueilli par les citoyens en fête comme étant le Messie, en l’acclamant avec ce mot : « Hosanna au fils de David ! Bénit soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! » (Matt 21,9). Pour les Juifs, le palmier était une des quatre plantes portées en procession pour la festivité du Sukkot, la fête du pèlerinage, qui rappelait le voyage du peuple d’Israël vers la Terre promise et, en particulier, le temps passé dans le désert, quand ils vivaient dans des cabanes appelées sukot. Pendant cette fête, on utilisait une branche de palmier (lulav), une de cèdre (etrog), trois branches de myrte et deux de saule. Le palmier indiquait donc bonheur et triomphe, prospérité et richesse, tout comme chez les Grecs et les Romains.

Le Dimanche des Rameaux est connu également comme De Passione Domini, « de la passion du Seigneur », puisque, bien qu’il soit un jour de fête, c’est le premier des évènements qui porteront à l’agonie et à la Crucifixion de Jésus. Dans le rite romain, le Dimanche des Rameaux fait encore partie du Carême, tandis que dans la Forme extraordinaire, ce dernier se conclut le dimanche précédent.

Lundi

Les trois jours suivants le Dimanche des Rameaux rappellent certains faits de la vie de Jésus à Jérusalem et en particulier la trahison de Judas. Chaque jour, comme première lecture de la messe, on lit un des premiers trois chants du Serviteur du Seigneur du livre du prophète Isaïe. La lecture de l’Évangile, par contre, raconte les derniers jours de Jésus avant l’arrestation.

Le lundi est le jour de l’amitié, sentiment important pour Jésus, qui aimait s’entourer de bons amis et passer du temps avec eux. Dans ce jour, en particulier, on rappelle comment il se soit rendu à Béthanie pour rendre visite à trois grands amis : Marthe, Marie et Lazare. « Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu’il avait ressuscité des morts. Là, on lui fit un souper ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui se trouvaient à table avec lui. Marie, ayant pris une livre d’un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum » (Jean 12,1-3).

Mardi

la conscience de la trahison commence à s’esquisser dans l’esprit de Jésus. La lecture de l’Évangile dans la liturgie raconte cela : « Ayant ainsi parlé, [tandis qu’il était à table avec ses disciples] Jésus fut troublé en son esprit, et il dit expressément : En vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera. Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus. Simon Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus. Et ce disciple, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Seigneur, qui est-ce ? Jésus répondit : C’est celui à qui je donnerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon, l’Iscariote » (Jean 13,21-25).

Mercredi

Le mercredi de la Semaine Sainte rappelle la trahison véritable de Judas, qui se rend chez les Prêtres afin de vendre Jésus. « Alors l’un des douze, appelé Judas Iscariote, alla vers les principaux sacrificateurs, et dit : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? Et ils lui payèrent trente pièces d’argent. Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus. » (Matt 26,14-16).

Jeudi Saint

C’est le dernier jour de Carême, mais aussi le premier du Triduum Pascal, qui commence avec la messe in Cena Domini du Jeudi Saint et se termine avec le Dimanche de Pâques. Ces trois jours représentent le temps central de l’année liturgique et célèbrent le Mystère pascal de Jésus-Christ : institution de l’eucharistie, justement, et ensuite, passion, mort, descente aux enfers et résurrection.

Le matin du Jeudi Saint est dédié à la consécration des Huiles Saintes, i.e. ceux qui serviront pour célébrer les Sacrements, et les prêtres renouvellent les promesses faites le jour de leur ordination.

Au soir, on célèbre la messe in Cena Domini, qui rappelle la Cène de Jésus et donc l’institution de l’Eucharistie. Il s’agit d’une cérémonie importante, car on bénit également les hosties qui seront distribuées le jour suivant. La Cena Domini décrète la fin du Carême et le début du Triduum Pascal.

Le Jeudi Saint fête également l’institution du sacerdoce ministériel et le commandement de l’amour fraternel. Jésus lave les pieds à ses disciples en tant que forme extrême d’amour. « Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux. Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, Jésus, qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu’il était venu de Dieu, et qu’il s’en allait à Dieu, se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit. Ensuite il versa de l’eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint » (Jean 13,1-5)

De plus, le Jeudi Saint, on célèbre la remise du nouveau commandement de Jésus, le commandement de l’amour. « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean, 34-35).

Pour finir, le Jeudi Saint la croix du maître-autel est couverte d’un voile blanc et ensuite laissée voilée jusqu’au jour suivant. Cela fait partie de la Velatio, le voilage des croix et des images sacrées exposées à la vénération des fidèles, avec l’exclusion de celles du Chemin de Croix. « Après la Messe et avant les Vêpres, on couvre les croix et les images de l’église de voiles violets ; les croix restent couvertes jusqu’à la fin de l’adoration de la croix de la part du célébrant le Vendredi Saint, les images jusqu’à l’intonation du Gloire lors de la Messe de la Vigile Pascale » récite le missel tridentin, fruit du Concile de Trente. En outre, la liturgie est accompagnée de moments de silence solennel.

Vendredi Saint

Le Vendredi Saint précède le Dimanche de Pâques et rappelle la passion de Jésus, sa crucifixion et sa mort. Il prévoit l’abstinence de viande pour les fidèles à partir de 14 ans d’âge, et l’abstinence et le jeûne ecclésiastique pour ceux de 18 à 60 ans. Il s’agit du dernier acte de pénitence de la part des fidèles afin de préparer le retour de Christ et la libération de la mort.

Le Vendredi Saint on ne célèbre pas l’Eucharistie. Les hosties qui sont offertes ont en effet été consacrées la veille, le Jeudi Saint.

La liturgie du Vendredi Saint célèbre la Passion du Seigneur, et prend le nom de célébration « in Passione Domini ». Dans le passé, on célébrait la liturgie du Vendredi Saint à 15h00, heure de la mort de Jésus selon les Évangiles. Aujourd’hui elle est célébrée dans l’après-midi, dans un horaire plus adapté afin de permettre la fréquentation de la part des fidèles.

La Liturgie in Passione Domini se compose de trois parties :

  • liturgie de la Parole, composée de nombreuses lectures et de la solennelles prière universelle ;
  • adoration de la Sainte Croix du maître-autel, qui est libérée du voile dont elle a été recouverte le jour avant ;
  • communion avec les présanctifiés (les hosties consacrées le soir avant).

Généralement, la liturgie du Vendredi Saint est suivie du Chemin de Croix, de cortèges avec statues processionnelles ou d’autres actes de dévotion.

Le Samedi Saint

Le Samedi Saint célèbre le jour où Jésus serait descendu aux enfers. Cette descente a vu comme protagonistes la divinité de Christ et son âme humaine, tandis que son corps restait dans le tombeau, protégé de la décadence par la grâce divine. Pendant le temps passé aux enfers, Jésus triomphe contre le diable et libère les âmes des justes en les amenant au Paradis. Seulement une fois accomplie leur mission, âme et divinité retournent se joindre au corps incorrompu. C’est le moment de la Résurrection.

Deuxième jour liturgique du Triddum pascal, c’est un jour dédié au recueillement et à la prière. Tous les fidèles sont en attente de la Résurrection, qui sera annoncée lors de la veillée pascale qui débute au coucher du soleil.

« Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s’est apaisée, parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler » (tiré d’une Homélie ancienne du Samedi Saint).

Dans le jour du Samedi Saint on ne célèbre point de messe, l’autel reste dépouillé, pour symboliser l’absence de Christ, son être momentanément ailleurs. L’eucharistie est concédée uniquement en cas de mort. Les sacrements sont suspendus.

Jeûne ecclésiastique et abstinence de viande sont conseillés, mais pas obligatoires.

Après le coucher du soleil, commence la Veillée pascale, avec l’allumage du cierge pascal, est la proclamation de la lumière de Christ.

Dimanche de Résurrection

Le Dimanche de Résurrection conclut la Semaine Sainte en célébrant la joie et le triomphe de Jésus ressuscité. La Résurrection représente le fondement même de la foi chrétienne, qui se renouvelle à chaque liturgie eucharistique et perpétue son miracle dans le temps.

Les traditions populaires

On l’imagine aisément, la Semaine Sainte se caractérise, outre que par la liturgique spécifique de chaque journée, par des nombreuses formes de dévotion populaire et par des traditions qui puisent leurs origines dans le passé. Du reste, surtout en Italie, la tradition des fêtes patronales est enracinée dans le territoire et dans la mémoire historique à un tel point qu’il devient parfois difficile de séparer le sentiment religieux des suggestions plus profanes. Même dans cette période si importante pour les chrétiens, de nombreuses traditions populaires animent nos villes et nos villages. Nous souhaitons en rappeler quelques-unes.

Lors de la Processione degli Incappucciati (Procession des Encapuchonnés), qui se déroule le Vendredi Saint à Isernia, une procession d’hommes entièrement couverts d’un voile blanc et couronnés d’une couronne d’épines parcourt toute la ville en portant sur les épaules les statues de la Mater Dolorosa et du Christ Mort.

À Lanciano, les Incappucciati portent une bure noire avec capuche et parcourent les rues de la ville avec des torches le Jeudi et le Vendredi Saints, tandis qu’un homme choisi parmi les membres des Confréries employées dans la commémoration joue le rôle de Simone de Cyrène déchaussé qui porte la croix à travers la ville.

À Sarno, en Camapnie, depuis le XIIIe siècle, des hommes encapuchonnés, les Paputi (du latin pappus, vieux), parcourent le Chemin de Croix en portant des croix en bois.

À Enna, en Sicile, beaucoup de traditions pratiquées encore de nos jours pendant la Semaine Sainte remontent à la domination espagnole, entre le XVe et le XVIIe siècle. Pensons ici aussi aux encapuchonnés qui, lors de la procession du Vendredi Saint, portent les fercoli (chars caractéristiques) du Christ mort et de Notre-Dame des Douleurs, tandis qu’autour d’eux résonnent des marches funèbres et les lamentanze, des anciens chants religieux qui pleurent la mort du Christ.

À Noicattaro, dans les Pouilles, le soir du Jeudi Saint, a lieu la procession des Crociferi, des hommes habillés en noir, une capuche couvrant leur visage et une couronne d’épines sur leur tête, qui parcourent, déchaussés, les rues du centre pour visiter les reposoirs, les autels destinés à abriter temporairement le Saint Sacrement.

À San Severo, le Vendredi Saint s’ouvre avec la traditionnelle procession de Notre-Dame des Douleurs et de Jésus Flagellé.

Le Samedi Saint à Nocera Terinese, en province de Catanzaro, les vattienti passent en procession par la ville en se frappant les jambes avec des objets pointus jusqu’à les faire saigner copieusement afin de rappeler les souffrances de Jésus.

À Sulmona, en province de L’Aquila, le Dimanche de Pâques a lieu la Sainte Représentation de la Madonna che scappa in piazza (la Sainte Vierge qui s’enfuit sur la place). La statue de Notre-Dame des Douleurs est portée en procession à une grande vitesse, à symboliser la course de Marie pour retrouver Jésus ressuscité.

Les animaux symboles de la Pâques chrétienne

Les animaux symboles de la Pâques chrétienne

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Crèche de Pâques, une ancienne tradition à redécouvrir

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Annonciation du Seigneur : pourquoi la fêtons-nous le 25 mars

Annonciation du Seigneur : pourquoi la fêtons-nous le 25 mars

Le 25 mars nous célébrons l’Annonciation du Seigneur, une fête dédiée à Jésus, mais aussi à Sa mère Marie, liée à Lui de manière indissoluble. Découvrons pourquoi.

Peu de festivités chrétiennes peuvent se vanter de l’importance religieuse de l’Annonciation du Seigneur. Elle se place en effet au centre de l’histoire du salut, puisqu’elle représente le début des temps nouveaux, de la nouvelle alliance entre Dieu et l’homme. C’est avec l’Annonciation que démarre ce plan divin qui culminera avec la naissance de Jésus et surtout avec sa mort et résurrection.

Mais de quoi s’agit-il ?

Avec le terme “Annonciation” on décrit la rencontre entre Marie et l’archange Gabriel dans le petit village de Nazareth. Une rencontre destinée à changer complètement le sort de l’humanité, puisque ce fut à cette occasion que l’Archange, messager de Dieu, annonça à la jeune fille l’imminente naissance du Messie.

C’est du mystère de l’Incarnation du Verbe que nous sommes en train de parler, c’est-à-dire la croyance que Jésus-Christ se soit incarné au sein de la Vierge Marie. Pour cette raison, l’Annonciation était autrefois appelée la fête de la Divine Incarnation. Un concept incontournable pour les chrétiens, qui toutefois généra de nombreux désaccords dans l’antiquité. Pour finir, après les propositions et les dissertations concernant l’Incarnation et la nature de Jésus qui furent discutées lors du Première Concile de Nicée en 325, du Concile d’Éphèse en 431 et du Concile de Chalcédoine en 451, il fut déclaré que Jésus était à la fois pleinement Dieu, et en tant que tel incarnation de la deuxième personne de la Très-Sainte Trinité, engendré et non pas créé par le Père, et pleinement homme, né de la Vierge Marie, fait chair. Tout ce qui divergeait de cette pensée fut définie comme une hérésie.

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La Fête de l’Annonciation est célébrée le 25 mars pour une série de raisons. Des anciennes théories déjà débattues au VIe et au VIIe siècle soutenaient en effet que, en même temps que l’équinoxe de printemps, qui tombe autour de cette date, auraient eu lieu à la fois l’Incarnation du Verbe et la création du monde. Bien plus simplement, si nous prenons le 25 décembre comme date de la naissance de Jésus, il nous suffit de remonter à 9 mois avant pour identifier la date indicative de sa miraculeuse conception.

Un aspect fondamental que nous devons tenir en compte en parlant de l’Annonciation du Seigneur est sa double nature de fête dédiée à Jésus, mais aussi de fête mariale. L’Annonciation représente probablement le plus haut et le plus important moment de rencontre entre l’humain et le divin et, pour cette raison, les deux protagonistes ont la même valeur. Marie symbolise l’attente d’Israël qui trouve enfin son accomplissement dans l’arrivée du Sauveur. Son acceptation du destin voulu pour elle par Dieu, l’obéissance avec laquelle elle se confie à Sa volonté, et surtout l’immense amour qui la caractérise à partir de ce moment sont indissolublement liés à l’œuvre salvatrice de Son Fils. En Marie le Salut est déjà une réalité, à l’instant même où sa promesse est prononcée : « Et voici tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin » (Luc 1,31-33). Voici comment selon Luc l’ange annonça à Marie la venue de Christ Roi, Roi d’Israël, Roi des rois, Roi de la Terre, Roi des nations, comme il est écrit dans les anciennes prophéties concernant le Messie attendu par les Juifs.

Annonciation du Seigneur, donc, mais aussi Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, comme la fête était connue dans le passé.

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Mais voyons plus en détail ce que Luc raconta à propos de l’Annonciation.

L’Annonciation dans l’Évangile selon Luc

L’Annonciation est racontée de manière très différente dans l’Évangile selon Matthieu et dans l’Évangile selon Luc. Nous nous attarderons surtout sur la version de Luc, celle dans laquelle l’Archange se rend auprès de Marie pour lui apporter la nouvelle de sa prochaine grossesse. Dans l’Évangile selon Matthieu, par contre, c’est auprès de Joseph que l’ange se rend, afin de lui intimer, dans un rêve, de ne pas répudier son épouse rendue enceinte par l’œuvre du Saint-Esprit.

Voici ce que Luc écrit :

Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle, et dit : Je te salue, Comblée-de-grâce ; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu Et voici tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d’homme ? L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. Marie dit : Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ! Et l’ange la quitta. (Luc 1, 26-38)

Il suffit de lire ce passage de l’Évangile afin de comprendre l’importance que l’Annonciation a pour tous les chrétiens. En effet, des études ont été accomplies sur chaque phrase, chaque passage de cet extrait. Nous ne prétendons certes pas analyser dans un seul et unique article toutes ses infinies implications, soient-elles linguistiques ou théologiques.

Nous nous approchons de cela avec simplicité et humilité, exactement comme le fit Marie, une vierge promise à un homme, Joseph, qui en présence de Gabriel, un des archanges appartenant à la troisième hiérarchie de la cour céleste, un ange qui a en son propre nom la puissance de Dieu, car cela signifie « Dieu se manifeste fort, puissant et tout-puissant », est tout d’abord troublée, rien que par le salut grandiloquent qui lui est adressé. Ce Comblée-de-grâce que nous connaissons si bien grâce à la prière Je Vous salue Marie, e qui vient du grec kecharitòmene, un terme qui exprime le maximum de grâce que quelqu’un peut incarner. Mais le nom même de Marie exprime une signification qui va au-delà du nom , puisqu’en araméen il signifie « princesse, dame, reine », en juif « celle qui voit et fait voir (ce qui ne peut être vu) » et en égyptien « celle qui est aimée par Dieu ».

Ensuite elle se tranquillise, quand l’ange lui dit de ne rien craindre, puisqu’elle est dans la grâce de Dieu et, quand on lui annonce qu’en son sein naîtra le Roi que tout le monde attend, elle s’émerveille dans sa simplicité, car elle n’a encore connu aucun homme.

L’ange la rassure et, afin de lui donner une preuve de la véracité de ses paroles, il lui annonce que sa parente Élisabeth aussi est enceinte, malgré son âge avancé, et qu’elle accouchera bientôt, car rien n’est impossible à Dieu.

Et à ce moment-là Marie n’a plus de doutes, ni d’hésitations : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

Des mots d’humilité et d’obéissance et, en même temps, d’une incroyable puissance. À l’instant même où elle se remet complètement à la volonté de Dieu, Marie représente tout le meilleur que l’humanité peut incarner et offrir, et Dieu en personne l’élève au-dessus de tout et de tous.

C’est ainsi que nous aussi nous devrions vivre cette fête, comme une invitation à l’humilité, au courage de nous en remettre complètement à Dieu, librement, sans questions. S’il est vrai que c’est toujours mieux de pondérer et d’affronter avec rationalité les choix importants, il est tout aussi vrai que, dans certains cas, il faut s’en remettre exclusivement à la foi, sans réfléchir aux conséquences. En acceptant la volonté de Dieu, Marie savait qu’elle risquait d’être reniée par son fiancé, et pourtant elle n’hésita pas, ne demanda pas de garanties. Elle a eu confiance en Dieu.

Cela fait d’elle la Comblée-de-grâce, et en son fils Jésus chaque homme peut espérer obtenir un peu de cette grâce si précieuse.

Avant même la naissance du Sauveur, Sa mère devient l’intermédiaire entre Lui et tous les hommes. Si Jésus est au centre de notre vision du ciel, Marie est à ses côtés, suppliant la grâce pour nous tous. Elle qui a cru en Son Fils avant même qu’il ne vienne au monde.

L’ Annonciation dans l’art

L’Annonciation a été reproduite une quantité infinie de fois dans l’art sacré. Pensons au merveilleux tableau d’Antonello de Messine, ou à l’Annonciation de Léonard de Vinci, ou encore avant à celle de Giotto ou de Bernardo Daddi, et aux différentes versions peintes par Beato Angelico, pour ne citer que quelques noms.

Généralement, indépendamment de l’époque et du courant artistique de référence, les œuvres qui représentent l’Annonciation du Seigneur ont pour protagonistes Marie et l’Archange Gabriel, généralement placés l’un en face de l’autre aux deux extrémités de l’espace. Dans certains tableaux ou fresques, l’ange est en train de voler, dans d’autres il s’est posé à terre, debout ou à genoux, tandis que Marie est généralement assise, avec les bras croisés en signe de soumission.

Dans certaines représentations, par contre, elle tend la main vers l’ange, qui lui offre un lys. Le symbolisme du lys, expression de pureté, revient souvent. La pièce de Marie que l’on entrevoit derrière elle est aussi propre et en ordre, à signifier sa modestie et sa pureté. Parfois, des bras de l’ange sortent les mots du Je Vous salue Marie.

D’autres protagonistes de la représentation peuvent être le Saint-Esprit, représenté comme une colombe, la main de Dieu qui apparait dans un coin, et Jésus en personne, associé ou pas à Adam et Ève, signe de la purification du péché originel que Sa venue représente.

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Dans la Renaissance et dans le Baroque la disposition des personnages et les éléments symboliques commencent à changer, en créant des visions nouvelles et suggestives de cet épisode, qui reste encore aujourd’hui un thème récurrent de l’iconographie sacrée.