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Marie Madeleine épouse de Jésus : tirons les choses au clair

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Saint Camille de Lellis : le saint protecteur des infirmes

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Qui était vraiment Marie Madeleine : histoire de l’« Apôtre des Apôtres »

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Parmi les disciples, il y avait aussi plusieurs femmes. Apprenons à mieux connaître Marie Madeleine, l’apôtre qui quitta tout pour suivre Jésus.

Sainte Marie Madeleine ou Marie de Magdala est un des personnages qui apparait dans les Évangiles, mais qui, au cours des siècles, a endossé un rôle de plus en plus complexe et a joui d’une réputation controversée. Sainte Patronne des pénitents, elle est commémorée par l’Église d’Occident et d’Orient comme une des disciples les plus proches de Jésus, liée à lui par un rapport profond et par un lien privilégié, supérieur à certains égards à celui avec les 12 apôtres. Ce n’est pas un hasard si c’est à elle que le Christ Ressuscité apparut en premier le matin de Pâques et qu’Il  s’adressa à elle en l’appelant par son prénom.

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Dans le jour qui lui est dédié, le 22 juillet, le Missel romain prévoit comme première lecture un extrait du Cantique des Cantiques, qui exprime tout l’amour de Marie Madeleine et son angoisse quand elle ne trouva pas Jésus dans le tombeau.

« Ainsi dit l’épouse :
Sur mon lit, la nuit, j’ai cherché
celui qu’aime mon âme ;
je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé.
Oui, je me lèverai, je tournerai dans la ville
par les rues et les places ;
je chercherai celui qu’aime mon âme.
Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé.
Ils m’ont trouvée, les gardes, eux qui tournent dans la ville :
« Celui que mon âme désire, l’auriez-vous vu ? »
À peine les avais-je dépassés,
j’ai trouvé celui qu’aime mon âme ». (Cantique des Cantiques 3,1-4a)

Mais qui était vraiment cette femme qui vécut à côté de Jésus pendant la brève durée de sa mission mortelle et qui l’accompagna jusqu’à la Croix et au-delà, en vivant de loin le supplice de la Passion, fidèle, attentionnée, animée par un amour inébranlable ?

Histoire de Marie Madeleine

Dans les Évangiles, apparaissent trois femmes proches de Jésus, en plus de Marie, Sa mère : Marie de Béthanie, sa sœur Martha (toutes les deux sœurs de Lazare) et Marie Madeleine. Dans le passé, il est déjà arrivé que ces trois figures féminines aient été mélangées, chevauchées et que les caractéristiques de l’une soient attribuées à l’autre, souvent avec une interprétation complètement erronée.

Marie Madeleine la « pénitente » était née à Magdala, village de pêcheurs sur le Lac de Tibériade, et cela explique pourquoi elle était aussi appelée Marie de Magdala. L’appellation « Madeleine » pourrait lui avoir été donnée par la suite soit pour sa provenance soit en considération de sa ferveur et de la ténacité avec laquelle elle resta aux côtés du Maître jusqu’à la fin. En effet, Madeleine dérive de l’hébreu magdal, « Tour ».

Mais Marie Madeleine est connue également comme « apôtre des apôtres » car elle fut la première à donner la nouvelle de la Résurrection aux autres apôtres de Jésus, et « évangéliste » en tant que porteuse de la Bonne Nouvelle.

La tradition veut que Marie Madeleine ait commencé à suivre Jésus après qu’Il l’avait libérée de « sept démons ». En signe de gratitude pour l’avoir sauvée, Marie Madeleine assistait Jésus de ses biens, comme aussi Susanne et Jeanne, comme une des femmes qui assistaient Jésus de leurs biens : « Les douze étaient avec lui et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Susanne, et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens » (Luc 8,2-3).

Jean nous la montre sous la Croix avec la Vierge Marie et Saint Jean, et cet être à côté de la très douce mère de Jésus et de son apôtre préféré nous fait comprendre combien l’amour qui liait Christ à Marie Madeleine devait être grand : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala » (Jean 19, 25).

Après la mort et la Résurrection de Jésus, Marie Madeleine est probablement aller vivre à Éphèse, ainsi comme Marie, mère de Jésus, et Jean.

Marie Madeleine était-elle une prostituée ?

Bien que la tradition populaire ait voulu pendant des siècles lui attribuer ce métier, duquel elle se serait par la suite affranchie pour se racheter et suivre Jésus, des études plus récentes ont conclu que Marie Madeleine n’était pas une prostituée. Cette croyance est le fruit de plusieurs équivoques qui ont été traînés dans le temps, jusqu’à fournir une vision déformée de cette figure. D’un côté l’histoire des « sept démons » que Jésus aurait tiré de Marie Madeleine et de l’autre son identification erronée avec l’anonyme pécheresse qui lava avec ses larmes et de l’huile parfumée les pieds de Jésus dans la maison du notable pharisien, en les essuyant ensuite avec ses cheveux (Luc 7, 36-50).

Marie de Béthanie aussi, sœur de Martha et de Lazare, oignit les pieds de Jésus avec une huile couteuse et les essuya avec ses cheveux, en déchaînant la colère de Judas (Jean 12, 1-8) et, une autre fois encore, la figure de Marie Madeleine se chevauche et se confond avec cette autre Marie. Du reste, dans certains textes apocryphes, elle est confondue même avec la Mère de Jésus !

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Évangile de Marie Madeleine

Nous avons écrit que Marie Madeleine fut « apôtre des apôtres », mais aussi « évangéliste ». Et un Évangile de Marie Madeleine existe vraiment. Il fait partie des évangiles apocryphes et il s’agit d’un évangile gnostique, i.e. un des textes élaborés par des philosophes-mystiques d’Alexandrie, autour du II siècle, théoriciens du gnosticisme chrétiens. Selon les gnostiques, le salut de l’homme passe par la prise de conscience qu’il est imparfait, ainsi comme le monde dans lequel il vit, mais Dieu est, Lui, parfait et éternel, et a envoyé ses émanations dans le monde, Christ et Sophia (le Saint-Esprit), dans les personnes de Jésus et de Marie Madeleine. Dans l’Évangile de Marie Madeleine, on dédie en effet beaucoup d’espace à l’importance de cette dernière, disciple préférée du Seigneur, dans le grand plan divin, tant que seule à elle le Très-Haut aurait confié son enseignement supérieur.

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Alors Marie se leva, elle les embrassa tous et dit à ses frères :
« Cessez de pleurer et de vous affliger et que votre cœur ne soit plus partagé car Sa Grâce vous accompagnera tous et vous protégera. Louons plutôt Sa grandeur, car Il nous a préparés. Il nous a faits Homme ».
Par ces paroles, Marie convertit leur cœur au Bien et ils se mirent à argumenter sur les paroles du Sauveur.
Pierre dit à Marie : « Sœur, nous savons que le Sauveur te préférait aux autres femmes, rapporte-nous les paroles les paroles du Sauveur que tu as en mémoire, celles que tu connais mais nous pas et que nous n’avons pas entendus ».
Marie répondit et dit : « Ce qui vous est caché, je vais vous l’annoncer ».

Madeleine : signification du nom et sa fête

La fête du prénom Madeleine tombe le 22 juillet, jour où l’Église catholique et l’Église orthodoxe rappellent Sainte Marie Madeleine. Ce prénom dérive du grec biblique Μαγδαλήνη (Magdalene), « habitant de Magdala », mais aussi de l’araméen magdal, « Tour ». Magdala était un village de pêcheurs et était connu aussi comme « tour des poissons ». Très répandu jusqu’au Moyen Âge, il compte parmi ses variantes Madga.

Sainte Maria Goretti : la pureté et le pardon

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La véritable histoire de Judas Iscariote, connu pour avoir trahi le Messie

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Le nom de Judas est lié à la triste histoire de l’apôtre qui trahit Jésus : lisez cet article pour connaître la véritable histoire de Judas Iscariote.

Pierre fut le « chef » des Apôtres et le premier Pape. Jean était le disciple que Jésus aimait. Matthieu le publicain et Thomas l’incrédule. Parmi les douze Apôtres de Jésus, il y avait différents charismes et caractéristiques distinctives que nous rappelons encore aujourd’hui. Un sur tous se distingue pour l’événement probablement le plus dramatique et le plus sombre de l’Évangile : Judas Iscariote, l’Apôtre qui trahit Jésus.

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Les origines de Judas Iscariote

Souvent les noms des personnages de l’Évangile, Apôtres y compris, sont accompagnés par des attributs qui donnent une information sur la provenance – Jésus est souvent appelé le Nazaréen – ou pour souligner une caractéristique qui identifie la personne – comme Simon le Zélote. L’attribut Iscariote, qui accompagne le nom de Judas, est utilisé pour le distinguer de Jude Thaddée, un autre membre des Douze. Le mot Iscariote a été étudié par les philologues et la plupart d’entre eux pensent que cela signifie « Homme de Querjoth », ce qui nous donne une information sur les origines du personnage de Judas. Quarjoth était en effet un village de la Judée méridionale. Curieusement, si l’hypothèse s’avère correcte, Judas serait le seul Apôtre à ne pas être originaire de la Galilée, zone plus simple et moins avancée de la Judée

Une autre possible interprétation du mot Iscariote est qu’il s’agisse du terme grec sikarios, i.e. sicaire, terme utilisé de manière générale à l’époque de Jésus pour indique ceux qui s’opposaient à la domination romaine avec la guérilla.

Le rôle de Judas au sein des Apôtres

Dans le groupe des Apôtres, Judas avait le rôle de trésorier, i.e. administrateur de l’argent du groupe. Dans l’Évangile de Jean on souligne comment Judas profitait de sa tâche, en volant de la caisse commune. En particulier, on met en évidence son attachement à l’argent dans l’épisode de la femme qui casse le vase d’huile de nard pour oindre Jésus. Judas se fâche en disant que l’huile pouvait être vendue en y gagnant de l’argent pour les pauvres, mais l’évangéliste spécifie que Judas ne s’intéressait pas aux pauvres, mais à l’argent de la caisse comune.

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Le rôle de Judas a fait de nouveau l’objet d’études en 1978, avec la découverte d’un parchemin copte, écrit dans un contexte gnostique, appelé l’ « Évangile de Judas », où est esquissée une interprétation très différente du personnage de Judas. Selon le parchemin, Judas n’aurait pas trahi Jésus, mais accompli la volonté de Dieu : Jésus lui aurait dévoilé certains secrets et Judas aurait contribué à l’arrestation de Jésus afin de permettre que le plan réservé à Christ puisse s’accomplir. Cette interprétation n’est toutefois pas supportée par d’autres preuves.

Après la Résurrection, afin de conserver le nombre d’Apôtres choisis par Jésus, on désigna un remplaçant pour Judas : Saint Matthieu, qui fut choisi parmi les disciples les plus proches de Jésus afin de participer à l’évangélisation avec le groupe des Apôtres.

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« L’un de vous me trahira” : la Cène

La trahison eut lieu le soir de la Cène. Pendant la Cène, Jésus annonce justement qu’il sera trahi par l’un d’eux, en causant désarroi et chagrin parmi les Apôtres. Jésus s’adresse directement à Judas en lui disant “Ce que tu dois faire, fais-le vite”. Judas laissa le groupe, alors que les autres Apôtres ne comprenaient pas la phrase de Jésus, pensant qu’il s’agissait d’une commission de trésorier.

Dans beaucoup des représentations de la Cène, le personnage de Judas se reconnaît car il est représenté avec une bourse remplie de pièces à la main. Dans certains cas, il n’a pas d’auréole ou se trouve à une extrémité de la table, comme pour indiquer sa distance intérieure par rapport au groupe des Apôtres.

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Le baiser de Judas

L’événement culminant de la trahison de Judas est le baiser, utilisé par Judas pour indiquer aux grands prêtres qui était Jésus au jardin des Gethsémani. Judas utilise cette marque d’affection de manière fausse et contradictoire : ce qui aurait dû exprimer de l’amour – le baiser – devient au contraire un instrument du mal.

L’histoire de la trahison de Judas, comme de nombreux épisodes de l’Évangile, est amenée à faire partie de la tradition populaire et du sentiment commun. Encore aujourd’hui on utilise l’expression « être un Judas » pour indique quelqu’un comme traître ou voleur, les deux caractéristiques emblématiques du personnage.

Saints Pierre et Paul, pourquoi sont-ils fêtés ensemble ?

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24 juin : Saint Jean le Baptiste

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Saint Louis de Gonzague, saint patron des jeunes

Saint Louis de Gonzague, saint patron des jeunes

Saint Louis de Gonzague est un de ce jeunes qui, dans l’histoire de l’Église, ont dédié leur courte vie à cultiver leurs vertus et à soigner leur prochain. Des jeunes saints qui vivent dans l’éternité, modèles de vie et de foi pour les jeunes d’aujourd’hui.

Aujourd’hui nous parlerons de Saint Louis de Gonzague, un des “saints jeunes”. Et dans son cas, cette définition est plus vraie que jamais, puisque Saint Louis des jeunes est justement le saint patron. Canonisé en 1726 par Pape Benoît XIII, il fut ensuite déclaré par ce dernier protecteur des étudiants, tandis que Pie XI le nomma en 1926 patron de la jeunesse catholique.

De plus, en 1991, Jean-Paul II lui attribua le patronat des malades du SIDA.

Nous avons déjà dit que Saint Louis de Gonzague est un saint jeune. En effet, comme nous le verrons, il mourut à vingt-trois ans à peine. La mort d’un enfant ou d’une personne très jeune est toujours tragique. Cela frappe la communauté entière, en transmettant un sens de profonde impuissance et d’incrédulité. C’est comme si la fin prématurée d’une jeune vie enlevait un peu de future et de confiance à tout le monde. Cela parce que, à la gravité de la mort en soi, s’ajoute la conscience d’une vie brisée avant de même de commencer, de l’annulation de tout ce qui aurait pu être et ne sera jamais. Le plus grand mérite de ces jeunes garçons et filles est justement le fait qu’ils ont su cultiver leur esprit en un laps de temps si bref, en accomplissant de telles actions qu’ils ont mérité la béatification.

Qu’est-ce que nous démontrent ces jeunes saints, ces fleurs coupées trop tôt, probablement parce que destinées à décorer un Jardin céleste, auquel seuls les plus dignes peuvent aspirer ? Leur leçon est précieuse et double : d’un côté, ils nous apprennent que la sainteté n’a pas d’âge, qu’il n’y a pas besoin d’avoir vécu des nombreuses années et d’avoir muri une longue expérience de vie pour pouvoir accomplir des actions dignes d’être sanctifiées ; de l’autre, ils nous montrent comment la véritable immortalité réside justement dans le fait d’être rappelés au cours des années et des siècles en vertu des bonnes actions que l’on a accompli dans une pourtant courte existence.

Cette valeur double fait d’eux des modèles de référence pour les jeunes du même âge de chaque époque, des exemples à suivre et à imiter, desquels s’inspirer afin de trouver courage et force dans les moments difficiles. Jamais comme à notre époque, où les jeunes semblent avoir perdu les valeurs de référence, où il est si facile de s’abandonner au désespoir, souvent pour des raisons futiles, on sent le besoin d’avoir des exemples de la sorte.

Le 21 juin, nous fêtons un de ces jeunes saints, l’emblème même de la jeunesse, le saint patron des jeunes de tous les temps : Saint Louis de Gonzague.

L’histoire du saint

Avant de découvrir l’histoire de Saint Louis, nous souhaitons nous attarder sur un aspect un peu négligé de sa personne. En effet, si nous observons les images pieuses et autres représentations qui le peignent comme un jeune délicat portant un habit noir et blanc de jésuite, avec un lys entre ses fines mains et le regard langoureusement perdu dans la contemplation d’un crucifix, la perception que nous pouvons avoir de lui est probablement un peu limitée. Car, bien sûr, Saint Louis fut un jeune à l’air gentil, mais il fut également si obstiné et déterminé qu’il s’opposa de toutes ses forces à la vie que les autres avaient choisi pour lui afin de poursuivre son rêve et de dédier son existence à Dieu. Nous pouvons parler donc d’un jeune rebelle, et pour les jeunes il est probablement plus facile de s’identifier dans un rebelle, plutôt qu’à  un jeune de leur âge à l’air docile et soumis.

Le fait est que Saint Louis naquit le 9 mars 1568 à Castiglione delle Stiviere, en province de Mantoue, fils aîné du Marquis Ferdinand Ier de Gonzague, seigneur de Castiglione, et de Marta Tana de Santena, la dame de compagnie préférée de la troisième femme de Philippe II d’Espagne, Isabelle de Valois. Il appartenait donc à une des plus puissantes familles de la Renaissance italienne et, en tant que fils aîné, son père le désigna comme son héritier et plaça en lui tous ses espoirs. Dès son enfance, donc, Louis dût suivre son père quand il se dédiait aux exercices militaires et passait en revue ses troupes. Il le faisait en portant une armure d’enfant que Ferdinand avait fait confectionner exprès pour son fils. Le milieu des soldats n’était sûrement pas adapté pour un enfant si jeune, mais Louis obéissait aux souhaits de son père, qui voulait l’introduire au métier des armes au plus tôt.

Toutefois, déjà à sept ans, l’enfant commença à montrer une certaine intolérance pour ce genre de vie dédiée à la violence et à l’abus. Il commença à prier de manière de plus en plus fréquente, en percevant un appel précoce à Dieu. Son souhait de fuir la vie mondaine et souvent turbulente des nobles de son temps augmenta quand, envoyé avec son frère Rodolphe à Florence, il entra en contact avec la cour corrompue du grand-duc de Toscane, François de Médicis. Il fut tellement dégouté de ce milieu adonné aux intrigues et à la décadence qu’il s’enferma de plus en plus sur lui-même, jusqu’à prononcer, à dix ans à peine, le vœu de ne jamais offenser Dieu avec le péché. Il commença à se soumettre à des jeûnes et des pratiques religieuses souvent extrêmes, en priant sur le sol en pierre de sa chambre glacée, et en s’engageant vaillamment pour maintenir sa chasteté et sa modestie. Son aspiration constante à la sainteté l’amena à des excès que lui-même reconnut par la suite. Du reste, n’ayant personne pour le guider et pour le conseiller dans son parcours spirituel, il dût essayer de trouver tout seul son propre chemin.

« Je suis un morceau de fer tordu. Je suis entré dans la vie religieuse pour me redresser », dit-il de lui-même, une fois devenu Jésuite.

Entretemps, il se dédiait à l’étude : lettres, science, philosophie et théologie. Son père ne se résigna pas facilement à son changement, en l’envoyant dans des nombreuses cours italiennes et européennes, dans l’espoir de le distraire de son obsession religieuse. À Brescia, en 1580, Louis reçut la Première Communion du Cardinal Charles Borromée en visite en ville.

Son père arriva à l’envoyer comme page en Espagne, à la suite de Marie d’Habsbourg, veuve de l’empereur Maximilien II.

Mais Louis était plus que jamais déterminé à suivre son propre chemin. En effet à Madrid il eut un confesseur Jésuite et décida d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Mais il lui fallait l’autorisation de Ferdinand, qui menaça de le fouetter s’il n’en cessait pas avec ses délires religieux. Mais pour finir ce fut au père de céder.

Louis renonça au titre de Marquis en faveur de son frère cadet et Ferdinand l’envoya à Rome avec une lettre pour le supérieur général des jésuites, dans laquelle il avait écrit : « Je souhaite simplement affirmer que je suis sur le point de remettre entre les mains de Votre Révérendissime Excellence le bien le plus précieux que je possède au monde ».

Le 25 novembre 1585, à dix-sept ans, Louis de Gonzague entra comme novice dans la Compagnie de Jésus. Paradoxalement le style de vie de novice fut beaucoup moins rigide et auster de celui qu’il s’était imposé par lui-même chez lui. Ses propres supérieurs lui intimèrent de manger plus et prier moins, et de réduire ses pénitences.

Il vécut et étudia à Rome, qu’il ne quitta que pour des brèves périodes. Ici, au beau milieu des épidémies qui ravageaient la population, il dédia sa jeune vie au soin des malades de peste et de typhus. Et cela malgré le fait d’avoir confessé à son référent spirituel qu’il éprouvait un terrible dégoût à la vue et à l’odeur des malades. À la santé fragile, éprouvé par ce style de vie très dur, en 1591 il tomba malade après avoir assisté un patient de l’Hôpital de la Consolation, malade de peste. Il mourut à vingt-trois ans à peine, avec le nom de Jésus sur les lèvres, comme Jeanne d’Arc.

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« Quand deux jésuites virent à ses côtés, ils remarquèrent que son visage avait changé et comprirent que leur jeune Louis allait mourir. Ses yeux étaient figés sur le crucifix qu’il gardait entre ses mains ; il mourut en tentant de prononcer le nom de Jésus » (Joseph Tylenda SJ, Jesuit Saints and Martyrs – Saints et martyrs jésuites).

Saint patron des étudiants

Comme nous l’avons déjà mentionné, Pape Benoît XIII déclara Saint Louis protecteur des étudiants en 1729. Ce titre fit en sorte qu’au cours des siècles des très nombreuses congrégations religieuses qui se dédiaient à l’instruction des jeunes catholiques s’inspirent de lui : les Frères de Saint Louis de Gonzague, nés aux Pays-Bas en 1840 ; les Sœurs oblates de Saint Louis de Gonzague, fondées en 1815 ; les Sœurs Maitresses Louisiennes de Parme.

Pape Jean-Paul II, qui en 1991 se rendit en pèlerinage à Castiglione, affirma à propos de Saint Louis : « Je suis ici en ce sanctuaire historique afin de célébrer avec vous Saint Louis de Gonzague, jeune modèle de la jeunesse, vécut il y a très longtemps, mais encore très actuel, car dévoué aux valeurs qui ne s’estompent jamais. Il fut un héroïque apôtre de la charité. Il se sépara de tout afin d’embrasser le Tout […], il ne dédaigna pas le monde, au contraire, il se consacra à Dieu afin de l’aimer plus et mieux. Que son exemple vous illumine ».

D’autres jeunes Saints

Nous avons déjà mentionné au début de cet article que Saint Louis ne fut qu’un des jeunes Saints et Bienheureux qui ont démontré au cours des siècles comment la sainteté ne connait pas de limites d’âge.

Nous souhaitons en citer quelques-uns.

Saint Dominique Savio fut un élève de Saint Jean Bosco, et mourut à quatorze ans à peine. Profondément dévot à l’Immaculée Conception, assidu aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, il aida Don Bosco et quarante-quatre de ses jeunes en 1856 pendant la terrible épidémie de colère de laquelle eux tous sortirent miraculeusement indemnes. Toutefois, par la suite, il contracta la tuberculose et mourut avant d’avoir fêté ses quinze ans. Il fut proclamé saint en 1954 par pape Pie XII.

Sainte Agathe, sainte patronne de Catane, vécut au IIIe siècle. Le proconsul Quintien s’éprit d’elle et la persécuta, d’abord en essayant de la faire corrompre par une courtisane et ses filles, ensuite en l’emprisonnant et en la faisant torturer de manière horrible. Agathe fut fouettée et on lui arracha les seins avec des tenailles, ensuite elle subit le supplice des charbons ardents. Morte à peine adolescente, elle est une des sept vierges et martyrs rappelées dans le canon de la Messe.

À Sainte Jeanne d’Arc nous avons dédié récemment un long article. Saint Patronne de France, pendant la Guerre des Cent Ans elle conduisit l’armée de Charles, Dauphin de France et, par la suite, son Roi, contre les Anglais et leurs alliés bourguignons. Trahie par ses propres capitaines et abandonnée par son Roi, elle fut brûlée sur le bûcher par les Anglais à dix-neuf ans à peine, après un faux procès dans lequel elle fut accusée de sorcellerie et d’hérésie.

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La descendance d’Abraham jusqu’à Jésus

La descendance d’Abraham jusqu’à Jésus

La descendance d’Abraham, i.e. la généalogie de Jésus, a une importance fondamentale dans l’histoire du Christianisme et peut être considérée comme un résumé de l’histoire entière du peuple juif. Découvrons pourquoi.

Pourquoi dans le premier livre de l’Évangile de Matthieu et dans le troisième de l’Évangile de Luc, afin d’introduire l’histoire de Jésus, sont reportées respectivement la descendance d’Abraham, qui part de lui jusqu’à arriver à Jésus, et une encore plus vaste généalogie qui puisent ses racines dans la figure d’Adam ?
La raison est simple. À l’époque où les Évangiles ont été écrits, il était considéré comme encore très important de contextualiser les faits dont on souhaitait parler dans un cadre historique documenté qui a des fondations solides et qui ne puisse donc pas être mis en doute.

Jésus comme partie de l’histoire du peuple juif

Commencer l’histoire d’un personnage en énumérant sa généalogie était typique surtout dans le monde oriental. Dans le cas des Évangiles, de plus, la nécessité de créer autour de la figure de Jésus-Christ une base historique qui le relie de manière incontestable à l’histoire du peuple juif, apparait encore plus évidente. Grâce à ces deux généalogies, Jésus devient partie intégrante de l’histoire du Judaïsme et de ses trois grands Pères : Abraham, Moïse et David. Pour les Chrétiens, qui provenaient du judaïsme, il était fondamental de pouvoir insérer la figure de Jésus à l’intérieur de l’histoire de leur peuple et des Pères. Il s’agissait également d’une manière pour soutenir la prétention de la communauté chrétienne de reconnaitre Jésus comme le Messie.
Ce n’est pas un hasard si dans les deux généalogies Joseph n’est pas présenté comme le père biologique de Jésus, mais comme père putatif. Les deux évangélistes avaient besoin de créer un lien de parenté entre le Messie et le Roi David, en se reconnectant avec la prophétie du prophète Ésaïe :

Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï, et un rejeton naîtra de ses racines. L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. […] Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira (Ésaïe 11,1-10).

Jessé ou Isaï était le père du Roi David.

Mais il y a plus. Tant Matthieu que Luc indiquent Jésus comme accomplissement de l’histoire de l’Alliance et de la promesse de Salut entre Dieu et l’homme. Pour Matthieu, cette histoire débuta avec Abraham, pour Luc elle coïncide avec la naissance même de l’humanité, incarnée par Adam.

Il faut dire que Matthieu s’adressait surtout aux Juifs-Chrétiens et que pour cela placer au début de la généalogie Abraham, considéré comme le Père du Peuple Élu, est une manière de souligner la continuité entre judaïsme et Christianisme.
Luc, par contre, s’adressait aussi aux chrétiens d’origine païenne, qui n’avaient pas connu les traditions du monde juif. Pour cette raison, faire remonter l’origine de Jésus encore plus loin, jusqu’à Adam, qu’il définit comme Fils de Dieu, en insérant la figure de Jésus dans un contexte plus ample, qui fait référence aux différentes dynasties juives et aux dix patriarches antédiluviens (Adam, Seth, Enos, Kenan, Mahalaleel, Jared, Énosh, Mathusalem, Lamech et Noé) et aux dix postdiluviens (Sem, Arpaxad, Shélakh, Ébér, Pélég, Reou, Seroug, Nakhor, Térakh, Abraham).

Judaïsme et christianisme : différences

Toute cette préoccupation de la part de Matthieu de valoriser la descendance d’Abraham jusqu’à Jésus, et de Luc d’aller même au-delà, en puisant dans les racines mêmes de l’humanité, nous relie aux différences entre judaïsme et christianisme, que nous avons déjà pris en examen dans un article précédent. Pour un Chrétien, il est acquis de penser à Jésus comme fils de Dieu, puisque toute l’éducation religieuse qu’il reçoit dès son enfance porte justement sur Son inéluctable identité. Pour les Juifs d’aujourd’hui, et encore plus pour ceux du temps où les évangélistes écrivaient, Jésus était un simple prophète.

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Il était donc d’une importance primordiale, afin de convertir les Juifs au Christianisme, d’anoblir le plus possible aussi Sa figure terrestre, de manière à le rendre reconnaissable comme le Messie tant attendu.
Si la religion chrétienne commence avec Jésus, la juive débute avec Abraham, le premier homme auquel Dieu s’est adressé. L’alliance entre Dieu et les hommes, toujours selon les Juifs, s’approfondit ensuite grâce à Moïse, qui reçut de Dieu les Dix Commandements, guide de vie et de foi.
Aujourd’hui encore, honorer et poursuivre son rapport avec Dieu à travers l’étude et la prière, en se reliant à ce qu’a été fait par les Pères avant soi, est un des devoirs fondamentaux de chaque homme juif. Voici une autre confirmation de l’importance des généalogies de Matthieu et de Luc.

La valeur des chiffres

Nous ne devons pas oublier, ensuite, la valeur symbolique des deux généalogies. Notons tout d’abord comment revient le chiffre sept, nombre favori dans la tradition juive, qui indiquait l’association avec Dieu et représentait la sanctification et la purification. Pour ne donner qu’un exemple, les fêtes juives les plus importantes duraient sept jours et la Ménorah, le candélabre symbole de la religion juive, a sept bras.

Le chiffre trois aussi avait une valeur symbolique : répéter trois fois un geste ou un mot le chargeait d’un pouvoir et d’une complétude supérieurs. Dans les Saintes Écritures, le chiffre trois revient souvent : pensons aux trois tentations de Jésus, à Pierre qui renie son Maître pour trois fois, et ainsi de suite.

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Dans la généalogie de Matthieu, qui part d’Abraham et arrive à Jésus, nous pouvons identifier trois groupes de quatorze noms (multiple de sept), c’est-à-dire six septénaires. Jésus est le premier nom du septième groupe.
Dans la généalogie de Luc, qui va d’Adam à Jésus, les noms contemplés sont ceux de septante sept ancêtres, que nous pouvons diviser en onze septénaires. Jésus est le premier nom du douzième groupe.

Les références numériques sont nombreuses et variées, et nous font comprendre comment ces généalogies ne doivent pas être lues comme des documents d’état civil, mais comme des documents théologiques, où tout est destiné à exprimer de la manière la plus convaincante possible un message spirituel.

Jésus, Adam et l’arbre de la vie

Nous avons déjà dit que pour Luc l’histoire du Salut commence avec nos ancêtres, Adam et Ève, et se conclut avec Jésus. Approfondir le lien entre Jésus et Adam demanderait bien plus de temps, puisqu’il s’agit de quelque chose de tout à fait incontournable dans l’histoire de la religion chrétienne.

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Adam a été le premier homme, crée par Dieu à son image et à sa ressemblance, et toutefois fallacieux, étant donné qu’il trahit la confiance de Son Créateur et commet le Péché originel.
Jésus, nouvel homme, Dieu fait chair, est le nouvel Adam, retourné dans le monde pour sauver l’humanité de ses propres péchés. Là où Adam était imparfait, Jésus est perfection, et dans Son sacrifice l’humanité retrouve l’innocence perdue dans l’Éden, et avec elle le don de l’immortalité qui autrefois était garantie par les fruits de l’Arbre de la vie, qui poussait au cœur du Paradis terrestre. En Jésus, l’Arbre de la Vie recommence à fleurir sous la forme de la Croix, symbole d’amour infini et de vie éternelle pour qui est disposé à en manger le fruit.

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Les femmes dans la généalogie de Jésus

Un élément surprenant dans la descendance d’Abraham présentée par Matthieu est la présence de quatre femmes, auxquelles s’ajoute Marie, mère de Jésus. Surprenant et insolite car dans les généalogies du monde juif le concept de parents n’existait pas, car ce n’était que les pères qui généraient les enfants. De plus, les femmes mentionnées dans la généalogie de Jésus, sa mère Marie exclue, ne sont pas des personnages célèbres liés à l’histoire du peuple juif, mais des femmes païennes à la réputation incertaine, comme Thamar, protagoniste d’un cas d’inceste, ou Rahab, prostituée par profession. Ruth aussi, restée veuve, conçut Obed, arrière-grand-père du Roi David, hors du mariage, tandis que Bethsabée se fit séduire par David même si elle était déjà mariée et donna le jour à Salomon.

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Parmi les différentes théories concernant l’intégration de ces quatre figures féminines dans la descendance d’Abraham énumérée par Matthieu, a été évaluée la possibilité que, en tant que pécheresses, elles expriment toutes le message de salut et d’expiation des péchés incarné par Jésus.

En outre, elles étaient toutes étrangères et vivaient une condition irrégulière avec les hommes, y comprise Marie, épouse de Joseph, qui toutefois n’était pas le père de son Fils.

Matthieu a probablement voulu montrer la grandeur de Dieu, qui a su rendre ces femmes des mères malgré les difficultés, ou peut-être a-t-il voulu élargir la contextualisation de la figure de Jésus, en soutenant qu’il n’avait pas uniquement du sang juif, mais étranger aussi, en vertu de sa parenté avec ces femmes.

Force est de constater que les quatre pécheresses citées ne sont pas les seuls personnages controversés présents dans la généalogie de Jésus. David, Salomon, Ahab et Manassé se tâchèrent d’actions indignes, voire sanglantes.
Mais cela aussi fait partie du message que l’évangéliste Matthieu voulait exprimer, c’est-à-dire que Jésus, descendant des Pères du peuple juif, mais aussi incarnation de Dieu, qui choisit de descendre parmi les hommes, bien que conscient de leurs imperfections, est le nouvel Adam, l’homme nouveau créé à image et à ressemblance de Dieu afin de rédimer l’humanité entière.