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Notre-Dame de Lorette : histoire et mythe de la Maison arrivée à Lorette depuis la Palestine

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Côme et Damien : les saints médecins qui soignaient gratuitement

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Les docteurs de l’Église : qui sont-ils et quelles sont les conditions pour obtenir ce titre

Les docteurs de l’Église : qui sont-ils et quelles sont les conditions pour obtenir ce titre

Le 1er octobre, nous fêtons Sainte Thérèse de Lisieux, une des quatre femmes proclamées Docteurs de l’Église. Mais qui sont les Docteurs de l’Église ? Quelles sont les conditions pour le devenir ?

De temps en temps on entend parler de Docteurs de l’Église, en relation aux grands noms de l’histoire du Christianisme, comme Saint Ambroise et Saint Augustin d’Hippone. Des hommes (et des femmes) qui, en vertu de leur sainteté et de leur sagesse, ont rendu grande l’Église et ont su laisser le témoignage d’une connaissance théologique et d’une force spirituelle immortels.

Mais qui sont vraiment les Docteurs de l’Église ?

Avant tout, nous ne devons pas confondre les Docteurs de l’Église avec les Pères de l’Église, bien qu’à des nombreuses figures imminentes du Christianisme, comme Saint Ambroise de Milan, Saint Augustin d’Hippone et Saint Jérôme, pour n’en citer que quelques-uns, ont été attribuées les deux dénominations. Par Pères de l’Église, nous entendons les principaux écrivains chrétiens, dont les écrits constituent les bases de la doctrine de l’Église elle-même.

En ce qui concerne le titre de Docteur de l’Église, il peut être décerné uniquement par le Pape ou par un Concile, i.e. une réunion ecclésiastique sous autorité hiérarchique. Il ne peut être conféré que posthume et lié à l’accomplissement d’un processus de canonisation. Une distinction rare, donc, qui en peu plus de deux-milles ans d’histoire de l’Église n’a été attribuée qu’à 36 hommes et femmes. Et bien oui, il y a également quatre femmes qui sont devenues Docteurs de l’Église, et nous verrons lesquelles.
À l’état actuel, il y a 26 autres saints, 8 femmes et 18 hommes, candidats au titre de Docteur de l’Église. Leur processus d’élévation est en cours de validation par les Conférences Épiscopales et par le Saint Siège.

La nomination comme Docteur de l’Église a également une fonction de communion entre l’église orthodoxe et l’église catholique, puisque, au cours des siècles, des saints de l’Église occidentale comme de l’Église orientale ont été honorés avec ce titre, et les deux église, catholique et orthodoxe, reconnaissent et vénèrent certaines de ces personnalités.

Mais quelles sont les conditions pour être élu docteur de l’Église ?

Selon Benoît XIV, qui fut pape entre 1740 et 1758, les conditions nécessaires pour la proclamation d’un Docteur de l’Église sont trois :

  • doctrine éminente ;
  • sainteté de vie ;
  • élection de la part du Souverain Pontife ou par la Concile Général.

Nous pouvons donc affirmer, qu’au-delà de la rectitude dans la conduite et de la vie vertueuse, des prérogatives indispensables de tous les hommes et de toutes les femmes déclarés saints au cours des siècles, et tout en considérant l’élection de la part du Pape ou du Concile comme actes de formalisation et de légitimation, ce qui distingue un Docteur de l’Église d’un saint homme est sa connaissance, son érudition, sa culture religieuse, et sa capacité à exprimer sa pensée de manière à diffuser une nouvelle connaissance. Érudition et culture qui, dans le cas des Docteurs de l’Église, s’est traduite dans la production d’écrits, qui ont été parfois des traités de théologie, des correspondances, des œuvres littéraires contre l’hérésie ou autobiographique, comme dans le cas le plus célèbre, celui des Confessions de Saint Augustin.

Sainte Thérèse de Lisieux

Nous avons déjà écrit en ouverture de cet article que le 1er octobre l’Église se souvient de Sainte Thérèse de Lisieux, Sainte Patronne de France et des missionnaires. Sainte Thérèse était une soeur carmélitaine  à la fin du XIX siècle, qui dédia toute son existence à la poursuite de la sainteté et du sacrifice, et qui mourut à à-peine vingt-quatre ans. “Mon dieu, je vous aime” furent ses derniers mots. Son nom religieux complet était Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Récemment, ses parents ont également été déclarés bienheureux.

Elle fut béatifiée en 1923 et en octobre 1997, sous le pontificat de Jean-Paul II, elle devint la troisième femme à être proclamée Docteur de l’Église, après Saint Catherine de Sienne et Sainte Thérèse d’Avila. Elle est également la plus jeune parmi les Docteurs de l’Église.

Sainte Thérèse est célèbre pour sa théologie de la “petite vie”, ou de l’“enfance spirituelle”, exprimées dans ses publications posthumes, parmi lesquelles il y a Histoire d’une âme. Parmi ses oeuvres reconnues on compte trois écrits autobiographique, 54 poèmes, 8 œuvres théâtrales, 21 prières et 266 lettres.
Sa vision spirituelle en fait une des saintes les plus connues et les plus aimées._

Thérèse tendait avec tout son être à l’amour de Dieu, avec un enthousiasme et une ardeur juvénile inébranlables. Malgré le fait que la maladie qui l’aura amenée à la mort se soit manifestée très tôt, en l’obligeant à une vie à l’insigne de la douleur, elle trouva réconfort dans la recherche de la petite vie, en s’abandonnant complètement et joyeusement à la volonté de Dieu, capable de transformer chaque jour en un jeu merveilleux.

Il suffit de quelques phrases écrites par elle pour comprendre la splendeur de son âme, l’ardeur et la spontanéité qui dominèrent chacune de ses actions et qui devirent la véritable expression de sa spiritualité.

Ramasser une aiguille par amour peut sauver une âme.

La crainte me fait reculer ; avec l’amour, non seulement j’avance, mais je vole !

Je l’ai bien senti, la joie ne se trouve pas dans les objets qui nous entourent, elle réside au plus intime de l’âme. On peut aussi bien la posséder au fond d’une obscure prison que dans un palais royal.

Pour être à Jésus, il faut être petit, petit comme une goutte de rosée. Oh qu’il y a peu d’âmes qui aspirent à rester ainsi petites !

Les Docteurs de l’Église les plus célèbres

Nous avons donc déjà mentionné le fait qu’à ce jour les Docteurs de l’Église sont au nombre de 36, tous saints, certains vénérés également par l’Église Orthodoxe, qui ne reconnait toutefois pas le titre de Docteur de l’Église. Le premier à avoir été proclamé Docteur de l’Église fut pape Grégoire le Grand, en 1298, et le dernier en ordre de temps Grégoire de Narek, poète, moine, théologien et philosophe mystique arménien qui vécu autour de l’année 1000 et proclamé Docteur en 2015.

Paul VI a proclamé Docteurs de l’Église les deux premières femmes en 1970. Il s’agissait de Sainte Catherine de Sienne, Sainte Patronne d’Italie, la première femme sainte à avoir été proclamée docteur de l’Église, et Sainte Thérèse d’Avila, religieuse et mystique espagnole. En 1997, par volonté de Jean-Paul II, s’unit à elle la déjà citée Sainte Thérèse de Lisieux, mystique française et Sainte Patronne de France. En 2012, Sainte Hildegarde de Bingen, sœur bénédictine d’origine allemande, vers la fin du XII siècle, a également été déclarée docteur de l’Église par pape Benoît XVI.

Voyons ensemble quels sont les Docteurs de l’Église les plus célèbres.

Pape Grégoire I, le Grand

Le premier Docteur proclamé par l’Église catholique (en 1298), mais vénéré également par l’Église orthodoxe, vit dans la deuxième moitié du VI siècle. Il fut le 64ème évêque de Rome et Pape de l’Église dans une des périodes les plus sombres de l’histoire et, malgré cela, il sut poursuivre son apostolat avec confiance et conviction ardentes. Faible physiquement, maladif, il fut une des âmes les plus lumineuses du Moyen-Âge européen. Appartenant à une riche famille sicilienne, il n’étudia pas les grands classiques comme le fit par exemple Saint Augustin, mais surtout la littérature latine de l’Antiquité tardive, outre à Cicéron. Il eut toutefois une grande familiarité avec les Saintes Écritures.

Outre à sa Correspondance, aux homélies au peuple et aux écrits exégétiques, nous lui devons un profond renouvellement de la liturgie romaine. Il fut également le promulgateur du Chant Grégorien, le chant rituel en langue latine, qui porte son nom.

Saint Ambroise de Milan, Doux comme le miel

Proclamé Docteur en 1298, Aurelius Ambrosius, vécut au IV siècle et de ce siècle il fut une des personnalités religieuses les plus importantes. Il est considéré comme un des quatre plus grands docteurs de l’Église d’Occident avec Saint Jérôme, Saint Augustin et Saint Grégoire le Grand.

Il fut évêque de Milan et, encore aujourd’hui, est un des trois saints patrons de la ville. Défini doux comme le miel de par son style mesuré et élégant, Saint Ambroise a laissé comme production littéraire ses homélies et ses réflexions sur ces mêmes homélies

Saint Augustin, Doctor Gratiae

Considéré probablement comme un des plus grands penseurs chrétiens de tous les temps, Saint Augustin d’Hippone vit entre le IV et le V siècle et est proclamé Docteur de l’Église en 1298. D’origine nord-africaine, il fut un grand philosophe et théologien, outre qu’évêque. Son immense doctrine et ses excellentes vertus lui valurent le surnom Doctor Gratiae (“Docteur de la Grâce”). Encore aujourd’hui il est considéré comme un des Pères de la spiritualité occidentale, maître de foi et de vie, berger d’âmes et source d’inspiration d’esprits affamés de connaissance et de beauté. Cette Beauté supérieure qui dans son esprit et dans ses œuvres coïncidait avec Dieu. Son œuvre majeure fut les Confessions, qui renferment toute l’évolution de sa maturation religieuse troublée.

Le concept fondamental exprimé par Saint Augustin dans ses œuvres est que l’homme n’est capable d’aboutir à rien tout seul et que seul l’illumination de Dieu peut donner une direction et un sens à sa vie.

Saint Augustin d’Hippone

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Il ne fut pas uniquement un grand théologien et un évêque, mais aussi un philosophe et un docteur de l’Église.

Saint Jérôme

Né en 347 et mort en 419, Saint Jérôme est un des plus grands biblistes et théologiens de l’histoire du Christianisme. Il fut un moine et un traducteur, et c’est à lui que nous devons la traduction en latin d’une partie de l’Ancien Testament grec et de toute la Bible juive.

Proclamé Docteur de l’Église en 1298, il est également un des Pères de l’Église. Grand érudit de latin et grec, il étudia l’hébreu afin de se dédier à son travail de traducteur.
Il nous légua également l’œuvre De Viris Illustribus, une série de biographies d’éminents auteurs chrétiens, mais également juifs et païens, à l’imitation des “Vies” de Suétone, afin de revendiquer les mérites de la nouvelle littérature chrétienne par rapport à la littérature classique latine.

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Le culte de Notre-Dame des Douleurs

Le culte de Notre-Dame des Douleurs

Notre-Dame des Douleurs est un des appellatifs attribués à Marie, mère de Jésus. Voici comment est née la dévotion séculaire à la Mater Dolorosa.

Une femme belle et triste, habillée en noire et violet, les couleurs du deuil. Le visage tourné vers le ciel, souvent baigné de larmes, et, dans les yeux, une angoisse qui n’a pas de voix, ni de mots. Ainsi apparait Notre-Dame des Douleurs dans la plupart des représentations qui la dépeignent. Et c’est exactement ce dont il s’agit, d’une maman qui a souffert énormément pour amour de son Fils unique, qui a participé à Sa douleur, à Sa Passion, en l’accompagnant jusqu’à la Croix et en versant aux pieds de cette dernière toutes ses larmes.

Mais quand et comment est né le culte de Notre-Dame des Douleurs ?

Les origines du culte

La dévotion à la Vierge des Douleurs est célébrée tous les ans le 15 septembre, le lendemain de la célébration de l’Exaltation de la Croix. Ce fut Pape Pie X (1904-1914) qui a établi cette date, mais le culte de Notre-Dame des Douleurs et de ses Sept Douleurs existait déjà à la fin du XI siècle. Au début, les douleurs n’étaient que 5, comme 5 étaient les joies. Il s’agit de moments de la vie de Marie racontés dans les évangiles, ou transmis dans la dévotion populaire, liés à la Passion et à la mort de Jésus, mais pas seulement. Les douleurs de Marie étaient déjà à l’époque représentées par cinq épées transperçant son cœur.

Saint Anselme et Saint Bernard contribuèrent principalement à la diffusion de cette forme de dévotion qui exaltait la figure de Marie en tant que mère et vénérait son chagrin accordé aux pieds de la Croix. Le Liber de passione Christi et dolore et planctu Matris eius, un texte écrit par un anonyme, ne fut qu’une des premières compositions dédiées au Pleur de la Vierge, que tant de place aurait trouvé par après dans les Laudi populaires et dans les Mystères.

Au XII siècle, Jacopone da Todi (même si l’attribution n’est pas certaine) composa le Stabat Mater, une composition poétique musicale liturgique qui était récitée ou chantée pendant la célébration eucharistique avant la proclamation de l’Évangile. Il s’agit d’une poignante méditation sur la douleur de Marie aux pieds de la Croix. La prière commence avec les mots :

Stabat Mater dolorósa
iuxta crucem lacrimósa,
dum pendébat Fílius.

Cuius ánimam geméntem,
contristátam et doléntem
pertransívit gládius.

Debout, la Mère des douleurs,

près de la croix, était en pleurs,

quand son Fils pendait au bois.

Alors, son âme gémissante,

toute triste et toute dolente,

un glaive la transperça.

En 1233, sept nobles florentins de la compagnie des Laudesi, une confrérie de Florence particulièrement dévouée à la Sainte Vierge, assistèrent à un miracle : ils virent l’image de la Vierge représentée sur le mur d’une rue citadine prendre vie. La Vierge apparaissait affligée par une grande douleur, et portait les couleurs du deuil. Les jeunes interprétèrent cette vision comme un signe de la douleur que la mère de Jésus éprouvait à cause de la haine qui divisait les familles de Florence. Ils décidèrent ainsi de porter eux aussi des habits de deuil, jetèrent leurs armes, se retirèrent en pénitence et en prière sur le Mont Sanario et instituèrent une nouvelle confrérie : la compagnie de Notre-Dame des Douleurs, ou des Servites.

De nombreuses confréries furent instituées par la suite, pendant que la dévotion à Notre-Dame des Douleurs et aux Sept Douleurs de Marie se répandait à tous les niveaux sociaux de la population. Cette incroyable diffusion est encore bien visible aujourd’hui, grâce aux innombrables fêtes populaires en l’honneur de Notre-Dame des douleurs qui ont lieu partout en Italie. Mais des nobles, voire des souverains européens, furent aussi dévoués à Notre-Dame des Douleurs et encouragèrent son culte. Pensons à Charles V, Empereur du Saint-Empire romain germanique, qui commissionnait des tableaux représentant les Douleurs de Marie afin d’instruire le peuple analphabète, ou à la famille royale espagnole. Les Servites et les franciscains contribuèrent en large mesure à cette diffusion.
Dans un premier temps, les rites en l’honneur de la Mater Dolorosa étaient concentrés pendant la Semaine Sainte, mais ensuite d’autres nouvelles dates et célébrations furent instituées, jusqu’à la décision de Pie X.

Les Sept Douleurs endurées par Marie

Nous avons déjà mentionné les Sept Douleurs de Marie. De quoi s’agit-il ? Ce sont des événements racontés dans les Évangiles qui montrent des épisodes de la vie de Marie caractérisés par une grande affliction. Dans l’iconographie populaire, elles sont représentées par des épées transperçant le cœur de la Sainte Vierge.

Voici les Sept Douleurs de la Mater Dolorosa :

  1. La prophétie du vieux Siméon sur l’Enfant Jésus : « Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. » (Luc 2,34-35)
  2. La fuite en Égypte de la Sainte Famille : « Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Egypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode » (Matthieu 2,13-15)
  3. La disparition de l’Enfant Jésus au Temple : Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. Lorsqu’il fut âgé de douze ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête. Puis, quand les jours furent écoulés, et qu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem. Son père et sa mère ne s’en aperçurent pas. Croyant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin, et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Mais, ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l’entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses. Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. Il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père? Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur. » (Luc 2,41-51)
  4. La rencontre de Marie et Jésus pendant le Chemin de Croix (cet épisode n’est pas raconté dans les Évangiles, mais dérive de la tradition populaire. Jésus montant au Calvaire rencontre sa mère).
  5. Marie aux pieds de la Croix : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. » (Jean 19,25-27)
  6. Marie accueille dans ses bras le corps de Jésus (cet épisode aussi n’est pas raconté dans les Évangiles, mais a été le sujet d’innombrables représentations religieuses, comme la Pietà de Michel-Ange, pour n’en citer qu’une des plus célèbres. Marie berce dans ses bras le corps de Jésus descendu de la croix avant qu’il ne soit enterré).
  7. Marie assiste à la sépulture de Jésus (épisode non biblique, transmis par la tradition).

Les Sept Douleurs constituent une sorte de chemin de souffrance dont la Sainte Vierge a été protagoniste. Ce n’est pas un hasard si la tradition populaire a institué dans certaines localités la « Via Matris », une version mariale de la « Via Crucis », en instituant des véritables chemins de pénitence et de méditation sur les pas des Sept Douleurs de Marie.

Dans le contexte de certaines fêtes populaires les statues de Marie en deuil et celle de Jésus sont mises l’une à côté de l’autre, dans une sorte de dialogue aimant et infiniment douloureux entre Mère et Fils.

Marie, toute la souffrance d’une mère

Nous avons déjà parlé dans de nombreux autres articles de la figure de la Vierge Bienheureuse, Mère de Jésus. Dans la figure de Notre-Dame des Douleurs, cette identité maternelle de Marie de Nazareth atteint son plus haut et dramatique accomplissement. Comme elle a soutenu Jésus, son fils, en vie, dans cette nuit froide à Bethléem, ainsi Marie l’a suivi jusqu’à un pas de la mort, en berçant son corps martyrisé pour la dernière fois, avant de le confier au tombeau. Ce sont ses larmes à elle qui ont lavé le sang des blessures de la couronne d’épines, des clous de la Croix. Ses soupirs qui ont effleuré la peau désormais froide de l’Agneau tué pour purifier l’humanité de tous ses péchés. Mais cet Agneau pour elle était également un fils, porté en son sein pendant des longs mois, bercé pendant les nuits de pleur de son enfance, protégé et gardé comme le trésor le plus précieux, et enfin laissé dans le monde pour poursuivre son destin, mais toujours avec l’œil attentif et attentionné de la mère, le suivant, veillant sur lui, priant pour lui. Nous ne pouvons pas comprendre l’importance de la figure de Notre-Dame des Douleurs si nous ne nous attardons pas sur cet aspect deMarie en tant que mère.

mere de Picasso

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Les représentations de Notre-Dame des Douleurs

Au début de cet article, nous avons mentionné l’iconographie classique de Notre-Dame des Douleurs. Le visage triste, pâle, de qui n’a plus d’autre nutriment que sa propre douleur, aucun soulagement à la soif de ses pleurs. Les habit, noirs ou violets, sont ceux du deuil, et souvent elle serrent entre ses mains un mouchoir, mais déjà trempé de larmes. Dans de nombreuses représentations, la poitrine est transpercée par les lames cruelles des Épées des Sept Douleurs. Une mère en deuil qui pleure pour l’éternité la mort de son Fils unique.

Mais il y a d’autres images récurrentes dans l’art sacré, qui immortalisent d’ultérieurs instants de cette Via Matris pavée de souffrance. Les Pietà, par exemple, qui représentent l’avant-dernière des Sept Douleurs, ce moment qui n’est décrit dans aucun Évangile, mais qui est ancré de manière indélébile dans la tradition populaire, dans l’émotivité collective d’une humanité toujours sensible aux grandes tragédies : Marie tient dans ses bras le corps sans vie de Jésus.

Le corps du Christ est abandonné, dans une pose douloureuse et, en même temps, détendue, comme si toute la douleur l’avait déjà quitté, comme si, enfin, il pouvait trouver du soulagement dans les bras de sa mère. Et c’est sur elle que toute la souffrance se reverse, comme si c’était elle, Marie, qui absorbait tout le mal infligé aux membres bénits nés de son ventre, pour lui permettre de mourir en paix. Marie, dans son tourment, se retient, semble sereine, comme si elle était simplement en train de bercer son fils endormi, comme si elle savait déjà que, d’ici peu, Il ouvrira ses yeux et lui sourira. Et en même temps, dans cette composition iconographique, on perçoit toute l’intimité que seules deux créatures qui ont partagé pendant des mois le même corps peuvent connaître, cet alchimie mystérieuse qui rend mères et fils inséparables, indissolubles indépendamment de ce que la vie leur réserve.

L’art sacré espagnol, surtout à l’époque baroque, a privilégié les Vierges Pleureuses, habillées richement, avec des belles robes de nobles, tout en conservant les couleurs du deuil. Des Vierges faites pour émouvoir le peuple, pour susciter des sentiments de pitié et de participation et qui, dans ce but, avaient souvent un aspect très réaliste.

En Espagne, mais aussi dans de nombreuses traditions populaires italiennes, était très célèbre et fort pratiquée la cérémonie de l’Entierro, l’enterrement de Jésus, probablement amenée en Espagne par les franciscains ou par les Servites. Le corps de Christ est déposé de la Croix, confié aux pleurs de la mère et ensuite enterré. Ce type de représentation sacré impliquait des exposants de toutes les classes sociales et mobilisait la communauté entière, comme cela arrivait par exemple à Casale Monferrato et dans de nombreux villages du sud du Piémont, où se trouvent encore des documents et des témoignages de la diffusion de ce rite.

L’Italie accueille de nombreux sanctuaires dédiés à Notre-Dame des Douleurs, du Nord au Sud. Et du Nord au Sud, les fêtes populaires qui, le 15 septembre, voire pendant la Semaine Sainte, célèbrent la douleur de Marie pour la perte de son Fils sont encore très répandues. Comme par exemple à Agrigente, où le Vendredi Saint la statue de Marie part à la recherche de celle de Jésus déposé dans les rues de la ville, amenée à bras par les membres d’une confrérie, ou à Belluno, où la fête en l’honneur de Notre-Dame des Douleurs coïncide avec l’ancienne Sagra de i fisciot (fête des sifflets), ou à Comiso, où les festivités durent pendant des jours, entre dîners et processions, et culminent avec le « Triomphe de la Très-Sainte Marie des Douleurs ».

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La Pietà de Michel-Ange Buonarroti : histoire et description d’une des plus belles œuvres d’art au monde

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La Pietà de Michel-Ange Buonarroti est une des œuvres d’art les plus célèbres de tous les temps et un des chefs d’œuvre de la Renaissance italienne. Découvrons les secrets de cette sculpture merveilleuse.

Difficile de penser à une œuvre d’art plus connue que la Pietà de Michel-Ange Buonarroti. Elle appartient à ces chefs d’œuvre qui, au cours des siècles, ont marqué l’évolution de l’histoire de l’art et, dans un sens, le sens humain aussi. En effet, indépendamment de ses convictions religieuses, il est pratiquement impossible de contempler le visage de cette sculpture sans se sentir touché dans l’âme, témoignant une révélation d’émotions et de sentiments profondément inscrits dans la nature de n’importe quel être humain. Michel-Ange, génie absolu de notre Renaissance, un des artistes les plus célébrés de tous les temps, a réalisé d’autres œuvres merveilleuses, du David à la Chapelle Sixtine, mais, à certains égards, la Pietà est unique en son genre, au niveau de ses thématiques comme par sa réalisation.

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La statue en marbre de Carrare fut commandée en 1497 à un Michel-Ange d’à peine vingt ans par un groupe de cardinaux, avec l’intercession du banquier Jacopo Galli, qui faisait office d’intermédiaire pour le jeune artiste. La sculpture devait décorer la chapelle de Santa Petronilla, au Vatican, afin d’honorer le cardinal Jean de Bilhères, ambassadeur du roi de France, qui aurait été ensuite enterré dans la chapelle. Michel-Ange se rendit personnellement aux carrières de marbre de Carrare afin de choisir le bloc d’où il aurait libéré sa statue. La sculpture, terminée en 1499, est la seule œuvre que Michel-Ange n’ait jamais signé, en gravant sur une sangle qui traverse la poitrine de la Vierge en oblique afin de soutenir son manteau l’inscription : MICHAEL.A[N]GELVS BONAROTVS FLORENT[INVS] FACIEBAT, « Le fit le florentin Michel-Ange Buonarroti ». Cela car il parait que certains visiteurs arrivés afin d’admirer l’œuvre ne croyaient pas que l’œuvre était de lui.

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Le 21 mai 1972, pendant les célébrations pour la Pentecôte, László Tóth, géologue australien, se lança sur la statue de la Pietà avec un marteau et arriva à y infliger quinze coups avant d’être emporté. Il parait que l’homme, mentalement instable, aurait agi en proie à une sorte de fanatisme religieux, car il accompagna l’agression du cri : « Je suis Jésus-Christ, ressuscité des morts ! ». Le dégât infligé à la Pietà parut tout de suite incalculable : le bras gauche de la Vierge était brisé à plusieurs endroits, les doigts cassés, le nez et les paupières détruites. L’acte de violence fut si bouleversant que ce soir-là les Canoniques de Saint Pierre se mirent en procession vers la Chapelle de Santa Petronilla en chantant le Miserere, en signe de deuil. Après une réflexion approfondie sur comment il était mieux d’agir, si laisser l’œuvre abîmée, en signe de dénonciation du monde moderne, ou si plutôt la restaurer, et si oui comment, il fut décidé de reconstruire le visage et le bras de la Vierge intégralement, en essayant de revenir à la perfection de l’œuvre originale. Pour ce faire, furent utilisés les cinquante fragments de marbre et plus, arrachés par la furie de László Tóth et une pâte de colle et poudre de marbre. Une fois terminée la restauration, qui avait duré 9 mois, la Pietà fut replacée dans la Chapelle Santa Petronilla et, depuis lors, elle est protégée d’une paroi de cristal pare-balle.

Dans le catalogue Holyart vous trouverez d’innombrables reproductions de cette œuvre exceptionnelle, réalisées avec tous les types de matériaux, du bois du Val Gardena à la fibre de verre, au marbre synthétique ou poudre de marbre, et avec des dimensions adaptées pour tous les contextes. Choisissez celle qui s’adapte le mieux à votre espace.

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Statue Vierge de Pitié en poudre de marbre blanc de Carrara. Statue finement travaillée et bien soignée dans tous les détails, réalisée en poussière de marbre et résine, très résistante et indiquée pour l'extérieur. Statues réalisées en Italie dans une usine avec une longue expérience dans la fabrication de décorations d'église. Statue Vierge de Pitié marbre blanc
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scene pieta base naturelle statue resine
scene pieta base naturelle statue resine 150x150
Scène Pietà base naturelle statue résine 17,5 cm. Statue reproduisant la Pietà de Michel-Ange avec détails dorés et base effet roche, réalisée en résine colorée. Le choix de la résine par rapport au PVC, malgré sa fragilité, offre une meilleur définition des lignes et des détails. Scène Pietà base naturelle statue résine
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statue bronze pieta
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Statue en bronze Pietà 45 cm POUR EXTÉRIEUR. Statue de la Pietà en bronze réalisée avec la technique de la cire perdue par une fonderie d'art italienne spécialisée dans la création d'articles funéraires en bronze. La technique utilisée pour cette oeuvre est une technique de moulage où on prépare un modèle en cire avec une âme en terre cuite, recouvert par une couche en argile et cuit dans un four. La cire fondue coule et génère ainsi un interstice qui sera rempli avec le métal fondu. Une fois le bronze solidifié, la statue sera finie et ciselée. Les avantages de ce processus sont la très haute finition et l'unicité du produit finale. Statue en bronze Pietà
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pieta bois bethleem
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Pietà 30 cm bois Bethléem. Statue réalisée et peinte à la main par les soeurs du monastère de Bethléem en France dans l'atelier d'art de Saint Joseph. Œuvre d'art de haute qualité et unique puisque elle est réalisée à la main et dans l'esprit de la Famille Monastique de Bethléem. Pietà 30 cm bois Bethléem
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La Pietà de Michel-Ange : description et style

L’iconographie de la Pietà était déjà très répandue au XV siècle. Surtout dans le Nord de l’Europe s’étaient répandues les Vesperbilder, « images des Vêpres « , des sculptures en bois qui représentaient la Vierge Marie avec le corps de Jésus mort dans ses bras. Elles étaient objet de dévotion surtout lors de la liturgie du Vendredi Saint, quand les fidèles évoquaient les douleurs de la Passion, en s’identifiant avec les souffrances de Marie et Jésus afin de trouver réconfort pour leurs propres peines.
Michel-Ange s’inspira sûrement des Vesperbilder, en en révolutionnant toutefois la structure, le style, le sentiment. Par rapport aux œuvres allemandes, très rigides et basées sur un contraste entre le corps de Christ allongé et celui droit de la Vierge, dans la Pietà vaticane la composition apparait bien plus souple, avec une structure pyramidale qui exprime d’un côté la stabilité et de l’autre suggère un mouvement ascensionnel des figures, presque tendues vers le ciel. En outre, les formes sévères, sommaires des Vesperbilder sont remplacées par la beauté idéale des visages typique de la Renaissance, par les drapés souples, par la spontanéité avec laquelle les corps se posent l’un sur l’autre, de manière enveloppante, émouvante. Le corps de Jésus est un peu plus petit par rapport à celui de la Vierge, probablement afin de rappeler l’enfance du Sauveur. Cependant, le visage de Marie est celui d’une adolescente, caractéristique qui coûta également quelques critiques à Michel-Ange. En réalité, le choix de l’artiste était justement celui d’exprimer la beauté intacte et incorruptible de Marie, sa jeunesse impérissable, qui la rend en même temps mère et fille de son propre Saint Fils. Une des caractéristiques les plus surprenantes de la Pietà vaticane est le polissage du marbre, auquel il semblerait que l’artiste ait dédié un temps infini. En contemplant le visage de Marie ou le corps de Christ il est difficile de croire qu’ils soient faits de marbre, si lisses et si resplendissants paraissent-ils. Dans le passé, ce polissage faisait en sorte que la statue soit bien visible même dans la pénombre de la chapelle.

Les Pietà de Michel-Ange : combien sont-elles ?

La Pietà vaticane n’est pas la seule sculptée par Michel-Ange. Par la suite, il réalisa encore deux sculptures (une troisième est d’attribution incertaine) qui reprennent ce thème : la Pietà Bandini et la Pietà Rondinini.
La première fut une des dernières sculptures de Michel-Ange, âgé de plus de septante ans, probablement destinée à sa propre tombe.
L’artiste en personne, dans un moment de frustration, la frappa en la cassant à plusieurs endroits et en l’abandonnant par la suite. La deuxième fut son dernier travail, auquel il se dédia avec ses dernières forces jusqu’à peu avant sa mort. Bien qu’octogénaire à l’époque, cette composition à peine esquissée par l’artiste semblait destinée à être hautement innovative, avec son développement vertical révolutionnaire. Par rapport à la Pietà vaticane, dans la Pietà Bandini le marbre est à peine poli, tandis que dans la Pietà Rondanini il est dégrossi, presque brut.

Pietà Bandini
Pietà Bandini
Pietà Rondanini
Pietà Rondanini
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Pietà Vatican

5 bonnes raisons pour acheter des articles religieux en ligne

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Les icônes orthodoxes: représentations des œuvres du Christ sur terre

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Les icônes orthodoxes représentent depuis toujours un lieu de rencontre entre l’art et une spiritualité pure et solennelle. Dans les icônes anciennes persiste une tradition qui va bien au-delà du temps et de l’espace.

Sur Holyart vous pouvez trouver une grande variété d’icônes religieuses : icônes byzantines, grecques, russes, roumaines. La tradition que toutes ses œuvres ont en commun est la même : l’iconographie orthodoxe, une expression de spiritualité et de contemplation unique en son genre.

 

Icônes sacrées roumaines

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La grande tradition des icônes sacrées roumaines
Les icônes sacrées roumaines dérivent de l’ancienne tradition byzantine. Les couleurs utilisées sont chaudes et intenses.

Les icônes orthodoxes anciennes

En particulier, la marque de cette tradition spirituelle est encore vive dans les icônes russes anciennes. Ce type d’icône est reconnu et évalué par des experts ; il s’agit de pièces uniques qui renferment une histoire singulière : chaque icône a été réalisée par un moine selon les techniques de la tradition iconographique. Toutes les icônes russes réalisées de manière indicative avant 1920 étaient en effet produites selon une série de règles reprises dans des manuels qui ont été perdus.

Ce processus prévoyait différents passages parmi lesquels le ponçage, un traitement à l’huile de mercure, le séchage et l’application de différentes couches de plâtre. Et puis la phase finale : la prière et le jeûne complet de la part du moine durant la création de l’icône. Ce parcours d’art spirituel atteignait la perfection avec la réalisation des parties découvertes de la figure : visage, mains et pieds devenaient matière thaumaturge.

Après 1920, les icônes ne sont plus réalisées en suivant ce processus, ce qui signifie que les icônes produites après cette date ne sont « que » des images sacrées. Les icônes orthodoxes du XIX siècle sont donc des œuvres spirituelles différentes de n’importe quelle autre représentation religieuse.

Auteur, sujet et interprétation des icônes

Dans les icônes orthodoxes, l’auteur reste anonyme et passe au second plan : le protagoniste de l’œuvre est toujours le sujet sacré, le contenu spirituel. Dans certains cas, on parle d’icône acheiropoïète : une icône non faite de main d’homme, mais d’origine directement divine. Dans le processus de reconnaissance d’une icône ce qui intéresse n’est pas vraiment l’identité de l’artiste mais plutôt l’identification de la période à laquelle l’icône a été réalisée et son authenticité.

icônes orthodoxes

Savoir interpréter de manière exhaustive une icône n’est pas une habilité escomptée non plus. Les symboles et les messages renfermés dans l’image, tout comme l’histoire spécifique de l’icône réalisée, ont une densité de signification unique. Le pouvoir de l’icône agit sur un autre plan : on dit que l’icône nous regarde avant d’être regardée. Elle représente le monde invisible à travers une oeuvre visible et communique le sens de l’illusion du temps et de l’espace : les figures ne sont pas insérées dans des décors réalistes et l’absence de perspective laisse le spectateur immergé dans la contemplation. On ne se lasse jamais de regarder une icône car l’œuvre est toujours vivante.

La variété d’images représentées est infinie. Ils existent différents sujets : chaque icone a une histoire qui ouvre un monde de spiritualité et de foi. Très connues les icônes de la Trinité, de la Sainte Face ou les icônes des Douze Grandes Fêtes, typiquement byzantines. Parmi cette variété de sujets, l’iconographie mariale se détache toutefois de manière indéniable pour son rôle centrale. Célèbres sont les icônes de la Vierge de Vladimir, Notre-Dame de Kazan, le Théotokos de Smolensk. La Vierge, souvent représentée avec l’Enfant Jésus, est un sujet récurrent et emblématique.

L’icône de l’Annonciation

Cette icône est un exemple d’icône ancienne, datée du XIX siècle. Marie est représentée au moment où elle reçoit l’annonce de l’Ange. Les détails dorés et l’image transcendent et font entrer le spectateur dans le mystère de l’appel de Marie. L’œuvre vient de Russie et la technique utilisée est celle de la détrempe à l’œuf sur planche en bois. En tant qu’icône russe originale, elle est certifiée par le Ministère des Biens Culturels de Russie.