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Saint Philippe Néri et la naissance de l’Oratoire

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Virgo Lactans ou Vierge du Lait : Dieu se fait homme dans le sein d’une femme

Virgo Lactans ou Vierge du Lait : Dieu se fait homme dans le sein d’une femme

La Vierge du Lait est une iconographie ancienne et puissante qui renferme toute la tendresse de la maternité et la grandeur de la Vierge Marie

L’iconographie chrétienne de la Vierge du Lait, ou Vierge allaitante, a des origines très anciennes. Selon les experts, elle était déjà répandue en Égypte au VIe siècle apr. J.-C., en tant qu’adaptation chrétienne de plus anciennes représentations de la déesse Isis qui allaitait son fils, le dieu Horus. Comme souvent par le passé, les images païennes se sont mélangées aux chrétiennes, en donnant vie à quelque chose de nouveau. Dans ce cas-ci, une représentation de la maternité, mais aussi un symbolisme plus profond, qui au cours des siècles a été élaboré et adapté à différents significations.

La Vierge du Lait qui offre son sein à l’Enfant Jésus ou qui l’allaite tendrement exprime la tendresse et l’intimité d’une maman qui prend soin de son enfant, mais, vu la nature particulière de cette maman et de cet Enfant, à cela se superpose également le rôle de Marie en tant que Mère de Dieu.

Ensuite, la représentation de la Vierge en train d’offrir son lait d’un sein découvert a été utilisée également dans d’autres contextes, dans lesquels c’étaient des saints ou des prélats qui bénéficiaient de ce geste. Dans ce cas-ci, la signification de l’image est à rechercher dans la volonté de souligner la bienveillance de la Vierge vis-à-vis du personnage en question.

De plus, le lait offert par Marie devient une bénédiction et un soulagement pour les âmes du Purgatoire.

Au Moyen-Âge, l’image de la Virgo lactans est utilisée également pour la signification symbolique de la transmission de la sagesse de l’Église au peuple.

En tout cas, l’iconographie de la Vierge Marie qui offre du lait prend une signification symbolique et spirituelle, en communiquant des messages de dévotion, maternité divine et intercession.

Le culte de la Vierge du Lait se répandit dans toute l’Europe, surtout dans les centres ruraux, où la figure de la Vierge avait un fort impact spirituel et émotif sur les gens et où l’élément du lait prenait une valeur symbolique-thaumaturgique. En Europe occidentale, commencèrent à apparaitre dans les églises des ampoules contenant le Sacré Lait, capable de grands miracles, premier entre tous de faire monter le lait aux femmes qui avaient accouché. La vénération de la Vierge continua à grandir et le culte de la Vierge du Lait à se renforcer, entre représentation iconographique et vénération populaire.

La maternité dans l’art

Comme déjà mentionné, les premières représentations de la Vierge du Lait apparurent dans l’Égypte christianisée, au sein de l’église copte donc. Il s’agissait de variantes de l’iconographie de la Vierge à l’Enfant. L’art byzantin assimila ces représentations, en définissant la Vierge Galaktotophousa, un des titres mariaux utilisés dans la classification des icônes. Quand d’Orient la Galaktotrophousa arriva en Occident, toutefois, bien qu’étant une image très vénérée, elle ne rencontra pas la faveur stylistique et esthétique des artistes européens. Au fur et à mesure que les représentations de la Vierge du Lait se répandaient et devenaient populaires, à partir de 1300, l’iconographie se transforma de manière de plus en plus incisive, en passant des formes stylisées typiques des icônes à des images de plus en plus réalistes, en choisissant la vision frontale pour des poses plus dynamiques et variées, tant pour la Vierge que pour l’Enfant.

Ce changement est à rechercher également dans des causes sociales. Au XIIe siècle, le Sacrement du mariage avait été institué, définissant le rôle de la femme en tant qu’épouse et mère, subordonnée au mari, mais engagée dans l’éducation des enfants et dans la gestion de la maison. D’un certain point de vue, cela réhabilita la figure de la femme, jusque lors associée à Ève et au Péché originel, et le culte marial obtint une grande implémentation, justement grâce au symbolisme de la Mère et de l’Enfant exprimé de manière si puissante, directe et capable de réveiller l’intériorité et l’émotivité de quiconque la regardait. Pour cela, il fallait que Marie perde sa froideur et son hiératisme inaccessible afin de devenir plus humaine, plus vraie, plus proches de toutes les femmes et les mères qui pouvaient se reconnaître en elle et la prendre comme modèle. En effet, ce fut justement parmi les femmes que la dévotion de la Vierge du Lait se répandit, surtout parmi les mères et les parturientes, qui s’adressaient à la Vierge pour avoir du lait avec lequel nourrir leurs enfants et la force nécessaire pour les protéger.

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Avec le début du Concile de Trente, en 1543, l’Église dut revoir sa position concernant les représentations iconographiques, en limitant celles qui pouvaient trahir ne serait-ce que marginalement une nature sensuelle ou distraire les fidèles de la prière. De nombreuses représentations de la Vierge du Lait furent retouchées pour remédier à ce problème et changèrent même de nom, mais la vénération populaire ne diminua pas, ainsi comme la dimension intime et maternelle de ces images de la Vierge avec l’Enfant Jésus.

Marie n’était pas la seule à être représentée de cette manière. Dans l’art occidental ancien, il y a de nombreuses saintes porteuses de lait, galactophores, i.e. porteuses de lait, auxquelles s’adressaient les jeunes mères et les femmes enceintes. Sainte Agathe, Sainte Brigitte, Sainte Romaine n’en sont que quelques exemples.

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Vierge du Lait : quelques tableaux

De grands artistes ont essayé d’immortaliser la tendresse de Marie mère qui allaite l’Enfant Jésus, geste qui mélange amour tendre et spiritualité.

Très célèbre, l’icône byzantine de la Virgo lactans provenant de Montevergine, qui est exposée dans la Basilique Saint-Pierre lors des célébrations de fin d’année et du 1er janvier.

La façade de la basilique de Sainte-Marie-du-Trastevere est décorée d’une mosaïque remontant au XIIIe siècle qui représente la Vierge sur le trône, pendant qu’elle allaite l’Enfant Jésus.
Autour de 1320, Ambrogio Lorenzetti a révolutionné l’iconographie de la Vierge du Lait en abandonnant les lignes austères et les Madones hiératiques des icônes et en représentant la Vierge Marie qui regarde tendrement son fils et l’Enfant qui tète le lait de manière naturelle.

Léonard De Vinci reprit le même sujet dans sa Madone Litta, en représentant la Vierge et l’Enfant dans la même position qu’Ambrogio Lorenzetti.
À Greccio, une fresque de 1409 attribué au Maître de Narni unit le thème de la Vierge du Lait à la Crèche, en plaçant la scène au cours de la Sainte Nuit et en y insérant le personnage de Saint Joseph.

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Prière de la Vierge du Lait

Pendant la messe du 1er janvier 2024, Pape François a rappelé aux fidèles la nécessité d’accueillir le don de la femme, de respecter, de protéger et valoriser chaque femme, puisque « celui qui blesse une seule femme profane Dieu, né de la femme ». Avec ces mots, le Saint Père a voulu rappeler le primat de Marie, mère de Jésus homme et Dieu. Dans une époque de guerre et de violence, c’est à elle qu’il faut regarder, en tant qu’icône de la paix, et avec elle à toutes les femmes : « Le monde a aussi besoin de regarder les mères et les femmes pour trouver la paix, pour sortir des spirales de la violence et de la haine, et revenir à avoir des regards humains et des cœurs qui voient ».

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Du reste, le Pontife avait déjà souligné à plusieurs reprises non seulement l’importance des femmes et des mères, mais aussi la naturalité de l’allaitement, qui est saint et légitime, en rétablissant le lien sacré de la maternité et la figure de la Vierge du Lait. Il n’y a rien de plus simple et de plus puissant d’une mère qui tient son enfant à bras l’allaite, dans la vision de Pape François sur la sacralité et la beauté de la vie quotidienne, dans laquelle le mystère divin est liée à la réalité tangible et humaine de la maternité.

Voici la prière à adresser à la Vierge du Lait :

Veille, ô Reine d’amour et de douleur,
Bénis, ô Marie, toutes les mamans,

Fortifie, ô Marie, toutes les mamans,
Sanctifie, ô Marie, toutes les mamans.

Veille sur les mères endeuillées.
Bénis leurs joies et leurs douleurs.
Fortifie-les dans leur insoutenable mission.
Sanctifie-les en leur donnant le Fruit de ton sein.

Nous te prions, ô Seigneur.

Pour toutes les mamans qui consomment leur vie,
jour après jour, au service des leurs fils,
et affrontent sereinement le « terrible quotidien »,
afin qu’elles trouvent en Toi
le soutien et la force pour continuer
même dans les moments de fatigue et de méfiance.

Nous te prions, ô Seigneur.

Pour toutes les mamans qui pleurent
les erreurs et les chutes de leurs enfants,
et souffrent de les sentir éloignés,
afin que dans la foi elles redécouvrent la véritable raison
de leur complet dévouement,
même dans l’heure de l’abandon.

Nous te prions, ô Seigneur.

Pour tous les parents qui,
distraits par de multiples engagements,
risquent d’oublier
que l’on n’éduque pas avec les mots,
mais avec l’exemple et la cohérence,
afin qu’ils trouvent le courage de vérifier la vie
à la lumière de l’exemple de Marie,

Nous te prions, ô Seigneur.

Amen

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Ascension du Seigneur : la signification de la fête

Ascension du Seigneur : la signification de la fête

L’Ascension du Seigneur représente le moment où Jésus se détache de la Terre et de ses disciples, en laissant Sa forme humaine pour monter au Ciel. Voici pourquoi elle est si importante.

Quarante jours après le temps de Pâques, l’Église catholique célèbre l’Ascension de Jésus au Ciel, qui rappelle justement la montée au Ciel de Christ et la fin de Son temps dans le monde. Il s’agit d’une des fêtes de précepte catholiques, i.e. un des jours où, selon le Droit Canonique, « les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Messe ; de plus, ils s’abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur ou la détente convenable de l’esprit et du corps » (Code de Droit Canonique, canon 1247).

Cette fête, qui est également l’avant-dernière du temps pascal (la dernière étant la Pentecôte, célébrée cinquante jours après Pâques) s’appelle proprement Ascension du Seigneur, Ascensio Domini nostri Jesu Christi. Bien que l’Ascension soit liturgiquement placée le jeudi après le cinquième dimanche suivant Pâques, l’Église catholique permet de postposer la célébration au dimanche suivant, aussi parce que jusqu’à 1977 en Italie il s’agissait également d’une fête civile.

Dans sa longue histoire liturgique, l’Ascension de Christ a vu se mélanger à ses solennités et à sa profonde signification religieuse de très nombreuses traditions dévotionnelles populaires. L’Ascension est de nouveau évoquée dans la Via Lucis, le rite liturgique-dévotionnel catholique qui rappelle et célèbre les événements de la vie de Christ et de l’Église naissante de la Résurrection de Jésus à la Pentecôte et de laquelle l’Ascension représente la douzième station, et dans les mystères glorieux du Saint Rosaire.

La liturgie de la solennité de l’Ascension du Seigneur s’ouvre avec l’introït Viri Galilaei, qui revient à plusieurs reprises dans la célébration. Il est conçu selon le 7e mode, le tetrardus authenticus (le chant grégorien a une base tonale constituée de huit tonalités ou modes ecclésiastiques), défini angélique, et utilisé pour décrire vols et explosions de joie.

« Viri Galilæi,
quid admirámini aspiciéntes in cælum?
Quemádmodum vidístis eum
ascendéntem in cælum, ita véniet,
alléluia. »

« Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ?

Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous,

viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel.

Alléluia. »

(Actes 1,11)

L’Église orthodoxe aussi célèbre l’Ascension, qui est une des 12 grandes fêtes, tandis que pour l’Église luthérienne elle est une des festivités principales du calendrier des saints.

Qu’est-ce que ça signifie Ascension du Seigneur ?

L’Ascension représente un moment fondamental pour la Chrétienté et pour la figure de Jésus-Christ en particulier. C’est le moment où Il cesse d’être Jésus Homme, prêcheur, faiseur de miracles, ami des Apôtres et leur compagnon de vie. À l’instant où Il ressuscite et monte au Ciel afin d’occuper la place qui lui est due à la droite du Père, il continue de rester proche de ses disciples et de tous les hommes, mais d’une manière complètement nouvelle. Jésus n’est plus sur la Terre, ne fait plus partie des affaires humaines, mais il reviendra pour le Jugement Final, Sa Deuxième venue : la Parusìa.

Avec l’Ascension, cessent également les apparitions de Jésus, advenues après la Résurrection, et est proclamé le sens ultime de la Résurrection elle-même, qui n’est pas uniquement de la chair : quiconque sera sauvé à la fin des temps, montera au Ciel.

Les origines de la festivité de l’Ascension

Les origines de cette fête sont anciennes. Elle est décrite dans les Évangiles de Marc et Luc et dans les Actes des Apôtres :

Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de Dieu. Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l’accompagnaient. (Marc 16,19-20)

Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchées seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses. Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. Il les conduisit jusque vers Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit. Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel. Pour eux, après l’avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ; et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu (Luc 24,46-53)

Alors les apôtres réunis lui demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ? Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit, survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent : Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel (Actes 1,6-11).

Saint Augustin parlait de l’Ascensio Domini in coelum comme d’une pratique instituée même par les Apôtres ou tout de suite après, et déjà répandue à son époque « Toto terrarum orbe », dans tout le monde connu.

Il est probable que dans le passé cette fête coïncidait avec celle de Pentecôte, et que les deux événements étaient commémorés ensemble.

Le premier témoignage de la célébration de l’Ascension à Rome, quarante jours après Pâques, remonte à Pape Léon le Grand (440-461 apr. J.-C.).

Ce fut Pie V (1566) par contre qui fixa en cette occasion le retrait du cierge pascal allumé au début de la solennelle Veillée pascale, qui, dans le passé, était éteint le jour de la Domenica in albis, le dimanche qui referme l’Octave de Pâques. Aujourd’hui, le cierge pascal reste par contre allumé près de l’ambon jusqu’à la Pentecôte.

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La différence entre Ascension et Pentecôte

Ascension et Pentecôte représentent donc la fin du Temps pascal, soit-il sur le plan temporel-chronologique, que sur le plan symbolique. Pour les disciples de Jésus, elles représentent un continuum de préparation : à partir de l’Ascension, ils commencèrent à se préparer pour la mission que Christ leur confiera via le Saint-Esprit à la Pentecôte.

Nous avons vu comment l’Ascension est célébrée partout dans le monde depuis le IVe siècle, quarante jours après Pâques.

La Pentecôte, par contre, célèbre la descente du Saint-Esprit, troisième personne de la Très-Sainte Trinité, advenue après la Résurrection de Jésus, et, d’une certaine manière, représente la naissance même de l’Église. Au début, il s’agissait d’une fête uniquement orientale solennelle, en l’honneur du Saint-Esprit, et elle comprenait la période de cinquante jours après Pâques. Elle durait huit jours, au cours desquels le Baptême était donné. C’est seulement entre le VIIIe et le IXe siècle que l’on commença à la fêter en Occident aussi. Jusqu’à 1969, on continua de fêter la Pentecôte pendant huit jours, même si les jours fériés furent progressivement réduits. Le lundi fut éliminé en Italie au début du XXe siècle.

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Comment Pape François a transformé l’Église pendant son pontificat

Comment Pape François a transformé l’Église pendant son pontificat

Qu’est-ce que Pape François a fait d’important ? Son pontificat a été une révolution de miséricorde qui a transformé l’Église, en l’amenant des périphéries au cœur du monde avec humilité, courage et ouverture au dialogue.

Ce n’est pas facile de résumer ce que Pape François a fait d’important. Quelque chose d’extraordinairement humain se dégageait de Pape François, Jorge Mario Bergoglio, le Pape venu « de la fin du monde » comme il s’est défini lui-même le jour de son élection, le 13 mars 2013. Ce quelque chose le rendait non seulement le leader spirituel de plus d’un milliard de catholiques, mais aussi un père, un frère, un ami pour quiconque croisait son chemin. Son pontificat a représenté une révolution gentille qui a profondément transformée le visage de l’Église, en la rendant plus proche des derniers et plus attentive aux défis de notre époque. Pape François a su transformer l’Église catholique en un refuge de miséricorde, justice et espérance. Maintenant qu’il n’est plus parmi nous, le monde entier s’arrête pour rappeler l’homme qui a changé pour toujours le visage de l’Église.

Dans les dernières années, il a dû affronter des défis énormes : la pandémie, l’escalade de conflits globaux, la crise climatique. Sa voix s’est levée avec force particulière contre la violence en Terre Sainte, en dénonçant la spirale de haine et de vengeance qui a ensanglanté Gaza et Israël, et en invoquant constamment le dialogue comme seule voie pour la paix.
Son humilité, son sourire sincère, sa capacité à parler au cœur des gens avec des mots simples, mais profonds, ont rendu Pape François un Pape aimé bien au-delà des de l’Église catholique. Il nous a enseigné que la véritable révolution est celle de la tendresse, que la véritable force réside dans le service, que la véritable grandeur est dans l’humilité.
Son pontificat nous a laissé une Église plus ouverte, plus synodale, plus attentive aux signes des temps. Une Église qui n’a pas peur de se salir les mains pour être à côté des derniers, qui ne craint pas d’affronter ses propres contradictions afin d’être fidèle à l’Évangile. François nous a appris que la foi n’est pas un refuge pour des gens apeurées, mais un chemin courageux d’espérance et d’amour.

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Le Pape des périphéries

François a été le Pape des périphéries, non seulement géographiques, mais existentielles aussi. Sa voix, toujours ferme et, en même temps, compatissante a résonné jusqu’aux endroits les plus oubliés de la planète. Qui pourrait oublier sa figure solitaire, sur une Place Saint-Pierre déserte et pluvieuse, pendant la pandémie ? Cette image est devenue le symbole d’une Église qui n’abandonne pas ses enfants au moment de la douleur, mais qui marche avec eux à travers les tempêtes de la vie. Pape François était un homme du peuple. Du moment où il s’est présenté pour la première fois au balcon de Saint-Pierre en demandant aux fidèles de prier avec lui, il a été clair que son pontificat aurait été différent. « Et maintenant, nous commençons ce chemin, Évêque et peuple, Évêque et peuple » ont été ses mots, adressés à plus de 180 milles personnes qui remplissaient Place Saint-Pierre. Tout de suite après, il a refusé les fastes du pouvoir papal, en préférant vivre dans la simple résidence Sainte-Marthe plutôt que dans les somptueux appartements apostoliques. Ce geste symbolique n’a été que le début d’un chemin qui aurait amené l’Église à se rapprocher des pauvres, des marginaux et de ceux qui avaient perdu l’espérance.

Réformes et transparence : l’Église nouvelle de Pape François

Sa réforme de la Curie Romaine, culminant par la Constitution Apostolique « Praedicate Evangelium » (promulguée le 19 mars 2022), n’a pas été le seule changement organisationnel, mais a représenté une véritable révolution. François a voulu une Église qui ne soit pas une « douane », mais un « hôpital de campagne », comme il aimait le répéter, où soigner les blessures de l’humanité souffrante. François a su transformer l’administration vaticane, en la rendant moins complexe et orientée à la mission évangélisatrice. Mais il ne s’agit pas uniquement de bureaucratie : cette réforme a été un acte de justice et de transparence, une tentative de rendre une certaine crédibilité à une Église souvent tâchée de scandales financiers et abus de pouvoir.
Le cœur battant de cette réforme est l’évangélisation. François a voulu que la Curie ne soit plus vue comme une « tour d’ivoire » vaticane, mais comme un instrument vivant pour amener l’Évangile dans le monde contemporain. Un signal fort de ce changement est la création du nouveau Dicastère pour l’Évangélisation, placé directement sous la direction du Pape, un choix qui souligne comment la diffusion du message évangélique soit une priorité absolue de l’Église.
La réforme introduit également un nouveau style de gouvernement basé sur la synodalité, i.e. sur le fait de marcher ensemble. Pour la première fois dans l’histoire, les laïcs peuvent assumer des rôles de leadership dans les dicastères du Vatican. Ce changement reflète la vision d’une Église qui valorise tous ses membres et pas uniquement le clergé.

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La réforme financière vaticane qu’il a promulguée a, elle aussi, représentée un tournant historique pour la transparence du Saint-Siège. Au cœur de cette transformation, il y a eu la réforme du IOR, la Banque vaticane, qui, pendant des décennies, a été au centre de scandales et de différends.
François a introduit un système rigoureux de contrôles et de procédures, en alignant les pratiques financières vaticanes aux standards internationaux. Il a créé de nouveaux organismes de supervision, comme le Secrétariat pour l’Économie, e a implémenté des règles sévères pour les attributions de marchés et la gestion des fonds. Un aspect crucial a été l’adoption de normes anti-recyclage et la collaboration avec des organismes internationaux pour garantir la traçabilité des transactions. Cette réforme n’a pas été uniquement  technique, mais aussi culturelle : elle a marqué le passage d’une gestion peu nette et autoréférentielle à une culture de la responsabilité et de la transparence, où chaque euro dépensé doit être justifié et documenté.

La lutte contre les abus

Un des chapitres les plus difficiles du pontificat de Pape François a probablement été la lutte contre les abus sexuels dans le clergé. Le Pape ne s’est pas limité à les condamner, mais a agi avec détermination, en introduisant des normes sévères et en invitant tout le clergé à un examen de conscience douloureux, mais nécessaire. Son authenticité dans l’admission des fautes du passé a ouvert la voie à un processus de guérison qui est encore en cours. François a institué des normes rigoureuses et a émané la Vos estis lux mundi (en français « Vous êtes la lumière du monde »), une Lettre Apostolique sous forme de Motu Proprio écrite le 7 mai 2019, qui représente un tournant décisif dans la lutte contre les abus. Avant cette loi, il existait une certaine ambiguïté dans les procédures à suivre, en particulier quand les faits impliquaient des figures de haut rang ecclésiastique comme les évêques. En outre, les victimes rencontraient souvent des obstacles significatifs dans la dénonciation des abus. Vos estis lux mundi établit des procédures claires et obligatoires pour le signalement des abus. Chaque diocèse doit s’équiper de systèmes facilement accessibles pour présenter ces signalements et tous les membres du clergé et les religieux sont dans l’obligation de dénoncer les abus dont ils ont pris connaissance. En deuxième lieu, le document étend la responsabilité non seulement aux abus sexuels sur les mineurs, mais également à ceux sur les adultes vulnérables et à l’abus d’autorité pour obtenir des actes sexuels. Il inclut, en outre, la protection contre toute mesure de rétorsion vis-à-vis de qui dénonce les faits.

Gardien de la maison commune et prophète de la fraternité universelle

Ses encycliques ont tracé la voie pour une Église du troisième millénaire. Avec Laudato Si’ (2015), Pape François n’a pas parlé qu’aux catholiques, mais au monde entier. Son appelle à la sauvegarde de la planète comme « maison commune » a résonné fort et clair, à une époque marquée par la crise climatique. Cela n’a pas été seulement un message spirituel, mais un cri d’alarme politique et social qui a poussé des millions de gens à réfléchir sur leur rôle dans la protection de l’environnement.

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Amoris Laetitia (La Joie de l’Amour) représente un des documents les plus significatifs et controversés du pontificat de François. Publiée le 8 avril 2016, cette exhortation apostolique a marqué un tournant dans la manière dont l’Église affronte les complexes réalités familiales du monde contemporain. Le document naît des réflexions ressorties lors de deux Synodes sur la famille (2014 et 2015), où des évêques du monde entier se sont confrontés sur les défis que les familles affrontent aujourd’hui. Au centre d’Amoris Laetitia nous trouvons une vision de la famille comme réalité dynamique et en évolution. Le Pape reconnaît que les situations familiales ne sont pas toujours idéales et que l’Église doit savoir accompagner les gens dans leurs parcours concrets de vie. Particulièrement innovante est l’approche à ce que l’on définit les « situations irrégulières », comme les couples divorcés et remariées, au sein desquelles peuvent être présents des éléments de grâce et d’amour authentique. Le Pape invite l’Église à voir au-delà des catégories de « régulier » et « irrégulier » afin de reconnaître le bien présent dans chaque situation familiale.

Avec l’encyclique Fratelli Tutti (2020), Pape François a offert une vision prophétique de la fraternité universelle dans un monde déchiré par les conflits et les divisions. Le document est signé à Assise, sur la tombe de Saint François, un lieu hautement symbolique, puisque l’encyclique s’inspire justement des enseignements du Saint d’Assise sur la fraternité universelle. Le monde est en train de traverser la pandémie de la COVID-19, une période qui a souligné comme jamais auparavant les interconnexions globales et, en même temps, les profondes inégalités sociales. Pape François a élaboré une grande partie du document pendant le confinement justement, en transformant ce moment d’isolement global en une opportunité pour réfléchir sur la signification profonde de la fraternité humaine. Le titre Fratelli Tutti reprend une expression de Saint François d’Assise, qui l’utilisait pour s’adresser à tous ses frères et sœurs, en proposant une forme de vie qui fait référence aux préceptes de l’Évangile. L’encyclique s’insère dans un moment historique particulier pour d’autres aspects également : les tensions internationales grandissantes, l’émergence de nationalismes, la crise des réfugiés et les inégalités économiques croissantes ont rendu ce message sur la fraternité universelle et sur l’amitié sociale particulièrement pertinent et urgent.

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Les célébrations pour le huitième centenaire de Saint François d’Assise
En 2026 le huitième centenaire de sa mort sera le point culminant de quatre ans de fêtes et célébrations.

François rêvait d’un monde sans murs, où on aurait tous pu vivre en tant que frères. Son cri de douleur pour les guerres, de la Syrie à l’Ukraine, de la Terre Sainte au Soudan, a toujours uni la dénonciation à l’espérance, la fermeté à la miséricorde. Il a également su révolutionner le dialogue interreligieux. La rencontre historique d’Abu Dhabi avec le Grand Imam de Al-Azhar et le voyage en Irak ont montré que le dialogue n’est pas une utopie, mais une nécessité pour notre époque.
Le Document sur la Fraternité Humaine pour la Paix Mondiale et Coexistence Commune, signé le 4 février 2019 par Pape François et le Grand Imam de Al-Azhar Ahmad Al-Tayyib, est une déclaration prophétique et révolutionnaire qui trace une vision d’espérance pour l’humanité. Il prophétise un monde fondé sur le dialogue, sur la paix et sur la justice, en invitant tous, croyants et non croyants, à collaborer afin de construire une société basée sur la dignité humaine, sur l’égalité et sur la fraternité universelle. Le document dénonce les divisions, les guerres et les injustices qui affligent le monde, en indiquant la fraternité comme le seule antidote contre la haine et l’extrémisme, et prophétise un futur où la culture du dialogue devient la voie pour prévenir les conflits, le respect réciproque remplace la discrimination et la collaboration entre les peuples devient la méthode pour affronter les défis globaux. En particulier, il condamne avec force toute forme de terrorisme et de violence perpétuée au nom de la religion, en affirmant que Dieu n’a pas besoin d’être défendu à travers le sang d’innocents. Voici ce que le document affirme : « Il n’y a pas d’alternative : ou bien nous construisons ensemble l’avenir, ou bien il n’y aura pas de futur. Les religions ne peuvent renoncer à la tâche urgente de construire des ponts entre les peuples et les cultures. Le temps est arrivé où les religions doivent se dépenser plus activement avec courage et audace, sans artifice, pour aider la famille humaine à mûrir la capacité de réconciliation, la vision d’espérance et les itinéraires concrets de paix ».

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Un Pape en voyage : François pèlerin de paix

Pour Pape François, les voyages n’ont pas été de simples visites diplomatiques, mais de véritables pèlerinages de paix dans des lieux blessés par l’histoire. Chaque visite a laissé un héritage tangible : en Irak, il a rallumé l’espérance des communautés chrétiennes persécutées, au Myanmar et en Bangladesh il a donné voix aux « sans voix », il a contribué à dissoudre des décennies d’hostilité entre Cuba et les États-Unis. Sa capacité à se rendre aux « périphéries » du monde, non seulement géographiques, mais existentielles aussi, a redéfini le rôle du pontificat au XXIe siècle.
Le voyage en Irak, en mars 2021, a représenté un moment historique sans précédents : pour la première fois, un Pape visitait la terre d’Abraham, berceau de civilisations anciennes et théâtre de conflits modernes. Dans un pays meurtri par guerres et violences sectaires, François a apporté un message de réconciliation et de fraternité. La rencontre avec le Grand Ayatollah Al-Sistani à Najaf et la prière interreligieuse dans les ruines d’Ur ont démontré comme le dialogue entre les fois différentes n’est pas uniquement possible, mais nécessaire pour construire la paix.

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La démonstration de son engagement d’évangélisation, mais aussi de réconciliation et soin des nombreuses blessures qui déchirent l’humanité.

En 2017, son voyage au Myanmar et au Bangladesh a placé l’attention mondiale sur la tragédie des Rohingya, une minorité musulmane persécutée. Au Myanmar, tout en maintenant une diplomatie subtile, François a défendu les droits des minorités. Au Bangladesh, la rencontre émouvante avec les réfugiés Rohingya a montré au monde le visage humain de cette crise, avec le Pape qui demandait pardon pour l’indifférence globale envers leur souffrance.
La visite à Cuba et aux États-Unis, en 2015, a souligné le rôle de l’Église en tant que constructrice de ponts entre des peuples divisés. François a joué un rôle clé dans le dégel des relations entre les deux pays, en facilitant le dialogue diplomatique en coulisse. À Cuba, il a rencontré Fidel Castro, tandis qu’aux États-Unis il est devenu le premier Pape à parler au Congrès américain, en affrontant des thèmes cruciaux comme l’immigration et le changement climatique.

Un pasteur proche des faibles

Le cœur de Pape François battait pour les pauvres et pour les migrants. En 2013, tout juste installé sur le trône pontifical, il a visité Lampedusa afin de dénoncer les tragédies des migrations forcées et a transformé l’Église en une voix inlassable contre les politiques de fermeture et d’indifférence. Son engagement pour les migrants restera comme un des traits distinctifs de son pontificat. Sa voix s’est levée inlassablement contre celle qu’il a défini comme « la globalisation de l’indifférence »
Pape François a créé le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral afin de coordonner l’action sociale de l’Église, en rendant le message évangélique de la charité tangible. Le Dicastère est un organisme de la Curie Romaine institué le 17 août 2016 avec la Lettre Apostolique Humanam Progressionem, dédié à promouvoir le développement humain intégral à la lumière de l’Évangile et de la doctrine sociale de l’Église. Il a officiellement démarré son activité le 1er janvier 2017, en incorporant les compétences de quatre Conseils Pontificaux préexistants : Justice et Paix, Cor Unum, Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, et Pastorale pour les Opérateurs Sanitaires.
Le Dicastère s’occupe de questions fondamentales comme la justice, la paix et les droits de l’homme ; la santé et la dignité de la personne ; la sauvegarde de la création en tant que « maison commune » ; les migrations, les urgences humanitaires et le soutien aux plus vulnérables, comme les détenus, les chômeurs, les victimes de conflits armés, de catastrophes naturelles ou de la traite d’êtres humains.

Le sacrement de la Première Confession : de quoi s’agit-il et comment se déroule-t-il

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Le procès de Jésus : de l’arrestation à la crucifixion

Le procès de Jésus : de l’arrestation à la crucifixion

Le procès de Jésus, tel qu’il est raconté dans les Évangiles du Nouveau Testament, est un des événements fondamentaux de la chrétienté

Le Procès de Jésus représente un des premiers, dramatiques actes de Sa Passion et ouvre tragiquement la dernière partie de la Semaine Sainte. La Semaine Sainte est une période de profonde réflexion et spiritualité pour les chrétiens du monde entier, probablement la plus importante de l’Année Liturgique. Elle commémore les événements culminants de la vie de Jésus-Christ avant Sa mort et résurrection. En particulier, pendant le Triduum pascal, le laps de temps entre le soir du Jeudi Saint, quand est célébrée la Cène, et le Dimanche de Pâques, se concentrent les rites les plus importants de la Semaine Sainte. Ce sont les jours de la Passion de Jésus, les derniers jours de Sa vie sur Terre, considérés comme le cœur de la chrétienté, car ils représentent le sacrifice suprême accompli de Sa part pour le pardon des péchés et le salut de l’humanité.

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La séquence des événements durant la Semaine Sainte commence avec le Jeudi Saint, qui célèbre la Cène de Jésus avec ses disciples. Pendant ce repas, Jésus institue l’Eucharistie et le Sacrement de l’Ordre, et prédit la trahison de Judas et sa trahison de la part des autres apôtres. C’est également l’occasion où Jésus accomplit l’humble geste de laver les pieds de Ses disciples, en leur apprenant l’importance du service et de l’humilité.

Suit le Vendredi Saint, le jour de la Passion et de la mort de Jésus sur la Croix. C’est le jour où Jésus est arrêté dans le Gethsémani, conduit devant différents tribunaux et condamné à mort par crucifixion. Jésus subit tortures physiques et humiliations avant d’être crucifié sur le Mont Calvaire, où il offre Sa vie en sacrifice pour l’humanité. Sa mort sur la Croix est considérée comme le point culminant de Sa mission terrestre, à travers laquelle s’accomplit le plan divin de Rédemption.

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C’est sur le procès de Jésus que nous souhaitons nous attarder, qui dans la Passion de Jésus, telle qu’elle est racontée dans les quatre évangiles canoniques, apparait toujours, bien qu’avec quelques variations.
Nous devons toujours prendre en considération le fait que les comptes-rendus des Évangélistes offrent des perspectives différentes surtout en ce qui concerne les événements qui se sont déroulés dans les derniers jours de la vie terrestre de Jésus. Il s’agit des seules sources historiques à notre disposition afin de reconstruire ces faits, mais il faut filtrer les informations, afin de comprendre lesquelles sont historiquement fiables et lesquelles sont à lire en tant qu’interprétations théologiques successives. Les premiers chrétiens, dans la formulation de leurs textes sacrés, pourraient en effet avec eu intérêt à atténuer les responsabilités des figures romaines comme Pilate dans la condamnation de Christ, puisque l’Empereur Romain détenait le pouvoir politique prédominant à l’époque. En même temps, il y avait tendance à emphatiser les responsabilités des juifs dans l’arrestation et dans la condamnation, en reflétant les tensions entre les premières communautés chrétiennes et celles juives.

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Ces tensions ont amené à l’antisémitisme et aux persécutions des juifs, considérés pendant des siècles comme les responsables de la mort de Jésus et, pour cela, cible de discriminations et violence.

Seulement avec le Concile Vatican IIS, l’innocence du peuple juif dans la condamnation de Jésus, voulue par Dieu en tant que pièce essentielle dans son plan de Rédemption, a été reconnue.

Cène et arrestation de Jésus

Voilà le résumé des événements qui amenèrent au procès le plus déterminant dans l’histoire de l’humanité.

Le soir du Jeudi Saint, Jésus consomma Son dernier repas en compagnie de ses amis les plus intimes, les Apôtres. Après celle qui serait passée à l’histoire comme la Cène, il fut arrêté lorsqu’il priait dans le jardin de Gethsémani, juste en dehors de Jérusalem. Celui qui conduisit les soldats jusqu’à lui fut Judas Iscariote, un des Douze Apôtres, qui s’était mis d’accord avec les grands prêtres du Sanhédrin.

Ce fut sous leurs yeux que Jésus fut emmené afin d’être interrogé. Selon Matthieu, Marc et Luc (Matthieu 26,57-68 ; Marc 14,53-65 ; Luc 22,63-65), Jésus fut immédiatement amené devant le grand prêtre Caïphe, tandis que, selon Jean (Jean 18,12-13 et 18, 19-23), ils l’amenèrent chez Anne, dont Caïphe était le beau-père, et seulement ensuite dans la maison du grand prêtre, qui l’attendait déjà entouré des scribes et des anciens du Sanhédrin. Ici, grâce à de faux témoins, ils l’accusèrent de blasphème pour s’être comparé à Dieu et invoquèrent sur lui la peine de mort.

Mais quelle est la signification de Sanhédrin ?

Devant Caïphe et le Sanhédrin

Le Sanhédrin, au temps de Jésus, était l’organisme judiciaire suprême de l’ancienne Jérusalem juive. Il était composé de membres de la classe sacerdotale, des anciens et des scribes, représentants des différentes factions religieuses juives. Le Sanhédrin avait des compétences religieuses et civiles à la fois et avait le rôle de conseil législatif et de tribunal suprême. Les fonctions du Sanhédrin comprenait l’interprétation de la loi juive (la Torah), la supervision du culte dans le Temple de Jérusalem et la juridiction sur les cas légaux, y inclus les cas pénaux. Le Sanhédrin avait le pouvoir de prononcer des sentences, même de mort, dans les cas judiciaires les plus graves.

Dans le contexte du procès de Jésus, le Sanhédrin joua un rôle significatif. Les scribes et les chefs religieux qui composaient le Sanhédrin furent parmi ceux qui jugèrent Jésus et le condamnèrent pour blasphème. Ils interprétèrent les déclarations de Jésus, où il faisait référence à Soi-même en termes divins ou messianiques, comme une forme de blasphème contre Dieu, selon leur interprétation de la loi juive. Par conséquent, ils le considérèrent comme coupable de ces crimes religieux et décidèrent de porter le cas devant les autorités romaines afin d’obtenir une condamnation à mort.

Ponce Pilate et Jésus

Puisque ni Caïphe ni le Sanhédrin n’avaient la faculté de condamner à mort un homme, après son premier procès, Jésus subit différentes maltraitances, pour ensuite être conduit en chaînes devant Ponce Pilate, préfet romain en Judée (Matthieu 27,1-2 ; Marc 15,1 ; Luc 23,1). Une fois accompagné le prisonnier dans le Prétoire, la résidence officielle du gouverneur romain à Jérusalem, les membres du Sanhédrin l’accusèrent de différents crimes, parmi lesquelles sédition, auto-proclamation à roi et Messie, mais aussi incitation à ne pas payer de tributs à Rome. Cela parque que la simple accusation de blasphème n’aurait pas été suffisante pour Pilate pour prétendre la condamnation à mort d’un homme.

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L’interrogatoire de Jésus de la part de Pilate (Matthieu 27,1-2 et Marc 15,1) et la conséquente condamnation à mort par Crucifixion représentent un des événements centraux de la narration de la Passion selon la tradition chrétienne. Selon les comptes-rendus évangéliques, Pilate, après avoir interrogé Jésus, aurait trouvé les accusations à son égard pas suffisamment graves pour en justifier la condamnation à mort. Selon Luc et Jean (Luc 23,2-5 et Jean 18,28-38), Pilate jugea Jésus innocent. Toutefois, cette clémence attribuée à Pilate peut sembler en contraste avec sa réputation historique de fermeté et sévérité dans l’application des lois romaines. Certains experts suggèrent que cette représentation mitigée de Pilate pourrait avoir été influencée par l’intérêt des communautés chrétiennes primitives à éloigner l’autorité romaine de la responsabilité concernant la mort de Jésus. Selon la narration évangélique de Luc (Luc 23,6-12), Pilate aurait tenté d’éviter la responsabilité de la condamnation de Jésus en l’envoyant au tétrarque Hérode Antipas, mais lui non plus n’aurait pas trouvé des motifs valables pour le condamner et l’aurait renvoyé à Pilate. Toutefois, il est plus vraisemblable que Pilate ait condamné Jésus à mort immédiatement, en le considérant comme un dangereux agitateur politique, sans passer par un procès si long et complexe comme il est décrit dans les Évangiles.

Crucifixion

Et on arrive ainsi au dernier, terrible acte de cette tragédie annoncée. Les derniers phases du procès diffèrent de peu dans les quatre Évangiles. Selon Matthieu, Claudia, la femme de Pilate, tenta de venir en aide à son mari, afin qu’il ne condamne pas un innocent, mais le préfet, accablé par la rage de la foule, qui invoquait la crucifixion, tenta d’abord de les amadouer en libérant le voleur Barabbas, comme il était l’usage à l’occasion de la Pâque juive, et en faisant fouetter Jésus, mais finit par capituler, en s’en lavant les mains et en déclarant ne pas vouloir avoir plus rien à faire avec cette vicissitude (Matthieu 27,15-26).

Dans Marc aussi, on trouve la libération de Barabbas, la flagellation et, enfin, la capitulation de Pilate (Marc 15,6-15). Dans Luc et Jean, Pilate insiste, en déclarant Jésus innocent, en libérant Barabbas et en tentant de commuter la peine de mort en flagellation (Luc 23,13-25 et Jean 18,39-19,1). Après la flagellation, Matthieu, Marc et Luc décrivent les maltraitances subies par Jésus dans le Prétoire de la part de la cour romaine et le couronnement avec la couronne d’épines.

couronne d'épines

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Le Chemin de Croix est le parcours symbolique qui commémore les événements de la Passion de Christ, y compris la flagellation, la condamnation et la crucifixion. Ce récit, célébré dans le monde entier pendant le Vendredi Saint, offre une vision profonde du sacrifice de Jésus et de Sa souffrance pour l’humanité.

Sur le chemin vers le Calvaire, Jésus fut soumis à de cruelles tortures par les soldats romains, tortures qui font partie intégrante du récit de la Passion. Simon de Cyrène fut obligé par les soldats romains à aider Jésus à porter l’axe transversale de la croix, puisqu’Il était trop affaibli pour continuer à la porter seul.

Une fois arrivés sur le Golgotha, le lieu de l’exécution, Jésus fut cloué sur la croix.
L’Évangile de Jean (Jean 19,28-30) nous offre le témoignage le plus touchant des derniers moments de vie de Jésus sur la croix, de quand il est désaltéré par les soldats avec du vinaigre (ou peut-être du vin acide), à ses derniers mots : « Tout est accompli ».

Avec la mort de Christ sur la croix, la volonté de Dieu est accomplie et le chemin de Rédemption et d’espérance pour toute l’humanité commence.